Toulon : rencontre sur la laïcité


article de la rubrique laïcité
date de publication : dimanche 13 décembre 2015
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La Ligue des droits de l’Homme de la région Paca organisait, à Toulon, samedi 12 décembre 2015, une “formation” sur le thème de la laïcité. Deux intervenants étaient invités : la sociologue Francoise Lorcerie (CNRS) et Daniel Boitier (membre des instances nationales de la LDH).


(Photo : Laurence Artaud)

A Toulon, la LDH arme d’arguments les défenseurs de la laïcité

La Marseillaise, le 13 décembre 2015


La Ligue des droits de l’Homme de Paca organisait samedi 12 décembre, une formation sur le thème de la laïcité à Toulon. Deux intervenants étaient invités : Francoise Lorcerie (CNRS) et Daniel Boitier (LDH).

Le délégué de la Ligue des droits de l’Homme en Paca est le premier à le relever : le thème de cette formation proposée par la LDH tombe « hélas » fort à propos. Julien Carboni (Comité de Toulon) précise que cette rencontre était programmée « depuis quelque temps », elle vient en effet clôturer le cycle de « trois ou quatre » journées d’échanges proposées chaque année par la ligue au niveau régional. Après « l’économie et les droits sociaux en Méditerranée » à Saint-Maximin, puis le rendez-vous consacré aux violences policières, en avril à Marseille, c’est sur la laïcité que l’attention s’est portée samedi 12 décembre à Toulon.

Si elles visent en premier lieu à fournir des arguments à ses militants - les 27 sections de la région comptent 700 adhérents, et la matinée leur était réservée -, les formations de la LDH sont ouvertes au public, essentiellement composée généralement, de personnes impliquées dans la vie associative et l’éducation populaire. C’était le cas ce samedi après-midi, dans la salle du Foyer de la jeunesse où se tenait la table ronde. L’objectif étant « de donner des arguments pour mener le débat public » : « La vie de militant doit se nourrir au quotidien. » Et en même temps de susciter la réflexion : « Il n’est pas rare que nous ne soyons pas d’accord sur ce sujet complexe et en perpétuelle construction, même si on s’appuie sur les textes de 1905 », précise le délégué régional.

Un principe universel

Daniel Boitier, qui appartient au groupe de travail de la LDH dédié à la laïcité (au niveau national) avait donc fait le déplacement pour replacer le principe dans son contexte historique en décryptant la loi de 1905. Des textes qui lui permettront notamment de répondre à des interrogations de participants telle celle à propos de « la liberté de conscience ». Même s’il considère aussi qu’« on a sacrément besoin de la Convention européenne des droits de l’Homme ».
Françoise Lorcerie, directrice de recherche en sciences politiques au CNRS, « qui fait aussi un travail de sociologue », était également invitée afin de « faire le lien avec l’actualité » en abordant par le biais d’« un débat honnête et fourni », « un sujet instrumentalisé » de toutes parts, selon Julien Carboni. « D’un sujet politique, éventuellement philosophique, on en fait un principe culturel », regrette-t-il. Un glissement qui met selon lui à mal « l’universalité » indissociable de la notion de laïcité : « Les militants laïques sont présents partout dans le monde. »

« La laïcité protège »

La directrice de recherche a donc pu éclairer les militants sur les sujets sur lesquels elle s’est particulièrement penchée : les questions de discrimination et la politique d’éducation. Elle a par exemple été sollicitée à propos « du voile porté par les mères accompagnatrices ». Or, pour Francoise Lorcerie, la problèmatique est tranchée : « Les limites de la liberté restent valables, tant que la personne ne fait pas de prosélytisme ». Elle ajoutera qu’il s’agit toutefois « de faire valoir le droit d’une façon telle que ce soit compris ».
Autre question soulevée, celle « du blasphème qui nous a pété à la figure au moment des attentats à Charlie Hebdo ». Françoise Lorcerie « ne pense pas que ce soit le blasphème qui était en réalité dénoncé » : « Je vois plutôt un sentiment d’exaspération, car on se permet, dans l’espace public, d’insulter l’islam en tant que religion et qu’il est difficile d’être d’une religion minoritaire. » Elle remarque surtout que « les musulmans réclament la laïcité parce qu’ils savent que ça protège », avant de faire observer : « Le 13 novembre, les gens avaient compris que quand il y a une décharge émotionnelle, il faut parler, expliquer. Ce qui a été fait avant la minute de silence. Et elle a été respectée. »

Laurence Artaud

P.-S.

Le résumé par Daniel Boitier de son exposé : deux moments de l’histoire de la laïcité en France.


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