révisionnisme colonial : Toulon donne l’exemple


article de la rubrique Toulon, le Var > d’une rive à l’autre
date de publication : mercredi 13 avril 2005
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Toulon n’a pas attendu la loi du 23 février 2005 pour reconnaître "le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord" [1].


Comme vous pourrez le constater ci-dessous, cela fait des années que Toulon exprime "sa reconnaissance" à des hommes "qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie" [2].

Depuis 4 ans, Toulon rend hommage au général Salan

Le 4 mars 2001, la municipalité FN inaugurait un carrefour "général Raoul Salan". Et Hubert Falco, après son élection à la mairie de Toulon en mars 2001, n’a pas jugé bon de revenir sur cet hommage.

Effectivement le 6ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais, qui a pris une part importante à la bataille pour la libération de Toulon en août 1944, était sous les ordres du colonel Raoul Salan.

Mais c’est le général Raoul Salan qui est honoré à Toulon, celui du putsch avorté des généraux à Alger en avril 1961, l’ancien chef de l’OAS condamné à la détention perpétuelle par le Haut Tribunal militaire en mai 1962.

Certes, il y a eu les lois d’amnistie, et Raoul Salan a été réhabilité par François Mitterrand en novembre 2002 [3], après avoir retrouvé la liberté en juin 1968. Mais aucune autre ville n’avait imaginé rendre hommage à un ancien général putschiste [4].

Depuis 25 ans, Toulon honore Roger Degueldre

Qui était Roger Degueldre ? Le créateur des sinistres commandos Delta de l’OAS. On leur doit notamment l’assassinat à Alger le 15 mars 1962 de Mouloud Feraoun et de ses cinq compagnons, tous inspecteurs des centres sociaux.

Condamné à mort par la cour militaire de justice, Roger Degueldre a été fusillé le 6 juillet 1962.

Toulon peut se targuer d’être la première ville de France à avoir rendu hommage à Roger Degueldre : le 14 juin 1980, un monument "aux Martyrs de l’Algérie française" y était inauguré ; à vrai dire le monument avait été partiellement détruit quelques jours avant son inauguration. Un bas-relief y représentait un parachutiste gisant, à l’effigie de Roger Degueldre, les épaulettes arrachées.

Depuis quelques années, l’exemple toulonnais est suivi et on commence à voir se multiplier les monuments d’hommages aux Martyrs de l’Algérie française : Nice, Théoule, Perpignan, et bientôt Marignane - le 6 juillet prochain, pour l’anniversaire de la mort de Roger Degueldre.

Alors que s’est déroulée à Alger, le 15 mars 2005, une cérémonie franco-algérienne d’hommage à Mouloud Feraoun et à ses 5 compagnons, Toulon a commémoré le 26 mars 2005 le massacre de la rue d’Isly. On a pu voir réunies dans un unanimisme suspect les gerbes offertes par le maire de Toulon, ancien ministre de Jacques Chirac, et par une association de défense des anciens de l’OAS.

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Toulon, fin mars 2005 (D.R.)

Notes

[1Article 4 de la loi du 23 février 2005.

[2Article 1 de la loi du 23 février 2005.

[3L’adoption de la loi de réhabilitation a nécessité le recours à l’article 49-3, pour venir à bout de la rébellion d’une partie des députés socialistes menés par Pierre Joxe.

[4À l’exception de Wissous, dans l’Essonne, dont le maire souhaiterait suivre l’exemple toulonnais.


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