Hubert Falco : « l’État est là, par l’intermédiaire du préfet, pour veiller à ce que la République s’impose »


article de la rubrique Toulon, le Var > d’une rive à l’autre
date de publication : vendredi 12 novembre 2010
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L’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO) et l’association Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, par le biais d’une lettre ouverte adressée au préfet du Var et reprise ci-dessous, s’émeuvent notamment « de l’éclairage de nuit, par les trois couleurs de notre drapeau national, d’un monument érigé [à Toulon], sur la voie publique (porte d’Italie), à la gloire des “Martyrs de l’Algérie française”  ».

Une situation particulièrement contestable, dénoncée par la section de Toulon de la LDH, et qui ne contribue pas à l’objectif de « réconciliation des mémoires » affiché par Hubert Falco, secrétaire d’État aux Anciens combattants et maire de Toulon.


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Le monument aux martyrs de l’Algérie française et son éclairage nocturne (Toulon, le 22 juillet 2010)

Lettre ouverte au préfet du Var

Paris, le 11 novembre 2010


Monsieur le préfet,

Ce jeudi, sur l’antenne de RMC, entre 7 h 26 et 7 h 47, M. Jean-Jacques Bourdin a interviewé le secrétaire d’État à la défense et aux anciens combattants.

Le journaliste, en conclusion de l’entretien, a posé la question suivante à M. Hubert Falco : « Dans un cimetière de Marignane, il y a une stèle en hommage aux combattants tombés pour que vive l’Algérie française. Est-ce acceptable que l’on rende hommage à ceux qui ont combattu le pouvoir dans les rangs de l’OAS ? »

La réponse, embarrassée, du maire de Toulon a été en substance la suivante : « Dans tout conflit, dans toute guerre, il y a des excès et des passions. Nous, on est là pour réconcilier les mémoires. Il est temps de réconcilier les mémoires. Je ne connais pas ce monument. Si la stèle est contraire à l’esprit républicain et à l’idée que nous nous faisons de la France, elle n’a pas à être là. Il y a un pouvoir local à Marignane : il y a un maire, il y a un conseil municipal qui gère le cimetière, et c’est au pouvoir local à prendre les décisions qui s’imposent. L’État est là, par l’intermédiaire du préfet, pour veiller à ce que la République s’impose, dans les cimetières comme ailleurs. » [1]

Prenant acte de ce propos, nous en appelons à votre autorité, au nom des familles de victimes de l’OAS, pour que « la République s’impose » en particulier à Toulon, où « le pouvoir local » à son plus haut niveau a pu décider de l’éclairage de nuit, par les trois couleurs de notre drapeau national, d’un monument érigé, sur la voie publique (porte d’Italie), à la gloire des “Martyrs de l’Algérie française” : les martyrs qu’il s’agit d’honorer là sont, en réalité, d’anciens déserteurs, putschistes, responsables de milliers de crimes et attentats commis en 1961 et 1962, en Algérie et en France, ayant fait 2.700 victimes militaires et civiles, parmi lesquelles des élus, des magistrats, des fonctionnaires, des enseignants, des représentants des forces de l’ordre, reconnus pour certains “Morts pour la France”.

Les principes républicains sont également bafoués lorsque le maire du chef-lieu du département dans lequel vous représentez l’État fleurit ledit monument dans le cadre de la célébration, par les anciens activistes de l’OAS, de l’anniversaire de manifestations insurrectionnelles (telles que celle du 26 mars 1962 à Alger).

Nous vous remercions de votre attention et, par avance, des dispositions que vous voudrez bien prendre pour que le maire de Toulon, conformément aux préconisations qu’il formule au nom du Gouvernement, apporte sa contribution à la réconciliation locale des mémoires ainsi qu’à l’exemplarité républicaine, soit en retirant le monument en question de l’espace public, soit en modifiant le message révisionniste dont il est porteur.

Soyez assuré, Monsieur le préfet, de notre parfaite et respectueuse considération.

- Jean-François Gavoury, président de l’ANPROMEVO
- Jean-Philippe Ould Aoudia, président de l’association Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons [2]

Notes

[1La question de Jean-Jacques Bourdin et la réponse d’Hubert Falco ont été enregistrées. Vous pouvez en prendre connaissance en écoutant le dernier quart de cet enregistrement audio : http://podcast.rmc.fr/channel30/20101111_bourdin_2.mp3

[2ANPROMEVO : Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS
106, rue de Lourmel – 75015 Paris
Contact : 06 14 79 95 02 – anpromevo@noos.fr

Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons
Siège social : UNSA-Éducation – 87 bis rue Georges Gosnat – 94853 Ivry-sur-Seine


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