le 15 août 2004 à Toulon


article de la rubrique Toulon, le Var > d’une rive à l’autre
date de publication : lundi 16 août 2004
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Commémoration du 60-ème anniversaire du débarquement de Provence.


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Adnani El Hadj Moha, un vétéran marocain du débarquement de Provence, avec sa Légion d’honneur.
© AFP Pascal Guyot

« Aux anciens combattants présents aujourd’hui, j’exprime, au nom de la France, au nom de chaque Française et de chaque Français, le témoignage de notre gratitude infinie. Beaucoup de vos frères d’armes sont tombés au champ d’honneur, ici même, en Provence, et sur tant d’autres théâtres. Leur souvenir ne vous a jamais quittés et je sais qu’il vous accompagne aujourd’hui. Ils ont droit à notre respect et surtout à notre reconnaissance éternelle. En cet instant, nous nous recueillons dans la mémoire de chacun d’entre eux avec une profonde émotion et un immense respect. »

« Cette lutte que nous avons menée ensemble pour la liberté exprimait une vision de l’homme et du monde qui nous est commune. Une vision bâtie sur des valeurs et des principes universels, au nom desquels nous avons combattu côte à côte. Une vision respectueuse aussi de nos différences, de l’infinie diversité des hommes, des cultures, des religions, des civilisations. Une vision qui reconnaît à chacune et à chacun un droit égal à la dignité. » [1]

Mais, comme l’a dit Samba Diallo, vétéran malien de 84 ans, « les médailles, ça ne se mange pas ».

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L’Algérie

Les “retrouvailles” de Toulon doivent être « l’occasion de mettre un terme aux discriminations et autres formes de ségrégation, à l’encontre des ressortissants Algériens en France qui n’arrivent pas à être considérés comme des citoyens à part entière. De la xénophobie aux actes antisémites, ils sont réduits à des individus peu fréquentables à qui on ne fait appel que dans les moments difficiles. » [2]

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Dimanche 15 août 2004, à 21 heures, 5 266 Français avaient répondu de la façon suivante à la question posée le vendredi 13 août sur le Forum du Monde :

La présence du président algérien Abdelaziz Bouteflika pour le 60-ème anniversaire du débarquement en Provence vous paraît-elle...

- ... normale, afin d’honorer la mémoire des soldats algériens de la seconde Guerre mondiale ? 53,4 % de réponses affirmatives,

- ... ou gênante, compte tenu de son attitude vis-à-vis des harkis ? 37,8 % de réponses affirmatives,

- sans opinion : 8,8 % .

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Une question : le résultat serait-il le même à Toulon ?
Peut-être ... à condition que les Toulonnais ne se laissent intoxiquer par leurs députés.

Un scoop à propos de Geneviève Lévy et Philippe Vitel : les deux députés toulonnais ont passé l’après-midi sur le même bateau que le président algérien Abdelaziz Bouteflika !

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Les opposants à la venue du président algérien (photo A.Dupeyroux)

Bernard Antony, président de l’AGRIF (alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne) [3] s’était " indigné de l’insulte faite à l’armée d’Afrique et à ses morts". Il avait appelé à une manifestation de protestation. Cela s’est traduit par une "veillée avec prises de paroles et prières" [4] au pied de la chapelle Notre-Dame du Cap Falcon (au Cap-Brun), lieu symbolique pour la communauté pied-noire.

Samedi soir, des représentants du Cercle national des rapatriés, de l’organisation Chrétienté-solidarité et de l’AGRIF - Bernard Antony, Bruno Gollnisch, Marie-France Stirbois ... - se sont donc retrouvés pour protester contre « l’invitation intolérable » du président algérien aux cérémonies de commémoration du Débarquement en Provence.

Pour Bernard Antony, « bâtir des relations nouvelles avec l’Algérie exige la réciprocité [ ? ] de la mémoire ». Les orateurs ont déclaré vouloir « que soit enseignée l’histoire vraie, celle de la colonisation positive de l’Algérie par la France » [5] , et refuser « la tentative de récupération politicienne » par certains députés.

À suivre ...

Notes

[1Extraits du discours de Jacques Chirac, Président de la République, à Toulon, le 15 août 2004.

[2Arezki Louni, dans
l’éditorial du 16 août du journal algérien d’expression française L’Expression.

[3L’AGRIF manque également de cohérence : elle demande à la fois l’abrogation de la loi Veil - au nom du respect de la vie - et le rétablissement de la peine de mort.

[4La source de nos informations est un article de l’édition du 15 août du journal Var-Matin.

[5N’oublions pas la proposition de loi visant à la reconnaissance de l’œuvre positive de l’ensemble de nos concitoyens qui ont vécu en Algérie pendant la période de la présence française signée par tous les députés du Var à l’exception de Geneviève Lévy et de Jean-Sébastien Vialatte


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