la libération de Toulon en août 1944


article de la rubrique Toulon, le Var > histoire
date de publication : jeudi 10 juin 2004
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Le 15 août 1944 : le débarquement de Provence

La libération du Var se déroule en deux temps. Du 15 au 21 août, l’essentiel du département passe sous le contrôle des troupes américaines et de la Résistance locale. Entre le 20 et le 28 août, c’est la bataille pour Toulon menée par les unités, à majorité coloniales, de l’"Armée B" du général de Lattre de Tassigny (la future 1ère Armée). Leur action qui se heurte à une défense souvent acharnée est facilitée ici et là par l’action des FFI.

La libération de Toulon fut rapide et violente. Pour exploiter l’effet de surprise du débarquement, l’attaque est lancée dès le 18 août. Toulon est d’abord isolé au nord et à l’ouest par un vaste mouvement d’encerclement ; ce sont des FFI qui guident les soldats dans leur contournement de Toulon et leur pénétration par les faubourgs. Le 21 août, l’investissement de Toulon est réalisé. A l’intérieur de la ville, FFI et FTP font le coup de feu et tiennent le centre ville deux jours durant (22-23 août), épaulés par quelques éléments des bataillons de choc. Le 26 août au soir, la ville de Toulon est totalement libérée. Le 27 août, l’amiral allemand commandant la base se rend au général Magnan, commandant de la 9e Division d’infanterie coloniale.

Le 27 août, les vainqueurs défilent devant le général de Lattre de Tassigny, sur le boulevard de Strasbourg. Les FFI défilent comme les autres, la Croix-Rouge et les secouristes aussi. Les Toulonnais acclament leurs libérateurs, les maquisards, les tirailleurs sénégalais du colonel Salan, les FFL de Diego Brosset, les Algériens du colonel de Linarès et les spahis en automitrailleuses du général de Monsabert [1].

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Des éléments de la 3ème DIA en marche vers Cogolin.

La libération de Toulon avait été menée par les unités, en majorité coloniales, de l’"Armée B" du général de Lattre de Tassigny, appuyées par l’action des résistants.

" Les débarquements de Provence et de Normandie, puis la campagne de France de la 1ère Armée, sont menés à 50 % par des troupes africaines (125 000 hommes sur un effectif total de 250 000). Les seuls tirailleurs nord-africains déplorent 14 000 tués et 42 000 blessés en 1944-45. Au total, entre 1939 et 1945, 200 000 tirailleurs d’Afrique noire et de Madagascar et 320 000 tirailleurs maghrébins se sont battus pour défendre la France, chiffres auxquels il faut ajouter les effectifs restés sur place. Au total, les pertes des colonisés mobilisés sont aujourd’hui estimées, selon les sources, entre 80 000 et 120 000 morts. "
 [2]

Hamlaoui Mekachera, secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants, devait déclarer à l’occasion des cérémonies du soixantième anniversaire que sur les 450.000 soldats débarqués en Provence à partir du 15 août 1944, il y en avait 259.000 sous le drapeau français, dont 100.000 Maghrébins, "la plupart étaient des Algériens", notamment au sein de la 3e division d’infanterie algérienne.

Le bilan humain de la bataille de Toulon est lourd. Il n’est pas possible de chiffrer les pertes de façon précise, mais on peut donner quelques évaluations : du côté de la Résistance, on compte près de 300 tués ou blessés ; selon le général de Lattre, les pertes de l’armée française se sont élevées à 2 700 tués ou blessés ; 8 000 Allemands ont été tués et 17 000 faits prisonniers. [3]

Les pertes du 6ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais sont connues pour la période du 18 au 25 août 1944 ; ce régiment qui a pris une part significative à la libération de Toulon devait subir les pertes suivantes, d’après le compte-rendu de son commandant, le colonel Raoul Salan :

E U R O P É E N S :

Tués Blessés Disparus Totaux
Officiers
6
15
0
21
Sous-officiers
18
39
1
58
Troupe
11
33
1
45
Totaux
35
87
2
124

"I N D I G È N E S" :

TuésBlessésDisparusTotaux
Officiers
0
0
0
0
Sous-officiers
4
19
1
24
Troupe
68
355
16
439
Totaux
72
374
17
463
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Le 27 août 1944 : Toulon est libéré

P.-S.

Régiments autorisés à porter l’inscription " Toulon 1944 " [4]
 :

1er régiment de choc - héritier du bataillon de choc et du groupe de commandos d’Afrique
3ème Régiment de tirailleurs algériens
5ème Régiment de chasseurs d’Afrique
7ème Régiment de chasseurs d’Afrique
4ème Régiment de tirailleurs sénégalais
6ème Régiment de tirailleurs sénégalais - commandé par le colonel Raoul Salan
Régiment d’infanterie coloniale du Maroc
Régiment d’artillerie coloniale du Maroc
Régiment d’artillerie coloniale du Levant
2ème Régiment d’infanterie coloniale

Notes

[1Pierre Miquel, l’Express du 25 mai 2004.

[2L’histoire méconnue des tirailleurs africains,
Eric Deroo, 1998.

[3Histoire de Toulon, éd. Privat.

[4Arrêté du 20 décembre 1948, d’après Paul Gaujac, La bataille et la libération de Toulon, éd. Fayard.


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