soixantième cercle de silence à Toulon


article de la rubrique démocratie > les cercles de silence
date de publication : vendredi 2 mai 2014
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Le 60e cercle de silence organisé par la section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme s’est déroulé sur la place de la Liberté le 26 avril 2014. Comme chaque mois nous avons dénoncé les traitements inhumains des migrants, et exprimé notre volonté de voir la France redevenir un pays d’accueil, sans cesse enrichi et transformé par des êtres humains venus du monde entier.

Ci-dessous l’appel à participer à ce cercle de silence, publié dans La Marseillaise le 25 avril 2014.


Pour ne pas rester muet face aux
droits bafoués des étrangers

Le Collectif du Cercle de silence de Toulon invite la population à se mobiliser une fois de plus demain de 11h30 à 12h30 sur la place de la Liberté, pour défendre les droits des étrangers et réclamer le retrait de la circulaire du ministère de l’Intérieur datée du 11 mars 2014 [1]. « Un texte relatif aux priorités pour l’année 2014 dans la "lutte contre l’immigration irrégulière" qui met à jour le double discours de Manuel Valls qui, devant la presse, se targue de rompre avec la "politique du chiffre" pour mieux se féliciter, dans ce texte, de ce que "le niveau total des éloignements forcés atteint son plus haut niveau depuis 2006" et élaborer un plan destiné, à tous les échelons, à accélérer les reconduites », dénoncent les associations et syndicats signataires d’un communiqué commun.

Ils dénoncent « l’encouragement donné aux préfets à user de tous les moyens de coercition avec le concours de la police : contrôles d’identité ciblés, interpellations des personnes à leur domicile ou dans les foyers où elles sont hébergées, enfermements en rétention, assignations à résidence avec obligation de pointage, retours "volontaires" fortement incités, placements en garde à vue, condamnations pénales des récalcitrants ». Plus grave encore, puisque en totale contradiction avec l’éthique et les missions des acteurs sur le terrain, les associations et les travailleurs sociaux seraient eux aussi fortement incités à participer à la localisation et au contrôle des personnes alors que leur rôle est tout au contraire d’accompagner et de porter assistance à ses populations
fragilisées.

« Les demandeurs d’asile sont particulièrement ciblés. Aussitôt leur demande rejetée, les préfets devront les expulser au plus vite, au détriment de leurs droits à un recours effectif et sans considération pour leur situation personnelle et leurs attaches en France », s’insurgent ensuite les militants associatifs et syndicaux défendant les droits des étrangers. Une circulaire qu’ils jugent attentatoire aux droits les plus fondamentaux des migrants. « Ce signal est extrêmement inquiétant à quelques semaines de la discussion sur le projet de loi portant sur la réforme de l’asile en France...  »

Un combat pour le droit et la dignité qui appelle à la mobilisation. Demain elle sera silencieuse.

Thierry Turpin
La Marseillaise, 25 avril 2014


Notes

[1La circulaire : article 5805.


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