Toulon, le 30 mars 2009 : l’extrême droite n’a pu perturber le cercle de silence


article de la rubrique démocratie > les cercles de silence
date de publication : vendredi 3 avril 2009
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Le cercle de silence du 30 mars 2009 a pu se dérouler normalement à Toulon sur la Place de la Liberté. Comme chaque mois depuis octobre dernier, une centaine de personnes sont venues y participer, répondant à l’appel initié par la section toulonnaise de la LDH et soutenu par Resf83, le CCFD, l’ADAJETI, la FCPE 83, et les syndicats SUD Education et CGT Educ’action.
Le comportement exemplaire de la police a empêché un groupe d’une trentaine de militants d’extrême droite de perturber notre rassemblement. Le JT de France3-Toulon donne un aperçu de son déroulement.

Dès le lendemain, l’intersyndicale varoise a dénoncé l’action de l’extrême droite et affirmé son soutien aux manifestant(e) du cercle de silence.

Nos prochains cercles du silence se formeront Place de la Liberté, de midi à 13h, les : jeudi 30 avril, samedi 30 mai et mardi 30 juin.

[Mise en ligne le 31 mars, mise à jour le 3 avril 2009]

Communiqué de presse des unions départementales
CGT - CFDT - FSU - Solidaires - UNSA

Une fois de plus, le cercle du silence, réuni place de la Liberté à Toulon, le 30 mars 2009, a été brisé par un groupuscule d’extrême-droite.

Ces évènements ont été relatés par la presse locale (Var Matin et La Marseillaise du 31 mars 2009).

Les Unions Départementales varoises : CGT, CFDT, FSU, Solidaires, UNSA ,
réunies le 31 mars 2009 :

  • dénoncent l’action de ce groupuscule d’extrême-droite,
  • soutiennent les manifestant(e)s pacifiques qui organisent les cercles du silence, exprimant pacifiquement leur préoccupation concernant la politique du gouvernement en matière d’immigration, et notamment à la LDH, RESF 83, CCFD, ADAJETI.
  • alertent les représentants des pouvoirs et notamment le Préfet du Var sur cette atteinte à l’expression démocratique,
  • demandent qu’à l’avenir, toutes les dispositions qui s’imposent soient prises pour empêcher les provocations de ces fauteurs de trouble, dans le respect de l’ordre républicain.

Un silence qui fait beaucoup de bruit, place de la Liberté

par Gisèle Kozon, Var Matin, le 31 mars 2009


Les sans-papiers au coeur d’une confrontation, hier, entre un groupe d’extrême droite et les opposants à la politique actuelle d’immigration.

Aurait-on pu échapper au thème de la crise à l’occasion d’une manifestation sur les sans-papiers ? Peut-être bien que oui, mais hier, le cercle du silence proposé, comme chaque mois depuis octobre 2008, par la LDH a bien failli déraper, place de la Liberté. La crise a bon dos, tout comme le chômage, arguments d’exclusion tout trouvés, pour un groupe d’extrême droite... venu rompre le silence !

En effet, alors qu’une bonne centaine de personnes avait pris place sous forme de cercle, pour protester contre le sort réservé aux migrants en situation irrégulière, notamment dans les centres de rétention, un groupe d’une trentaine de personnes s’est rassemblé pour une contre-manifestation, à grand renfort de slogans, et sirène d’alerte.

« Clandestins, délinquants, étrangers : pas de kärcher, des charters » : le message est clair...

Une réelle tension

Autant dire que le silence a été rompu. Mais, stoïques, les participants au cercle n’ont pas bougé d’un pouce !

Une dizaine de policiers s’est même invitée à la manifestation, formant une ligne protectrice pour éviter tout débordement.

Tant bien que mal, le Cercle s’est poursuivi mais la tension était réelle, tout comme, hélas, les slogans identitaires... « d’un autre temps ».

La sortie récente du film de Philippe Lloret, Welcome, a sans doute ajouté aux arguments des uns et des autres, en soulignant non seulement le sort fait aux migrants mais aussi à tous ceux qui les aident !

Selon la LDH, « en 2008, 26 000 sans-papiers ont été expulsés, 35 000 sont passés par des centres de rétention, et parmi eux des centaines de femmes et d’enfants, bousculés et traités sans le respect dû à tout être humain ».

Les cercles du bruit se manifestent

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Groupe d’extrême droite, police et militants des droits de l’Homme (Photo : André Dupeyroux)

Souhaitée comme une action non-violente par la Ligue des droits de l’homme, ces cercles du silence subissent, un peu partout en France les assauts de groupes d’extrême droite qui ne se cachent plus. Sous les bannières présumées de « convergence nationale » « nation » et autre identifiants, ils se positionnent clairement comme « cercles du bruit » en opposition à la défense des sans-papiers qu’ils considèrent comme une « provocation ».

« Vous soutenez de façon irresponsables des clandestins au péril de notre identité, de notre civilisation [...] Nous dénonçons la situation dramatique de milliers de travailleurs français qui perdent leur emploi », avant d’entonner bruyamment, leur slogan favori « Français d’abord, clandestins dehors ».

Des passants ahuris n’en croyaient pas leurs yeux... ni leurs oreilles. « N’a-t-on pas tiré les leçons de l’histoire ? », s’indignait tout haut une dame, assistant désolée à ce « triste spectacle » !

Point positif tout de même : le cercle du silence s’est considérablement agrandi.

Les prochains cercles du silence se formeront même lieu, même heure les : jeudi 30 avril, samedi 30 mai et mardi 30 juin.

Gisèle Kozon


« le respect s’impose » [1]

« Je suis adhérent de la LDH, et je viens protester contre le traitement inhumain des sans-papiers. Le respect s’impose. Quant à l’extrême droite, ils font ce qu’ils veulent. »

Jacques


« des manières brutales »

« Je suis contre les manières brutales employées dans les centres de rétention. Quant au groupe d’extrême droite, il a le droit de s’exprimer dans la mesure où ils nous respectent. »

Alexandra


L’extrême droite brise le silence

par Serge Payrau, La Marseillaise du 31 mars 2009


Comme chaque 30 du mois depuis octobre dernier, les militants des droits de l’Homme ont dénoncé hier midi sur la place de la Liberté à Toulon la politique du gouvernement en matière d’immigration. A l’initiative de la section de Toulon de la Ligue des Droits de l’Homme, rejointe par le Réseau éducation sans frontière (Resf 83), le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), l’Association de défense, assistance juridique et éducative des travailleurs immigrés (ADAJETI), la FPCPE et les syndicats CGT Educ’action et Sud Education organisent, durant une heure, un « cercle du silence ». « On demande que les étrangers, quand ils sont expulsés, soient traités de façon humaine et on constate que cela ne va pas dans le bon sens. On ne nous écoute pas, on ne nous lit pas, on ne répond pas à notre courrier [c’est pourquoi nous pensons que] le silence est aussi bien. Cela interpelle les gens », explique Elisabeth Nadiras, membre du bureau de la Ligue des Droits de l’Homme.

Une initiative que l’extrême droite est venue perturber hier pour la 3e fois en 6 mois. A 12h25, le groupe rassemblé de l’autre côté de la place, à l’appel notamment de Convergences nationales et du Parti populiste a marché vers le cercle immobile des militants des droits de l’Homme, Entre les deux groupes, deux jeunes, prêts à en découdre, « venus combattre le fascisme » et ceux « qui viennent scander des chants nazis ».

Heureusement les forces de l’ordre, qui n’avaient fait qu’observer la scène fin janvier, se sont cette fois-ci déployées, empêchant les perturbateurs de s’installer au centre du cercle. Ce qui ne les a empêchés de perturber le silence, mégaphone à l’appui, avec un discours qui fait froid dans le dos mêlant notamment aversion de l’étranger et exacerbation de la peur Après avoir tenté de plomber ainsi l’initiative, les perturbateurs sont repartis comme ils étaient venus. On ne peut que s’étonner que ces organisations d’extrême droite obtiennent de manière récurrente l’autorisation de manifester simultanément à la tenue du « cercle de silence ».

Serge Payrau


Notes

[1Témoignages publiés dans Var Matin, le 31 mars 2009.


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