Corse, tenir compte de circonstances apaisantes


article de la rubrique justice - police > la Corse
date de publication : dimanche 10 juin 2018
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Du 11 au 22 juin se déroulera à Paris le procès de 9 nationalistes corses devant une Cour antiterroriste spécialement composée. La LDH rappelle "la nécessité de rechercher des solutions ailleurs qu’auprès des seules juridictions pénales – en particulier antiterroristes."


En mai 2012, une vingtaine d’attentats visaient des résidences secondaires appartenant pour la plupart à des continentaux. Sept mois plus tard, une vingtaine d’explosions endommageaient ou détruisaient des résidences secondaires aux quatre coins de l’île, sans faire de victimes. Le FLNC revendiquait les attaques.

Les plasticages, qui n’avaient occasionné que des dégâts matériels, avaient été revendiqués par le FLNC, toujours actif à cette époque, au nom de «  la lutte contre la spéculation immobilière ».

(Les dernières "nuits bleues", 2012)

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"Fin mai 2018, Jean-Guy Talamoni a fait voter une motion à l’Assemblée de Corse pour que "les jugements des procès à venir contre des militants nationalistes corses participent de la volonté d’apaisement manifestée par la société et les élus de la Corse". "Ces procès concernent des faits relatifs à une période révolue et constituent de ce fait une forme d’anachronisme", selon cette motion.

L’association de soutien aux prisonniers nationalistes corses, Sulidarita, a appelé sur Twitter à une "mobilisation" des Corses pendant le procès. "Etant donné le contexte politique plus favorable que jamais à la construction d’une solution politique, il est impensable pour nous que ce procès se solde par de nouvelles condamnations, voire de nouvelles incarcérations", écrit l’association.

Le verdict devrait être rendu le 22 juin, au dernier jour du procès." [1]

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La Tribune : (Extraits ci-dessous ; à lire sur Médiapart [2])

"L’affaire est importante. Le procès sera particulièrement observé par celles et ceux qui aspirent à sortir de quarante années d’affrontement entre la Corse et la République.

Le 25 juin 2014, le FLNC a annoncé son abandon de la lutte armée. Certes, il n’est pas allé jusqu’à déposer les armes et à s’auto-dissoudre, à l’instar de l’ETA. Mais chacun peut constater que depuis quatre ans, l’organisation clandestine n’a commis aucun attentat politique.

Les succès électoraux des nationalistes aux élections municipales de 2014, aux élections territoriales de 2015 et de 2018, à la dernière élection législative avec trois députés élus sur quatre, ont conforté celles et ceux qui, dans ce mouvement, veulent tourner définitivement la page de la clandestinité, écrite à coups d’attentats mais aussi d’assassinats.(...)

Déjà, dans leur rapport de 1998 sur l’antiterrorisme français, « France, la porte ouverte à l’arbitraire  », le premier du genre, les chargés de mission de la fédération internationale des ligues des droits de l’Homme concluaient à propos des questions corse et basque : « Il nous paraît hautement improbable que celles-ci seraient, ou puissent jamais être résolues par des moyens juridiques. »

Ils insistaient sur la nécessité de rechercher des solutions ailleurs qu’auprès des seules juridictions pénales – en particulier antiterroristes. Désormais, nous sommes dans cette recherche.

Que la justice, dont le bon fonctionnement repose sur la sérénité soit attentive à ce nouveau contexte. Les circonstances aujourd’hui ne sont plus aggravantes mais apaisantes. Qu’il en soit ainsi de son action, pendant ce mois de juin."

Malik SALEMKOUR, Président de la Ligue des droits de l’Homme
André PACCOU, Délégué de Corse de la Ligue des droits de l’Homme

P.-S.

Lire ou relire : [3]


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