pour Christian Estrosi, les citoyens seraient mieux protégés si leurs données ADN étaient recueillies à la naissance


article de la rubrique Big Brother > fichiers et fichages
date de publication : mercredi 31 janvier 2007
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C’est une analyse d’ADN qui a permis d’identifier les jeunes coupables d’avoir dérobé le scooter d’un des fils du ministre de l’intérieur.

Les polices européennes n’ont pas attendu cette nouvelle preuve de l’efficacité de cette technique pour décider d’échanger leurs fichiers d’empreintes digitales et d’ADN.

Christian Estrosi, en avance sur son époque, rêve du jour où des prélèvements d’ADN seront effectués à la naissance de chaque individu.


Les Vingt-Sept appelés à ouvrir leurs fichiers ADN

par Thomas Ferenczi, Le Monde du 17 janvier 2007

Pour leur première réunion sous présidence allemande, lundi 15 janvier à Dresde, les ministres européens de l’intérieur ont choisi de donner un coup d’accélérateur à la coopération policière entre les Vingt-Sept. Ils sont parvenus à un "très large accord", selon le ministre allemand, Wolfgang Schäuble, sur l’accès de chacun des Etats membres aux fichiers d’analyses ADN et d’empreintes digitales des autres.

Cette disposition a déjà été adoptée par sept Etats membres - Allemagne, Autriche, Espagne, France et les trois pays du Benelux - lorsqu’ils ont signé, en 2005, le traité de Prüm, auquel quatre autres (la Finlande, l’Italie, la Pologne, la Slovénie) ont annoncé leur intention d’adhérer. Les Vingt-Sept ont décidé d’aller plus loin en transposant ce traité dans la législation européenne.

UN ACCORD DE PRINCIPE

Il s’agira, a dit M. Schäuble, d’une "avancée majeure" dans la coordination de la lutte contre la criminalité transfrontalière. "Il y a six mois, a-t-il ajouté, je n’aurais pu imaginer que ce projet recueillerait un tel assentiment."

Pour le moment, les Etats membres n’ont donné qu’un accord de principe, assorti, pour certains, de réserves et d’interrogations. Une proposition précise leur sera présentée en février. Quatre d’entre eux ont fait part de leurs préoccupations : la Grande-Bretagne, l’Irlande, la Pologne et la République tchèque.

Ces pays se sont inquiétés en particulier du coût de la transposition, qui va exiger la modernisation de leurs systèmes informatiques, et du choix de la base légale, une partie du texte relevant, selon M. Schäuble, du "premier pilier" des traités européens, c’est-à-dire du dispositif communautaire, et l’autre du "troisième pilier", qui concerne les domaines relevant de la coopération intergouvernementale. Londres demande que la transposition ne concerne que le "troisième pilier".

M. Schäuble a estimé que le coût ne serait pas très élevé. A titre d’exemple, il a indiqué que le lancement de l’opération, en 2006, avait coûté à l’Allemagne moins d’un million d’euros. La France a soutenu la proposition.

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Christian Estrosi.

Christian Estrosi, ministre délégué à l’aménagement du territoire, remplaçait comme d’habitude le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy. Il a surpris ses collègues en déclarant que les citoyens seraient mieux protégés si leurs données ADN étaient recueillies dès leur naissance. Interrogé sur cette déclaration, M. Schäuble a estimé qu’il fallait y voir "une note d’ironie".

Thomas Ferenczi


Trois jeunes, deux mineurs de 17 ans et un majeur de 18 ans, soupçonnés d’avoir volé à Neuilly-sur-Seine le scooter d’un fils de Nicolas Sarkozy ont été arrêtés en Seine-Saint-Denis, grâce à des recherches d’empreintes et d’ADN, et mis en examen à Bobigny, a-t-on appris de sources proches de l’enquête. Un policier, interrogé sur la célérité de l’enquête et les moyens mis en oeuvre, a souligné qu’elle avait été "bien menée" avec les moyens "classiquement utilisés".

Le scooter, déclaré volé le 7 janvier, a été retrouvé dans la nuit du 17 au 18 janvier à Bobigny. Le scooter, un Piaggio 50 cm3, était garé sans anti-vol devant le domicile de la première épouse du ministre de l’Intérieur.
Un relevé d’empreintes et deux prélèvements d’ADN ont permis l’interpellation des trois personnes.

« En 2006, on a retrouvé 7 000 scooters volés, on a procédé à 30 000 analyses capillaires », a avancé sur Europe-1 Nicolas Sarkozy. « Est-ce qu’il ne faut pas faire d’analyses d’ADN ? Est-ce qu’il ne faut pas rechercher un scooter parce que c’est celui d’un des mes enfants ? ».


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