la LDH répond aux voeux de Jean-Marie Le Chevallier


article de la rubrique Toulon, le Var > Toulon sous le FN
date de publication : janvier 1999
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Le 9 janvier 1999, le maire de Toulon, Jean Marie Le Chevallier, élu en 1995 sous l’étiquette FN, a présenté ses voeux aux associations, en déclarant notamment :

"Le Var et Toulon vont connaître la plus forte explosion démographique de France, avec beaucoup de Français du Nord et d’Européens voulant profiter du climat, mais aussi une partie qui arrivera des pays du sud, de confession musulmane. Or nous savons que l’Islam, quand il devient révolutionnaire, est une véritable catastrophe. (...)

Nous assisterons certainement au choc de deux cultures, et nous risquons alors de connaître de plus en plus de problèmes dans les quartiers , dans les cités et dans les centres villes. Soyons très vigilants !"

Var Matin, le 10 janvier 99

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A la suite de quoi, la section de Toulon de la LDH a adressé à la presse le communiqué suivant. Le journal Var Matin l’a publié à peu près intégralement dans son édition du 14 janvier.

"La section toulonnaise de la LDH s’élève contre les déclarations du maire de Toulon, concernant l’immigration, déclarations faites lors de la cérémonie des voeux aux Présidents des associations et des C.I.L., le 9 janvier 1999, et qui sont parues dans la presse du 10 janvier.

Contrairement à ce que sous-entend le maire de Toulon, le pourcentage d’étrangers en France est stable : il est d’environ 6,3% depuis 1975 ; il est même un peu plus faible qu’en 1930 (6,7%). L’INED (Institut national d’études démographiques) a essayé d’évaluer le nombre d’ “immigrés” : il considère comme immigré toute personne qui vit en France, qui est née à l’étranger et qui n’avait pas la nationalité française à la naissance ; dans une étude publiée en février 1997, l’INED évalue à 7,4% le pourcentage d’immigrés dans la population totale, et affirme que ce chiffre est resté stable depuis 1975.

Rappelons d’autre part que la République française est laïque, et qu’à ce titre elle respecte toutes les convictions religieuses : " Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public " [1].

Pour terminer nous conseillerons au maire de Toulon de s’inspirer des fortes déclarations faites par un jeune député français à la tribune de l’Assemblée Nationale :

" Ce qu’il faut dire aux Algériens, c’est qu’ils ne sont pas un fardeau pour la France, mais qu’ils seront au contraire le sang jeune d’une nation française dans laquelle nous les aurons intégrés. J’affirme que dans la religion musulmane rien ne s’oppose au point de vue moral à faire du croyant ou du pratiquant musulman un citoyen français complet. (...) Je ne crois pas qu’il existe plus de race algérienne que de race française.(...) Comment un pays qui a déploré longtemps de ne pas avoir assez de jeunes ne pourrait-il évaluer le fait d’en avoir 5 ou 6 millions de plus ? " [2].

La Ligue des Droits de l’Homme présente aux Toulonnais ses voeux laïques et républicains !"

Notes

[1Article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789, reprise dans le préambule de notre constitution.

[2Déclaration de Jean Marie Le Pen - Journal Officiel du 28 janvier 1958, p. 309.


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