il y a dix ans ...


article de la rubrique Toulon, le Var > Toulon sous le FN
date de publication : vendredi 17 juin 2005
version imprimable : imprimer



Dimanche 18 juin 1995

Second tour des élections municipales :

Il y a dix ans, pour la première fois, une ville de plus de 100.000 habitants, Toulon, tombe aux mains de l’extrême-droite - et Marignane (30.000) et Orange (15.000).

Des questions :

Comment le Front National est-il arrivé à la mairie de Toulon ?

Comment le Var rouge est-il passé au brun, par José Lenzini ?

Un bilan, après 6 ans de gestion Le Chevallier.

Novembre 1995 : Charlie Hebdo saute sur Toulon -
avec Renaud.

Maudite soit Toulon ?

Je me souviens d’un lendemain de concert, un matin, dans le hall de l’hôtel Novotel sur le mont Faron dominant la ville, avoir croisé une bande d’anciens combattants qui, sur leur trente-et-un, s’apprêtaient à aller déposer quelques gerbes sur un quelconque monument aux morts-pour-rien dans une quelconque guerre à la con. Les couronnes étaient alignées bien sagement dans le hall, pendant que les vieux briscards étaient occupés à la réception j’ai barré d’un feutre rageur l’inscription d’un ruban tricolore honorant les "héros tombés pour la Patrie " et écrit un impitoyable "maudite soit la guerre !"

Il y a prescription, c’était il y a longtemps... Mais depuis je n’ai cessé de me demander en quoi cette phrase pouvait ne pas être appréciée par ceux-là même qui avaient vécu (presque autant que les civils) l’horreur de la guerre. Peut-être, finalement, y ont-ils pris goût... Peut-être que, gagnée ou perdue, juste ou pas au regard de l’histoire, la guerre fut leur raison d’être comme le cuir est la raison d’être du cordonnier. Peut-être, en honorant leurs camarades morts au combat, pleurent-ils le combat avant tout...

Je ne crois pas avoir remis les pieds à Toulon depuis. Le rouge et noir des maillots de rugbymen doit faire tache avec le brun de la mairie. Quant aux anciens combattant, s’il en reste, ils doivent parader sous l’œil attendri de Jean-Marie Le Pen, sans même réaliser que, cinquante ans auparavant, c’est cette même peste brune qu’ils combattaient. [...]

J’espère que, si la liberté y est plus menacée que partout, le vent de la résistance y souffle plus qu’ailleurs.

Renaud


Suivre la vie du site  RSS 2.0 | le site national de la LDH | SPIP