Henri Verdier, prêtre, résistant et militant des droits de l’Homme


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date de publication : mercredi 20 septembre 2006
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Très malade, il vient de disparaître discrètement, comme nous l’a dit un de ses amis. Depuis deux ans, il était membre de la section de Toulon de la LDH. Quelque peu handicapé par l’âge, il se manifestait peu.

Nous découvrons aujourd’hui seulement la qualité de celui qui nous a quittés.


Ancien résistant, porteur de valises pour le FLN algérien, militant des droits de l’Homme, le prêtre mariste s’est éteint le 21 août 2006.

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Henri Verdier

C’est avec émotion que le monde associatif briochin vient d’apprendre le décès d’Henri Verdier à La Seyne-sur-Mer. « Il fut un personnage de Saint Brieuc et de la vie briochine très engagé dans la vie sociale et politique, passionné de débats, un esprit très curieux et ouvert », rend aujourd’hui hommage Pierre Fenard, l’aniateur des Bistrots de l’histoire, où Henri Verdier avait à deux reprises témoigné de ses engagements.

Henri Verdier était à la fois prêtre mariste et psycholoçue de formation. Sur le terrain auprès des jeunes Briochins en difficulté, militant de la Ligue des droits de l’Homme et de la section Amnesty international de Saint-Brieuc, il fut un observateur engagé de la vie politique. De 1994 à 2002, il a notamment été l’« un des piliers du réseau Vigilance 22 de veille et d’investigation contre l’extrême droite et ses diverses facettes en Bretagne », rappelle Pierre Fenard.

Un engagement qui trouvait ses racines dans l’anticolonialisme. Lors d’un Bistrot de l’histoire, en avril 2002, l’ancien résistant ardéchois
avait révélé son appartenance au réseau Janson des porteurs de valises durant la guerre d’Algérie. A l’époque, domicilié à Montpellier, il n’avait pas hésité à transporter, jusqu’en Belgique, des « enveloppes contenant de l’argent pour financer les actions du FLN en Algérie ».

Autre temps, autre engagement. À la fin de sa vie, le prêtre mariste apporta ses précieux conseils à l’association d’aide à domicile Entour’ages, dont il était encore le président d’honneur. « Henri était un homme généreux, réconfortant, témoigne la directrice d’Entour’ages, France Le Douarin. Il nous a aidés à trouver la bonne distance au sein de nos réflexions à Entour’ages. C’est indispensable pour que l’aide que nous voulons apporter à domicile ne soit pas une intrusion dans la vie privée. »

Henri Verdier ne verra pas aboutir le projet qui lui tenait tant à coeur : la mise en place d’une petite unité de vie pour les personnes âgées en situation de handicap, qui devrait prochainement voir le jour en coopération avec la ville.

[Ouest-France, mardi 29 août 2006]

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