Abd el-Kader à Toulon, héros des deux rives


article de la rubrique la section LDH de Toulon > rencontres à Toulon autour d’Abd el-Kader
date de publication : samedi 13 novembre 2004
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Une présentation de l’exposition à la médiathèque du Pont du Las de Toulon, du 1er décembre 2004 au 29 janvier 2005.


Voir en ligne : notre dossier : "Regards français sur Abd el-Kader et sur la conquête de l’Algérie."

En février 2003, la section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme lançait l’idée d’une exposition sur l’Emir Abd el-Kader à Toulon. L’idée s’est concrétisée, en partenariat avec la mairie de Toulon, et avec le soutien du FASILD [1], du 1er décembre 2004 au 29 janvier 2005 à la Médiathèque du Pont du Las.

C’est du port de Toulon qu’est partie la conquête de l’Algérie, le 11 mai 1830, et c’est à Toulon que la détention d’Abd el-Kader a débuté. Or l’Emir Abd el-Kader est un personnage d’exception lié à l’aventure coloniale de la France en Algérie et au Proche-Orient. Ce fut un héros au sens fort du terme, « l’ennemi exemplaire » et généreux qui conduisit la résistance contre les Français, tout en sachant mettre à profit les trêves pour jeter les bases de l’Etat algérien dont il rêvait.

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Le Fort Lamalgue en 1890 (cliché : Marius Bar)

Après sa reddition en 1847, il a été transféré à Toulon, et détenu quatre mois au Fort Lamalgue. Libéré en 1852, il s’exile à Damas où il montre la qualité de sa foi, son Islam ouvert et tolérant, en protégeant des chrétiens.

Chef de guerre de talent, Abd el-Kader fut également un maître spirituel soufi, un esprit moderne ouvert au progrès technique, et un précurseur du dialogue entre l’Orient et l’Occident.

L’exposition s’articule en trois parties :

- la conquête de l’Algérie et la résistance de l’Emir,
- le récit de la détention d’Abd el-Kader à Toulon,
- les regards croisés des Algériens et des Français sur leur "héros".

Elle a bénéficié du parrainage de Bruno Etienne, professeur d’Université et directeur de l’Observatoire du religieux à l’IEP d’Aix, et de Mohamed Boutaleb, président de la Fondation Emir Abd el-Kader d’Alger.

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Abd el-Kader au Fort Lamalgue, par Pierre Letuaire

L’exposition était visible du 3 décembre 2004 au 29 janvier 2005 inclus, aux heures d’ouverture de la médiathèque :
- mardi et mercredi de 10h à 18h,
- vendredi de 15h à 18h,
- samedi de 10h à 16h30.

Un accompagnement pédagogique était prévu pour les visites des groupes scolaires et des centres aérés.

Vous pouvez prendre connaissance des différentes animations qui ont accompagné l’exposition.

L’Histoire est très présente à Toulon. Le passé colonial - tout particulièrement la guerre d’Algérie - pèse encore sur les esprits. Il nous semble que le temps est venu de décloisonner les mémoires afin que les Toulonnais, qu’ils soient originaires d’un bord ou de l’autre de la Méditerranée, prennent conscience de l’Autre, de son histoire et de sa culture.

Partant de ce constat, la section de Toulon de la LDH a organisé une "journée des deux rives" : le 17 mai 2003, des Toulonnais se sont rencontrés pour parler du présent avec ses réalités quotidiennes, et également du passé ; les différentes mémoires de la guerre d’Algérie se sont confrontées en présence d’historiens. C’est dans la phase préparatoire à cette journée qu’est née l’idée d’une exposition sur Abd el-Kader, en réponse à une demande de repère, d’enracinement dans une histoire commune, afin de surmonter le traumatisme collectif de ce passé conflictuel.

Mieux que quiconque, Abd el-Kader peut être revendiqué comme un héros par chacune des deux rives de la Méditerranée. Evoquer sa mémoire ne peut qu’aider au rapprochement des populations de l’agglomération toulonnaise.

Ce projet a pu se concrétiser grâce à un partenariat avec la mairie de Toulon.
L’exposition est le fruit d’un travail collectif des militants de la section toulonnaise de la Ligue de droits de l’Homme, et notamment d’Andrée Bensoussan, historienne de formation, qui en a assuré le commissariat scientifique avec l’aide de l’association Histoire et Patrimoine Seynois.

Nous tenons à remercier chaleureusement tous ceux qui se sont, d’une manière ou d’une autre, associés à notre initiative et en ont permis la réalisation :

• Hubert Falco, ancien ministre, Sénateur-Maire de Toulon et président honoraire du Conseil général du Var, pour l’intérêt qu’il a porté dès l’origine à notre initiative,

• les services culturels de la mairie et la Bibliothèque municipale pour leur concours amical et efficace,

• le FASILD, établissement public national qui agit en faveur de l’intégration et contre les discriminations, pour son soutien chaleureux et son aide financière,

• Bruno Etienne, politologue, et Mohamed Boutaleb président de la Fondation Abd el-Kader, à Alger, qui ont eu la gentillesse d’accepter de parrainer cette exposition.

Pour la section de Toulon, Gilles Desnots, président.

Vous pourrez prendre connaissance de

• l’intervention de Michel Tubiana, président de la LDH, le mercredi 1er décembre 2004 à l’occasion du vernissage : "le bruit et la fureur"

un entretien où Andrée Bensoussan, commissaire scientifique de l’exposition, explique en quoi l’émir Abd el-Kader lui paraît être un personnage emblématique à Toulon aujourd’hui,

• un exposé de Mohamed Boutaleb, le 8 décembre 2004 : "l’humanisme d’Abd el-Kader"

• un compte-rendu des tables-rondes du 8 janvier 2005,

• un compte-rendu de l’exposé de Bruno Etienne : "Abd el-Kader, mythes et réalités".

Notes

[1FASILD : Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations.


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