vidéosurveillance, argent public, Nice


article de la rubrique Big Brother > surveillance française
date de publication : lundi 26 mars 2018
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Le sociologue Laurent Mucchielli relance la polémique sur la vidéosurveillance. [1] A Nice, la Cnil appelle le ministère de l’intérieur à se saisir de la question des dispositifs de vidéosurveillance.


Reporty : "La ville de Nice avait commencé à déployer le 10 janvier, pour une phase de test de deux mois sur 2000 personnes, une application permettant aux citoyens de signaler aux policiers municipaux une incivilité grave (dépôt sauvage d’encombrants ou de déchets sur la voie publique, tags conséquents sur un bien public) ou une « situation critique » (actes de violence, vol, enlèvement, attentat, effondrement, inondation, incendie, accident) dont ils seraient témoins. (...) pour ce faire, les utilisateurs de l’application doivent filmer la scène. Les alertes envoyées par Reporty – le nom de l’application – sont donc accompagnées de la localisation géographique et d’un enregistrement vidéo et sonore.

La Cnil dénonce une fragilité de la base légale du dispositif : « la mise en œuvre de l’application s’inscrit en effet difficilement dans le cadre légal actuel de la videoprotection fixé par le CSI (code de la sécurité intérieure) sur la voie publique ».
Une atteinte à la vie privée pour garantir l’ordre public doit être prévue par un texte. La Commission appelle ainsi le ministère de l’intérieur à se saisir de cette question." [2]

 [3]

"En France, aujourd’hui, 3500 municipalités, de droite comme de gauche, en seraient équipées et se disent unanimement convaincues par son utilité dans la panoplie de lutte contre la délinquance, justifiant au passage son poids conséquent dans leurs budgets.

Et pourtant, depuis plus de vingt ans, le monde scientifique, par la voix de chercheurs français et étrangers, ne cesse de juger, chiffres à l’appui, l’impact très limité de la vidéosurveillance sur l’insécurité.

C’est ce que rappelle le sociologue, Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS et enseignant à l’université d’Aix-Marseille, dans un ouvrage sans concession : « Vous êtes filmés – enquête sur le bluff de la vidéo¬surveillance » (éditions¬ Armand ¬Colin).

Dans un entretien accordé à « La Gazette » le 5 mars, il enfonce le clou et dresse un bilan particulièrement sévère de cet outil, insistant sur :

* le « bluff technologique » des industries de sécurité,

* le gaspillage de l’argent public,

* la démagogie politique. (Pour en savoir plus : [4]

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Sur ce sujet, on relira avec intérêt l’article que François Nadiras publiait en janvier 2017 : http://section-ldh-toulon.net/ecrire/?exec=article&id_article=6801


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