une secrétaire d’Etat au silence sur les droits de l’Homme


article communiqué de la LDH  de la rubrique droits de l’Homme
date de publication : samedi 14 juillet 2007
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La secrétaire d’Etat aux affaires étrangères et aux droits de l’homme, Rama Yade, “s’étonne” des critiques de la LDH sur son voyage à Tunis.


Communiqué de la LDH

Une secrétaire d’Etat au silence sur les droits de l’Homme

La LDH constate que Madame Rama Yade, qui a accompagné le président de la République en Tunisie, n’a pas eu un mot sur les violations graves et généralisées des droits de l’Homme dont le pouvoir tunisien se rend coupable chaque jour. Pis encore, elle n’a pas trouvé une minute pour rencontrer les défenseurs des droits qui sont pourtant, chacun le sait, dans une situation dramatique.

Contrairement à ses discours de campagne électorale, Nicolas Sarkozy a repris à son compte la politique de complicité avec le dirigeant tunisien qu’a constamment mené son prédécesseur. Ainsi, la rhétorique de la rupture cache-t-elle une continuité dans les actes. Madame Rama Yade n’en est malheureusement que le paravent médiatique.

Il est enfin significatif que, contrairement à ce qui a pu être prétendu ces dernières heures, Madame Yade n’ait eu aucun contact avec les ONG françaises de défense des droits avant de participer à ce voyage qui cautionne la dictature tunisienne. La LDH veut espérer que ce faux pas ne se répétera pas.

Paris, le 12 juillet 2007.

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Rama Yade, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères et aux droits de l’homme.

Rama Yade “s’étonne” des critiques sur son voyage à Tunis

par Florence Beaugé, Le Monde daté du 15 juillet 2007

La secrétaire d’Etat française aux affaires étrangères et aux droits de l’homme, Rama Yade, se dit « étonnée » des vives critiques de la Ligue française des droits de l’homme (LDH) formulées contre elle, au lendemain de son voyage en Tunisie, les 10 et 11 juillet, où elle accompagnait Nicolas Sarkozy.

Dans un communiqué publié vendredi 13 juillet, Mme Yade souligne qu’elle s’est « entretenue pendant plus d’une heure avec son homologue tunisien, Hatem Ben Salem, sur la question fondamentale des droits de l’homme », dont M. Sarkozy a fait « l’une de ses priorités de sa politique étrangère ». Elle ajoute qu’à son retour en France, elle a reçu Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et « constate, pour le regretter, qu’être femme et jeune dans un gouvernement suscite a priori le soupçon d’être un “paravent” médiatique ».

Jeudi, la LDH avait dénoncé la poursuite par Nicolas Sarkozy de « la politique de complicité » avec « la dictature tunisienne ». Elle avait fustigé Mme Yade pour son « silence » à Tunis et son absence de contact avec les associations tunisiennes de défense des droits de l’homme. Interrogée par les journalistes qui accompagnaient le président Sarkozy, Rama Yade avait fait valoir que son déplacement à Tunis, incertain jusqu’à la dernière minute, ne lui avait pas laissé le temps de prendre rendez-vous avec qui que ce soit.

Pour sa part, l’avocate Radhia Nasraoui, présidente de l’Association de lutte contre la torture en Tunisie (non reconnue), avait dénoncé cette attitude et parlé de « mépris ». « Quand le président du Parlement européen est venu à Tunis, il y a quelques mois, il nous avait rencontrés. Or lui aussi n’était venu que quelques heures », avait-elle rétorqué. Mme Nasraoui avait cité des cas précis « de tortures abominables » pratiquées sur des détenus tunisiens, dont elle avait pu constater elle-même les traces.

Le régime tunisien est tenu par toutes les associations internationales de défense des droits de l’homme pour l’un des plus répressifs du monde arabe.

Florence Beaugé

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