santé en danger, hôpitaux sans moyens, manque de médecins ...


article de la rubrique droits sociaux > santé
date de publication : mercredi 4 juillet 2018
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119 jours de grève ! A l’Hôpital Ste Musse, les grévistes demandaient : "Juste des moyens humains suffisants pour pouvoir accueillir et soigner dignement."


Face à la pénurie de soins et pour lutter contre les " zones blanches ", le président du département de Saône-et-Loire, André Accary, a lancé une expérimentation fin 2017 : recruter directement des médecins généralistes afin de répartir leurs compétences sur les 4 pôles du département et les 45 antennes locales. Près de 10 médecins ont déjà signé un contrat de 3 ans avec le département et selon l’élu, les recrutements sont en train de monter en puissance.

« Nous proposons des salaires basés sur la grille hospitalière et qui tournent entre 4600 euros et 7000 euros nets avec les heures supplémentaires » détaille l’élu « il nous faut trouver des contrats qui séduisent les praticiens, mais aussi leur proposer de la souplesse dans leur exercice mais aussi pour l’avenir ». (...) Dans les mois à venir, le président de Saône-et-Loire imagine pouvoir recréer un système de garde mais aussi relancer les visites à domicile qui manquent cruellement, « les premières consultations avec nos nouveaux médecins ont été très longues, car nous nous sommes aperçus que les habitants n’avaient pas vu de médecins depuis longtemps. » [1]

27 juin 2018 : "Au 119e jour de grève les personnels des urgences de Sainte-Musse de l’hôpital de Toulon ont cessé leur mouvement après les avancées obtenues de la part de la direction.

La moitié des postes demandés (une quinzaine) ont été débloqués et chiffrés." [2]

 [3] Maintenant, il serait question de supprimer l’hélicoptère qui permet de transférer en urgence des personnes en grande détresse. Quand le souci d’économie prime sur l’accès aux soins ...

07/06/2018 : "Cela fait cent jours que les personnels soignants et non-soignants des urgences de Sainte-Musse (Toulon), sont en grève.

« S’ils veulent jouer la carte de l’épuisement, c’est déjà fait : nous sommes épuisés et il ne faudra pas qu’ils s’étonnent si un malheur finit par arriver.  » Depuis le 1er mars, le personnel des urgences du Centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne (Chits), avec l’appui du syndicat CGT de l’établissement de santé, est en grève. Ce qu’il veut ? « Juste des moyens humains suffisants pour pouvoir accueillir et soigner dignement les usagers et faire face à l’augmentation d’activité importante.  » Soit une quinzaine de postes en tout.

Chaque jour, les grévistes sont immédiatement assignés pour assurer la continuité du service. En grève mais à la mine. Ceux qui ne sont pas assignés perdent de l’argent ou manifestent sur leur jour de repos. Dans le même temps, une caisse de solidarité est en place.

Le phénomène est national  : toutes les urgences de France, portes d’entrée de l’hôpital, sont saturées par l’afflux de patients." (extrait de [4]

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La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie, le 3 mai 2018, 2 études relatives à l’évolution de la démographie des professionnels de santé.

226 000 médecins en activité au 1er janvier 2018 :

La France compte 10 000 médecins de plus qu’en 2012. 45% des médecins sont des médecins généralistes. La moyenne d’âge des médecins actifs est assez élevée (51,2 ans).

Les femmes constituent 46% des effectifs de médecins. Elles devraient être plus nombreuses que les hommes dès 2021.

98% de la population vivent à proximité d’un médecin généraliste (moins de 10 minutes).

Les difficultés d’accès à un médecin généraliste se remarquent surtout dans les communes excentrées des grands pôles économiques. 9 142 communes sont en situation de sous-densité.

600 000 infirmiers en activité :

Le nombre d’infirmiers a augmenté de 70% entre 2000 et 2017. Ils constituent la profession de santé la plus nombreuse. Les infirmiers sont aujourd’hui plus de 600 000 en activité, ils devraient être 881 000 en 2040.

En parallèle, la demande de soins augmente. Les personnes âgées de plus de 75 ans, dont la proportion devrait augmenter ces prochaines années, consomment 27 fois plus de soins que les moins de 65 ans.

La Drees observe une répartition inégale sur le territoire. Le développement de l’exercice libéral se fait au détriment de l’exercice en établissement de santé ou en établissement pour personnes âgées. En 2040, un infirmier sur quatre pourrait exercer selon ce mode. (extrait de [5]


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