rencontre avec Serge PORTELLI, vendredi 24 novembre


article de la rubrique les étrangers
date de publication : jeudi 23 novembre 2017
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Vendredi 24 novembre à partir de 18 h, au Comptoir des Idées/FOL83, Serge Portelli - Président de Chambre près la Cour d’Appel de Versailles et Marie-Noëlle Sereno, présidente de l’association "l’autre c’est nous", débattront avec vous des procédures DUBLIN et des conséquences de "Dublin III" sur la situation de personnes qui tentent de trouver refuge en France et de fuir la guerre, la répression, la torture ou l’extrême misère. Entrée libre.


"Les étrangers qui sont en nous

L’étranger est une chance. Il est le meilleur moyen de nous découvrir à nous-mêmes par ces différences qui sont le ferment nécessaire du progrès et de la paix.

L’hospitalité est l’une des premières manifestations de l’humanité, la base de toutes les civilisations.

L’asile est un devoir sacré.

La fraternité est inscrite au fronton de tous nos bâtiments publics. Elle est la devise de notre nation.

Le monde ne pourra pas survivre sans une solidarité croissante avec les plus pauvres, infiniment plus forte que les miettes chichement distribuées aujourd’hui. Toutes ces valeurs doivent être le fondement de notre politique d’immigration. On peut y ajouter des arguments économiques ou démographiques, comme le fait Jacques Barrot, actuel vice-président de la Commission européenne, qui prévient que l’Europe ne pourra pas survivre sans un apport massif d’immigrés à l’horizon du milieu de ce siècle. Ou comme on le lit dans le rapport Attali : l’immigration est une source de création de richesse et de développement. Cette justification-là n’est rien, face aux impératifs de la morale et de la démocratie.

Mais comme tant d’autres, je n’en peux plus de ce climat permanent d’exclusion, d’enfermement, d’expulsion, de cette xénophobie organisée, administrative, institutionnelle, qui agresse en permanence la culture de liberté et de fraternité dans laquelle j’ai appris à grandir et qui faisait que j’étais fier de mon pays. (...)

Combattre le racisme, la xénophobie et toutes les formes de discrimination ne suffit plus. Il faut porter haut et fort les valeurs qui sont attaquées de toutes parts aujourd’hui. Il ne s’agit plus de les défendre mais de les proclamer. D’en faire le point de départ de nos discours et de nos actes mais surtout le point d’arrivée."

(Extraits du texte de Serge Portelli sur : Chronique de l’humanité ordinaire, blog de Serge Portelli, magistrat et président de chambre à la cour d’appel de Versailles - 29 juin 2008.)


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