qui cette gerbe de fleurs honore-t-elle, Monsieur le Maire ?


article de la rubrique extrême droite > Toulon : la stèle, le carrefour
date de publication : mardi 28 mars 2006
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Une lettre ouverte de la section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme.

[Première publication, le 26 mars 2006, mise à jour, le 28 mars]



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La stèle toulonnaise des « Martyrs de l’Algérie française », le 25 mars 2006 (© JSR ).

Ce matin, samedi 25 mars 2006, une gerbe de fleurs a été déposée à la stèle aux « Martyrs de l’Algérie française » (porte d’Italie), avec un ruban « le Sénateur-Maire de Toulon ».

Monsieur le Maire, vous ne pouvez ignorer le sens de ce monument, inauguré le 14 juin 1980, après avoir été partiellement détruit quelques jours auparavant. Dans le personnage en train de s’effondrer, les observateurs avaient reconnu Roger Degueldre, le chef d’un des plus sinistres commandos de l’OAS. Vous savez que ce monument est considéré comme un hommage à l’OAS, et qu’il est souvent associé à la stèle de Marignane contre laquelle nous avons protesté l’été dernier [1].

Nous nous associons à la douleur de toutes les victimes de la guerre d’Algérie, et notamment à celle des pieds-noirs qui ont perdu des proches lors de la fusillade de la rue d’Isly, le 26 mars 1962 à Alger. Il est légitime que leur douleur soit prise en compte. Cela pourrait donner lieu à une cérémonie au monument aux morts de la ville, place Gabriel Péri, qui comporte d’ailleurs une plaque « La ville de Toulon aux morts pour la France lors de la guerre d’Algérie et des combats de Tunisie et du Maroc. 1952 - 1962. »

Mais, aujourd’hui, la section de Toulon de la LDH se fait l’interprète de nombreux Toulonnais pour vous exprimer notre réprobation : en faisant déposer une gerbe au monument de la porte d’Italie, vous avez, en tant que maire - représentant donc tous les habitants de cette ville - rendu hommage à une organisation qui a tenté d’abattre la République.

Toulon, le 25 mars 2006

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La gerbe du Sénateur-Maire de Toulon ( © JSR ).

Hubert Falco ayant fleuri le mauvais monument, dès le lendemain sa gerbe se trouva en mauvaise compagnie [2] :

« Hier soir, devant la stèle de l’Algérie française ...

« ... l’émotion était palpable dans les rangs du Cercle national des rapatriés (CNR).

« Après le dépôt des gerbes et la lecture des noms des 56 civils tombés, le 26 mars 1962, rue d’Isly, les hommes et femmes ont entonné avec ferveur le Chant des Africains.

« Le secrétaire national du Cercle national des Rapatriés, André Vidal, qualifiait cette journée du 26 mars 1962, « d’assassinat par l’armée gouvernementale », plaidant pour la reconnaissance par l’Etat français du massacre de la rue d’Isly.

« Etaient notamment présents J.-F. Collin, président de l’Adimad, et des représentants de l’Association de soutien à l’armée française (ASAF). »

[Var Matin, lundi 27 mars 2006.]
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A gauche : « Le Sénateur-maire de Toulon » ; à droite : « Aux martyrs de l’Algérie française - Adimad » (Photo CM - 27 mars 2006)
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Une autre gerbe : « Aux martyrs de l’Algérie française assassinés par la bande des 4 - C.N.R. » (Photo CM, 27 mars 2006)

Notes

[1L’histoire de ce monument : article 1222.

[2Comme cela s’était passé en 2005 !.


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