prisons, le problème est pris à l’envers


article de la rubrique prisons > état des prisons
date de publication : dimanche 28 janvier 2018
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Il est grand temps de s’interroger sur le sens et l’efficacité des peines, sur les conditions de travail des personnels pénitentiaires, sur une administration centrale à bout de souffle, sur des conditions de détention indignes telles que la France se place, sur 47 membres, au 7e rang des États dont les prisons sont les plus surpeuplées [1]


La France compte : 43 centres pénitentiaires ; 6 maisons centrales ; 25 centres de détention ; 98 maisons d’arrêt ; 6 établissements pénitentiaires pour mineurs ; 11 centres de semi-liberté ; 1 établissement public de santé national de Fresnes (EPSNF) [2]

Tristes records :

"Alors même qu’ils n’ont pas le droit de faire grève, les surveillants ont lancé un mouvement de débrayage général le 15 janvier 2018, à la suite de l’agression de trois des leurs par un détenu djihadiste, à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). Le gouvernement a certes lâché du lest, en promettant 1 100 postes en plus et 34 millions d’euros de primes. Le ratio de détenus par agent atteint 2,5 en France, contre 1,5 dans les pays du Nord et en Italie (...)." [3]

"Avec 69 375 personnes incarcérées (pour une capacité d’accueil des établissements pénitentiaires au 1er juillet de 58 311 places), le nombre de détenus dans les prisons françaises a atteint au 1er juillet 2016 un nouveau et triste record. (...) Parmi les détenus, plus de 1 600 doivent se contenter d’un matelas posé sur le sol dans leur cellule (...)" [4]

"En avril 2017, le directeur de l’Administration pénitentiaire, Philippe Galli, nommé en septembre 2016, démissionnait ; dans la même période, la directrice de la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis) prévenait la justice que l’établissement ne pouvait plus accueillir de nouveaux détenus. Son taux d’occupation avait en effet atteint le record de 201%." [5]

Une fois que l’on a dit et redit tout cela ...

Qu’avons nous fait de l’interrogation de Michel Foucault quant à notre relation à la "punition" et au pouvoir. Il est parfois utile de relire "Surveiller et punir" [6] pour que la propension à enfermer les toxicomanes, les « fous », les sans-papiers soit questionnée.

Qu’allons nous faire du rapport remis en janvier dernier par Bruno Cotte et Julia Minkowski au ministre de la Justice. Ce rapport prône "un changement d’état d’esprit « car la surpopulation carcérale et les blocages qu’elle engendre ne sont pas une impasse », comme le rappellent ses auteurs, qui affirment qu’il est « possible de renverser la situation » ; ils reprennent à leur compte certains des éléments clés d’une politique de décroissance carcérale." [7]

Que ferons nous pour que les conditions de travail, de rémunération de certaines catégories de fonctionnaires soient examinées à l’aune des responsabilités qui leur sont confiées et des risques qu’ils encourent ?

M Macron déclarait devant la Cour de cassation : « La surpopulation est un symptôme, et je ne veux pas d’une réforme qui ne cherche qu’à faire tomber la fièvre plutôt que de s’attaquer à la maladie ». Le diagnostic sur la cause de la maladie saura t-il prendre en compte le corps malade dans sa globalité ?


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