le plateau du Golan


article de la rubrique international > Hors Europe
date de publication : dimanche 20 mai 2018
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Depuis plus de 50 ans, le Golan cristallise les tensions entre Israël et la Syrie.


"Madame, Monsieur,

Je viens d’écouter les informations de midi aujourd’hui, 11 mai 2018, sur France inter.

Le reportage sur les habitants du kibboutz du Golan, traite de la question du Golan avec deux omissions de taille que je vous serai reconnaissante de bien vouloir transmettre à ses auteurs :

1- le Golan est un territoire syrien occupé depuis la guerre de 1973 et annexé par Israël illégalement au regard du droit international. Plus de cent villages syriens y ont été rasés à la suite de cette occupation et les cent vingt mille habitants syriens de ce plateau chassés.

2- le peuplement juif israélien du Golan depuis cette date est un peuplement colonial. Et les habitants interviewés sont des colons et leurs enfants.

Sans ces deux précisions votre reportage parle à tort des « frontières de la Syrie proches » et présente à tort les colons occupants comme des victimes ; or il serait utile de rappeler que s’ils sont victimes ce n’est pas du fait de la Syrie qu’ils occupent mais de la situation dangereuse dans laquelle les a placés le régime israélien.

En l’occurrence ce reportage fait le jeu de la politique israélienne du​ moment, qui tout en attaquant les positions iraniennes en Syrie, se présente en victime défendant sa sécurité.

Bien cordialement,"

Michele Sibony (12 05 2018) [1]

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"Le plateau du Golan se situait en territoire syrien lorsque le pays accéda à l’indépendance, en 1946. Si Israël en revendique aujourd’hui la souveraineté, c’est parce qu’il a conquis le Golan (en même temps que le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est) en 1967, à l’issue de la guerre des Six-Jours, lors de laquelle le pays affronta l’Egypte, la Jordanie et la Syrie.

Depuis, le Golan cristallise les tensions entre Israël et la Syrie. Il est le théâtre d’affrontements entre les deux pays — et, indirectement, entre l’Iran (allié de la Syrie) et l’Etat hébreu.

L’occupation israélienne a été condamnée par l’ONU dès 1967, et la Syrie a tenté de récupérer le plateau en attaquant Israël par surprise lors de la guerre du Kippour de 1973 (près de 14 000 morts et 28 000 blessés), en même temps que l’Egypte tentait de reprendre le Sinaï. Israël, avec le soutien des Etats-Unis, est toutefois sorti vainqueur de ce nouvel affrontement.

En 1979, cependant, Israël a rétrocédé le Sinaï à l’Egypte, et les deux pays ont signé un accord de paix. La Jordanie en a fait autant en 1994. La Syrie, en revanche, est toujours en état de guerre avec l’Etat hébreu, les négociations achoppant systématiquement sur la question de la maîtrise du plateau du Golan, qu’Israël refuse de rétrocéder.

La Knesset (le Parlement israélien) a voté l’annexion du plateau en 1981, malgré les condamnations de l’ONU. Israël n’a eu de cesse, depuis, de durcir les conditions de retrait du Golan à mesure que la droite nationaliste s’affirmait dans le pays, rendant plus difficiles encore les négociations dans lesquelles la Syrie exige la restitution de tout le territoire occupé. Depuis 1999, le gouvernement israélien doit, par exemple, obtenir au moins 65 % des voix par référendum ou la majorité qualifiée au Parlement pour décider d’un compromis sur le Golan.

Ce dernier est aujourd’hui peuplé d’environ 30 000 colons juifs et environ 22 000 Druzes syriens, qui ont été autorisés par Israël à rester sur ce territoire après 1967." [2]


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