chemin de la paix, autodissolution de l’ETA


article de la rubrique prisons > les longues peines
date de publication : samedi 5 mai 2018
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Plusieurs personnalités appellent les gouvernements à s’engager dans le processus vers la paix au Pays Basque et à abolir les mesures d’exception. Michel Tubiana rappelle que "continuer à poursuivre, juger, emprisonner, stigmatiser (ne peut apporter) l’apaisement souhaité et souhaitable".


MICHEL TUBIANA :

"L’autodissolution de l’ETA met un terme à un processus qui a débuté en 2011, s’est poursuivi en 2017 par le désarmement, et se clôt en 2018 par une analyse des erreurs et fautes commises et la disparition de cette organisation."

"Le choix politique qui a été fait de proscrire le recours à la violence et d’adhérer à la vie démocratique fait l’objet de deux interprétations. Celle des autorités espagnoles, en particulier du parti populaire au pouvoir, qui relève de la victoire militaire contre l’ennemi accompagné d’un « vae victis » qui frappe ceux et celles qui sont emprisonnés ou que l’on pourchasse encore.

La décision toute récente de la juge d’instruction, en charge des affaires catalanes par ailleurs, de tenter de poursuivre des personnes emprisonnées en France pour crimes contre l’humanité, l’organisation de procès contre des membres de l’ETA mais aussi contre celles et ceux qui se bornent à dire publiquement leur adhésion au processus de paix ou le refus de mieux traiter les prisonniers, attestent de l’impossibilité de ces autorités de penser la situation autrement qu’en termes de vengeance." (Lire l’article dans son intégralité sur : [1])

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Le mouvement pour la paix demande la fin des mesures d’exception :

"C’est la situation des prisonnier.e.s basques qui est au centre de cette nouvelle étape, avec dans l’immédiat, la fin des mesures d’exception :
*Supression du statut de Détenu Particulièrment surveillé
*Fin de la dispersion, rapprochement des prisonnier.e.s et leur regroupement dans des prisons proches du Pays basque
*Libération des prisonnier.e.s malades
*Libération des prisonnier.e.s immédiatement libérables si le droit commun leur était appliqué."

Le 9 décembre 2017, plus de 100 000 personnes ont défilé à Paris pour la paix et pour que les prisonniers et prisonnières soient rapprochées de leurs familles.

Michel Tubiana, président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme s’est exprimé lors de ce rassemblement : « Nous devons faire preuve de l’imagination nécessaire pour construire un mécanisme qui accueille tous les acteurs de ces années de plomb, ceux et celles qui ont commis comme ceux et celles qui ont souffert. » avant de conclure « Nous le disons avec force, les gouvernements espagnol et français doivent changer d’attitude et nous accompagner sur les voies de la paix. Que nul ne s’y trompe, nous n’abandonnerons pas.  » (Voir communiqué ci-joint [2]

9 DECEMBRE 2017 : GRANDE MOBILISATION A PARIS

Agissons pour le processus de paix et pour la libération des prisonniers politiques

Les Artisans de la paix [3] ont décidé de continuer à se mobiliser en faveur de la paix et pour, dans un premier temps, l’abolition des mesures d’exception appliquées aux prisonnier-e-s politiques basques en organisant une mobilisation à la fin de l’année 2017 à Paris. (Lire « la situation des prisonniers politiques » sur le document d’information ci-joint) [4]

En 2011, le processus de paix au pays basque est lancé. Mais depuis six ans maintenant, ce processus piétine. [5]

Le 16 novembre 2016, Michel Tubiana, président d’honneur de la Ligue des Droits de l’ Homme, publiait sous le titre « Mort aux vaincus », une Tribune dans laquelle il dénonçait les arrestations de membres de l’ETA, les traitements indignes infligés aux prisonniers de l’ETA en France comme en Espagne, la chasse aux sorcières contre ceux et celles qui portent simplement une parole politique. [6] Une commission de juristes pour la paix au Pays Basque était créée.

Un mois après, le 16 décembre, Michel Tubiana, Jean-Noël Etcheverry (Txetx), et Michel Berhocoirigoin, soutenus dans leurs démarches par la majorité des acteurs sociaux et politiques et des élu-e-s du territoire s’engageaient à nouveau.

Txetx Etcheverry, Michel Berhocoirigoin, Michel Bergougnian, Béatrice Haran-Molle (journaliste), et Stéphane Etchegaray (chargé de filmer la destruction des armes par les protagonistes), étaient arrêtés par la police à Louhossoa alors qu’ils procédaient à la neutralisation des armes d’ETA, dans l’objectif de les remettre ensuite aux autorités. 4 000 personnes manifestaient dans les rues de Bayonne, le lendemain même de l’arrestation. Deux jours après, 14 000 personnes demandaient leur libération. Celle-ci est intervenue après quatre jours de garde à vue, les personnes libérées étant placées sous contrôle judiciaire.

2017 : rendez-vous le 9 décembre à Paris :

Les Artisans de la paix [7] ont décidé de continuer à se mobiliser en faveur de la paix et pour, dans un premier temps, l’abolition des mesures d’exception appliquées aux prisonnier-e-s politiques basques en organisant une mobilisation à la fin de l’année 2017 à Paris. (Lire « la situation des prisonniers politiques » sur le document d’information ci-joint) [8]


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