scandalisé par les traitements infligés aux migrants


article de la rubrique les étrangers > les étrangers sont des hommes
date de publication : dimanche 1er avril 2018
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"S’il le faut, je réécrirai une tribune contre les mauvais traitements infligés aux migrants", prévient l’écrivain. Autre : à la frontière, une "grave ingérence des douaniers français dans le travail des ONG et des institutions italiennes."


J-M Le Clézio (Photo : Ernesto BENAVIDES, AFP)

Jean-Marie Le Clézio, avait déjà dénoncé, en janvier, dans une tribune publiée par l’hebdomadaire l’Obs "le tri" fait entre les migrants qui fuient leur pays pour des raisons politiques et ceux qui fuient la misère, y voyant " un déni d’humanité insupportable ".

Aujourd’hui, dans le Journal du Dimanche, il s’insurge à nouveau : "Je reste scandalisé par la manière dont sont appliquées les directives du ministre de l’Intérieur" Gérard Collomb, déclare t-il. "Il préconise de la fermeté mais, sur le terrain, on est au-delà de la fermeté", ajoute-t-il. "On continue à infliger de mauvais traitements à des gens sans défense". [1]

Le 29 mars, des douaniers français sont accusés d’être entrés sans permission dans un centre pour migrants à Bardonecchia, une commune italienne située à quelques kilomètres de la frontière française. (...) Le ministère italien des Affaires étrangères évoque "un acte grave, considéré totalement en dehors du cadre de la collaboration entre Etats frontaliers". [2]

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Pour mémoire, début mars, dans le cadre de la "convention nationale sur l’accueil et les migrations" des propositions émergeaient. [3]

Déjà, en février, un rapporteur à la Cour Nationale du Droit d’Asile alertait le gouvernement : "Votre projet de loi asile et immigration est profondément néfaste et porte atteinte de manière tout à fait démesurée aux droits des demandeurs d’asile." [4]

Dans le même temps, alors que l’écrivain Jacques Attali et la députée LRM Bénédicte Peyrol proposaient : "dix actions pour accueillir dignement les réfugiés", [5], des avocats dénonçaient les procédures Dublin [6] et Raphaël Pitti, médecin humanitaire, s’insurgeait contre les conditions d’accueil des migrants. « Le gouvernement ne fait pas ce qu’il doit faire  » et rendait sa légion d’honneur. [7]

Robin Renucci, avec d’autres artistes, plaidait lui, coupable : "On ne quitte pas son pays, ceux qu’on aime, son histoire et sa vie, par envie de confort, mais parce qu’on ne peut pas faire autrement." [8]

De nombreux courriers et des pétitions ont été adressés au président de la République pour que les migrants puissent être accueillis avec dignité et humanité. [9] [10]


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