multiplication des caméras de vidéo-surveillance à Toulon : une décision d’Hubert Falco


article de la rubrique Big Brother > vidéosurveillance
date de publication : mercredi 12 mai 2010
version imprimable : imprimer


A l’image du maire de Baudinard, Hubert Falco affiche une foi inébranlable en l’efficacité de la vidéo-surveillance : « si ça ne tenait qu’à moi, je voudrais qu’on en mette dix fois plus » a-t-il déclaré à propos des caméras de surveillance, lors du conseil municipal du 29 avril 2010 [1].

Comme à l’accoutumée, ces affirmations ont été assénées de façon d’autant plus péremptoire qu’elles n’étaient accompagnées d’aucune étude sérieuse. La politique du “doigt mouillé” [2], sans vergogne...

Et nous voila maintenant prévenus : d’ici trois ans, Toulon comptera 184 caméras de surveillance (124 de “vidéo-protection” et 60 “de voirie”). Les Toulonnais n’auront pas rattrapé leurs voisins niçois, mais ils seront un peu plus “vidéo-protégés” [3]. Sécuritaire, quand tu nous tiens...


JPEG - 25 ko
Parc de la tour Royale (© Patrick Blanchard)

Les caméras de vidéosurveillance vont se multiplier en ville

« Si ça ne tenait qu’à moi, je voudrais qu’on en mette dix fois plus. J’y suis très favorable. Je suis pour les multiplier », a lancé dernièrement Hubert Falco en conseil municipal à propos des caméras de surveillance.

Son bilan ? « Très positif. Ça participe à la prévention, surtout pour la petite délinquance. Sur les parkings du Mourillon, la nuit, on a moins de problèmes qu’avant. C’est partagé par une majorité de maires autant de gauche que de droite, ainsi que par les habitants. On nous en réclame régulièrement pour les quartiers. »

Quatre nouvelles caméras fin juin

Du coup, « big brother » va étendre davantage son regard sur la ville. Depuis 2003 où une trentaine de caméras de « vidéo-protection » (selon le terme préféré par la municipalité) ont fait leur apparition (quinze dans le centre-ville et quinze sur les plages du Mourillon), quatre nouvelles caméras doivent être installées avant la fin du mois de juin : place Amiral-Sénès, place Dame-Sybille, place de la Visitation et au parc de la Tour Royale.

D’ici la fin de l’année, dix-neuf caméras de voirie pour la surveillance des axes de circulation seront également ajoutées aux quarante et une déjà existantes.

Enfin, le « pôle police » ou « PC central » ou « centre de supervision urbaine » chargé de recueillir et centraliser toutes les images transmises par ces différentes caméras devrait ouvrir, après travaux, vers octobre-novembre, place Pasteur, dans le bâtiment de la police municipale.

À l’heure actuelle, le site existe déjà mais ne recueille qu’une partie des images. D’autres sites récupèrent ces images comme le commissariat central et l’hôtel de ville. Il était donc temps de les rassembler. « L’objectif est de mutualiser pour regrouper les moyens et améliorer le confort », selon la ville.

Objectif : 124 au total en 2013

Et la municipalité ne compte pas s’arrêter là comme l’a promis Hubert Falco qui promet d’« intensifier » le processus, notamment pour répondre aux demandes des habitants des quartiers.

Ainsi, d’ici à 2013, les caméras de vidéo-protection vont pousser comme des champignons à raison d’une trentaine par an pour atteindre le chiffre de cent vingt-quatre au total au lieu des trente actuelles.

Leur installation dépendra des homologations en préfecture et leur mise en conformité avec les réglementations en la matière. Enfin, elles feront l’objet aussi de discussions dans le cadre du contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance avec les différents partenaires institutionnels de la ville. « L’ambition est de mener cette réflexion d’ici 2011 », assure la municipalité. D’ici là, les « trublions » n’ont qu’à bien se tenir.

En chiffres

Actuellement, la ville de Toulon compte trente caméras (quinze en centre-ville et quinze sur les plages du Mourillon [4]) et quarante et une caméras de voirie sur les axes de circulation.

D’ici décembre 2010 : il y aura trente-quatre caméras de vidéo-protection et soixante caméras de voirie.

D’ici trois ans : la ville comptera cent vingt-quatre caméras de vidéo-protection et soixante caméras de voirie.

Après l’ouverture du centre de supervision urbaine de la place Pasteur dans le bâtiment de la police municipale (au deuxième semestre 2010), tous les enregistrements des caméras de la ville seront recueillis là-bas et grâce désormais au raccordement par fibres optiques, la police nationale pourra visionner les « bandes » au-delà de 20 h.

Notes

[1Hubert Falco répondait à Sophie Lebedel conseillère municipale PS qui s’interrogeait sur les bénéfices pour la ville au niveau de la sécurité de la vidéosurveillance, à l’occasion de l’examen du marché de prestations de surveillance et télésurveillance des bâtiments communaux.

[2Mouiller son doigt et le tenir en l’air est un moyen très précis de savoir d’où vient le vent.

[3Une décision prise en haut lieu impose le remplacement systématique, dans tout texte réglementaire, de l’expression “vidéo-surveillance” par “vidéo-protection”.

[4[Note de LDH-Toulon] – Pour plus de détails, voir cette page.


Suivre la vie du site  RSS 2.0 | le site national de la LDH | SPIP