« mon mari est détenu à la prison de La Farlède...  »


article de la rubrique prisons > Toulon - La Farlède
date de publication : samedi 5 août 2006
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Chantal Mattei nous écrit :

« Mon mari, Marc Mattei a 55 ans. Il a été condamné à 8 ans de détention. C’est un condamné primaire. Il n’a fait l’objet d’aucun rapport en détention. Il a été admis en juin 2005 au Certificat de formation générale (CFG) avec de très bonnes notes.

Je suis malade et nous avons un enfant trisomique de 35 ans qui est à ma charge. Depuis qu’il est en détention - il ne lui reste qu’un peu plus d’un an à y passer - mon mari n’a pu bénéficier d’aucune permission de sortie.

Aidez-moi ! »


Chantal Mattei nous a demandé de faire connaître cette situation.

Le cas de son mari, Marc-Marie MATTEI (Ecrou : 842 CD : 336), a déja été évoqué sur ce site : en janvier 2005, il s’était vu refuser la permission d’assister aux obsèques de son père [1].

Marc Mattei a déposé récemment une nouvelle demande de permission de sortie de 5 jours (du 29 juillet au 3 août) à passer chez son épouse, au motif du « maintien des liens familiaux ».

Et cette demande a, une nouvelle fois, été refusée pour les motifs suivants :

  • Attendu que le condamné ne présente pas de garanties suffisantes pour l’ordre public et la sécurité des personnes et/ou celle des biens, compte tenu notamment de son passé pénal,
  • Attendu que la fin de sa peine est encore éloignée,
  • Attendu que le risque d’évasion apparaît significatif,
  • Hébergement par le co-aouteur des faits.

Précisons que le juge de l’application des peines qui a pris cette décision, Monsieur R., a déja fait l’objet de plusieurs protestations de la part des détenus pour sa sévérité qu’ils jugent excessive : une grève des plateaux en octobre 2004, et une pétition
en mai 2005.

Madame Mattei nous a adressé la lettre que vous trouverez ci-dessous en nous demandant de la publier.

Toulon, samedi 22 juillet 2006

Madame, Monsieur,

Faisant suite au refus du Juge de l’application des peines de la Farlède d’attribuer à mon mari une première permission de sortir, je m’adresse à vous pour demander votre aide.

Je commencerai en répondant aux différentes objections mises en avant par le Juge pour justifier son refus.

• Monsieur R. fait état du « passé pénal » de mon mari, or il se trouve qu’il n’avait jamais été condamné auparavant pour quelque raison que ce soit : il n’a aucun antécédent judiciaire.

• Le reliquat qu’il lui reste à effectuer n’est que de 14 mois, sur une peine de 8 ans : sauf à vouloir lui imposer une sortie « sèche » au terme de celle-ci, on voit mal comment l’on peut estimer sa sortie trop éloignée. Il ne me semble pas scandaleux surtout pour un détenu au casier judiciaire vierge (et au vu des textes en vigueur et des pratiques dans les autres CD) d’espérer une permission de sortir à moins d’un an de la date de libération.

• Depuis le début de son incarcération, il a toujours fait preuve de calme et de discipline, dans le respect des personnels et de ses co-détenus. Je pense que le rapport de l’administration pénitentiaire en fait foi. Je ne vois donc pas sur quel élément tangible se base le Juge de l’application des peines pour évoquer un risque d’évasion. D’autant plus que mon état de santé est actuellement précaire.

• Lorsqu’il est fait état d’hébergement par le co-auteur des faits, il s’agit de moi-même, son épouse, qui ai effectivement été incarcérée dans cette affaire, non comme co-auteur puisqu’il n’y a eu aucun fait délictueux, mais comme faisant partie de l’association de malfaiteurs, unique motif de la condamnation. Il est le père de mes enfants, nous sommes mariés depuis 30 ans, nous n’avons aucun motif de divorce et nous comptons bien habiter ensemble de nouveau dans notre foyer, là où est sa place.

Les textes en vigueur insistent sur la nécessité de préparer le détenu à se réinsérer dans la vie active. Quel meilleur moyen que d’autoriser mon mari à passer quelques jours dans sa famille ? Sans parler du bien que cela me ferait de pouvoir le voir ailleurs que dans le cadre anxiogène d’un parloir.

Aidez-moi ! Je ne sais à qui m’adresser pour permettre à mon mari d’obtenir enfin une permission de sortir.

Notes

[1Voir la dernière note de l’article Humaniser la détention”, disait-il.


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