les droits des femmes menacés par une initiative citoyenne européenne


article communiqué de l'AEDH et du REMDH dont la LDH est membre  de la rubrique discriminations > femmes
date de publication : jeudi 17 avril 2014
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La signature par plus de 1,7 millions d’Européens d’une pétition demandant « à l’Union Européenne de ne plus financer la recherche impliquant la destruction d’embryons humains » est un événement important. Il s’inscrit en effet dans le combat des nombreux mouvements de l’extrême droite européenne qui, poussés par les intégristes, veulent remettre en cause le droit à l’IVG. Le collectif Un de nous qui a lancé cette campagne demande en effet à l’UE « de ne plus attribuer de financement européen à certaines organisations non-gouvernementales qui font la promotion de “la santé génésique et sexuelle” (terme neutre pour désigner notamment l’avortement) dans les pays en développement [1] ».

Afin d’alerter l’opinion, l’Association européenne des droits de l’Homme (AEDH) et le Réseau euroméditerranée des droits de l’Homme (REMDH), dont la Ligue des droits de l’Homme est membre, ont publié le 15 avril dernier un communiqué dénonçant ces manœuvres. Il y a urgence d’une mobilisation pour s’opposer à une régression qui mettrait en cause un droit des femmes : les intégristes souhaitent l’adoption d’une directive européenne qui irait dans le sens de la loi votée récemment en Espagne en vue d’interdire l’avortement.


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Manifestation à Toulouse, le 8 janvier 2014, devant le consulat d’Espagne (Rémy Gabalda/AFP)

Communiqué REMDH et AEDH

Les droits des femmes menacés

Bruxelles, le 15 avril 2014 – Conformément à leurs intentions déclarées, les extrêmes-droites européennes passent à l’attaque. En utilisant le mécanisme de l’Initiative citoyenne européenne, sur la base du recueil d’un million de voix pétitionnaires, elles lancent une campagne intitulée « Un de nous » qui vise à convaincre le Parlement et la Commission européenne de supprimer tout financement à la recherche sur l’embryon et à la pratique de l’avortement.

Simultanément, le pape se livre à des déclarations sur la « culture du déchet » des partisans de l’IVG, sur le droit des médecins à l’objection de conscience, et défend « la vie à naître » au nom des « droits humains ». Il se situe ainsi dans la droite ligne de ses prédécesseurs et dans la tradition ultra-conservatrice de l’Église, et apporte un soutien de poids aux mouvements pro-life.

Il est urgent que se mobilisent les parlementaires, les ONG, les citoyennes et les citoyens européens pour éviter ce qui serait un très grave retour en arrière pour la santé des femmes, pour la maîtrise de la fécondité, pour la liberté de chacune et de chacun de décider de sa vie.

Nous défendons les droits de l’Homme et les droits des femmes contre l’obscurantisme et contre les chasses aux sorcières, insidieuses ou affichées, qui sont en train se lever en Europe.

Audition au Parlement européen
de l’initiative citoyenne européenne Un de nous [2]

Le Parlement européen [a organisé] le jeudi 10 avril une audition de la deuxième initiative citoyenne européenne ayant obtenu un soutien suffisant. Les organisateurs d’ « un de nous » appellent l’Union européenne à instaurer l’interdiction et la suppression du financement des activités impliquant la destruction d’embryons humains.

L’initiative « un de nous » a rassemblé 1 721 626 signatures et a passé le seuil minimum de signatures requises dans 18 États-membres. Cette initiative demande à l’Union européenne d’interdire et de mettre fin au financement des activités qui impliquent la destruction d’embryons humains, en particulier dans les domaines de la recherche, de l’aide au développement et de la santé publique.

L’audition publique, durant laquelle les organisateurs [ont présenté] leurs objectifs aux députés, [a eu] lieu ce jeudi 10 avril de 9h à 12h30. L’audition est organisée conjointement par les commissions du Parlement européen en charge du développement, des affaires juridiques et de l’industrie, de la recherche et de l’énergie, en collaboration avec la commission des pétitions. [...]

Qu’est-ce qu’une initiative citoyenne européenne ?

L’initiative citoyenne permet à un million de citoyens d’au moins un quart des États membres de demander à la Commission européenne de proposer une législation dans les domaines qui relèvent de sa compétence.

Les personnes qui sont à l’origine d’une initiative citoyenne (il doit s’agir d’un comité composé d’au moins sept citoyens de l’Union résidant dans au moins sept États membres différents) disposent d’un an pour réunir le soutien nécessaire à cette initiative. Les signatures qu’elles recueillent devront être authentifiées par les autorités de chaque État membre. Les organisateurs d’initiatives citoyennes participeront à une audition au Parlement européen. La Commission aura trois mois pour examiner les initiatives et y réagir.

La première initiative citoyenne européenne a avoir récolté le soutien suffisant est “l’eau, un droit humain”. Cette initiative vise à défendre un accès universel à l’eau potable et à l’assainissement et s’oppose à la libéralisation des services de l’eau. L’audition de cette initiative a eu lieu au Parlement européen le 17 février 2014.


Compléments


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