le souvenir de Louis Mendy et l’exigence de justice pour les proches


article de la rubrique justice - police > violences policières
date de publication : vendredi 6 mai 2011
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Mardi 3 mai 2011, en fin de journée, une cinquantaine de parents et d’amis est venue rendre hommage à la mémoire de Louis Mendy en déposant une gerbe sur le lieu de sa mort, dans le quartier du Pont-du-Las, le 3 mai 2007.

C’est là que la nouvelle s’est répandue : la cour d’appel a classé le dossier. C’est là également qu’a été décidé le pourvoi en cassation : l’important est de ne pas abandonner.

[Mis en ligne le 5 mai 2011, mis à jour le 6]



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Hommage à Louis Mendy, le 3 mai 2011

Malgré le verdict de la cour d’appel, les proches de Louis Mendy restent mobilisés

[Var-Matin, le 5 mai 2011]


La commémoration annuelle en souvenir de Louis Mendy, abattu par un policier au Pont-du-Las à Toulon, le 3 mai 2007, a réuni sa famille, ses amis et ses proches, mardi, sur les lieux du drame. Dans le calme et la dignité, une gerbe de fleurs a été déposée à proximité de l’endroit précis où Louis Mendy est tombé.

Antoine Niaman, ami intime de la victime, a confirmé à Gilbertine et Hélène Mendy, soeurs du défunt, l’intention d’aller jusqu’au bout des procédures judiciaires malgré la lenteur de celles-ci.

« En cassation »

Le verdict de la cour d’appel d’Aix-en-Provence sur la mise en examen du policier a été rendu hier : la cour d’appel ayant classé sans suite le dossier, la famille Mendy a donc décidé de se pourvoir en cassation. « Il faut continuer, souligne Antoine Niaman. Aller en cassation, puis au tribunal européen s’il le faut. L’important est de montrer aux enfants de Louis et à tous les citoyens qu’il ne faut pas abandonner. En raison des longueurs de la justice, certaines familles de victimes se découragent. Ce découragement vient aussi de l’argent investi auprès des avocats. Toutes les familles n’en ont pas les moyens. En ce qui concerne Louis, les comités et collectifs de soutien, de même que le monde du football (Louis Mendy était entraîneur de football Ndlr) est toujours prêt à apporter les fonds nécessaires pour que justice soit faite. »

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A la surprise générale, la Cour d’appel d’Aix prononce un non-lieu en faveur du policier

Tout droit vers la cassation

par Jean-François Sicurani, La Marseillaise, le 6 mai 2011


Mardi soir quartier du Pont-du-Las à Toulon, hommage était rendu, quatre ans après les faits, à Louis Mendy, cet éducateur de football unanimement apprécié, abattu le 3 mai 2007 par un policier de la Brigade anticriminalité (La Marseillaise du 4 mai 2011). Un peu plus d’un an après la mise en examen de ce fonctionnaire par la Cour d’appel d’Aix-en-Provence, la thèse de la légitime défense pour autrui n’ayant pas été retenue par les magistrats, famille et amis attendaient beaucoup ce mercredi du rendu de justice devant statuer sur ce dossier.

Contre toute attente, la Cour d’appel a prononcé un non-lieu pour le policier. Une nouvelle fraîchement accueillie par les proches qui ont d’ores et déjà décidé de se pourvoir en cassation : « C’est dur c’est long mais il faut se battre et on continue », disait hier Joachim, cousin de Louis Mendy avant d’ajouter : « Ce que j’espère, c’est qu’au bout du compte, justice soit faite ».

L’avocat de la famille, Me Jean-Claude Guidicelli, s’avouait quant à lui « atterré par cette décision ». « C’est un dossier sous haute influence. La chambre d’instruction avait pourtant demandé la mise en examen car le geste du policier était totalement disproportionné par rapport au danger. Il n’y avait pas de péril imminent, le policier aurait dû viser les jambes et non la tête. Quant à la trajectoire procédurale, on reste pantois. Le Parquet de Toulon avait déjà traîné des pieds. Il avait fallu attendre un an ... »

Dans un délai de cinq jours, la famille se pourvoira en cassation. L’étude du dossier prendra entre six mois et un an. Hier, Me Guidicelli tenait avant tout à saluer le calme et la dignité d’une famille qui a toujours eu à coeur d’apaiser les tensions, et elles furent évidemment nombreuses.
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