le plan prison de Nicole Belloubet ne passe pas


article de la rubrique prisons > état des prisons
date de publication : jeudi 27 septembre 2018
version imprimable : imprimer


« On peut juger du degré de civilisation d’une société en entrant dans ses prisons » [Dostoïevski]


mercredi 26 septembre 2018 : Nicole Belloubet peine à convaincre des bienfaits de sa loi sur la surpopulation carcérale. La garde des Sceaux affirme devant les sénateurs ne pas avoir abandonné son plan de 15.000 places de prison. Elle peine à convaincre des bienfaits de sa loi sur la surpopulation carcérale

Philippe Bas, le président de la commission des Lois lui a rappelé que le compte n’y était pas en matière de places de prison promises lors de la campagne présidentielle par Emmanuel Macron. « De 15.000 places de prison, nous sommes passés à 7000. Le plan du président de la République ne sera pas exécuté mais nous sommes tout à fait disposés à écouter celui de Madame Belloubet », a-t-il lancé à la ministre de la justice, un peu mal à l’aise. (...) "Nous avons bien l’intention de lancer un plan complémentaire de 8000 places pour après 2022 », a-t-elle insisté en s’appuyant par ailleurs sur son étude d’impact.

Cette dernière affirme que la réforme des peines envisagée par la prochaine loi sur la justice permettra d’alléger la surpopulation carcérale de 8000 détenus grâce au recours massif au bracelet électronique, à la semi-liberté et au placement extérieur.

Selon les tableaux de l’étude d’impact, le recours à ces modes alternatifs à l’incarcération pour les peines comprises entre un et six mois qui ne doivent plus faire l’objet d’incarcération permettrait d’emblée de faire baisser le nombre de détenus de 6235 détenus. De même, l’étude d’impact prévoit que l’aménagement systématique des peines inférieures à un an et supérieures à 6 mois ferait baisser la surpopulation carcérale de 1800 détenus. (...) la Chancellerie table sur environ 2000 détenus en plus.

« Je ne vois donc pas vraiment comment on fait baisser la population carcérale de 8000 détenus », conclut-il. Seule option réaliste le recours massif au bracelet électronique chaque année en nette augmentation. Encore faudra-t-il se convaincre que son contrôle est réellement efficace." (extraits de Le Figaro, 26/09/2018 [1]


Suivre la vie du site  RSS 2.0 | le site national de la LDH | SPIP