le droit de manifester, défendons le


article de la rubrique libertés > censure
date de publication : jeudi 2 mai 2019
version imprimable : imprimer


46 organisations se mobilisent pour défendre le droit de manifester. Des Gilets jaunes blessés par les forces de l’ordre appellent à manifester le 26 mai. Les journalistes dénoncent la répression qui les vise.


02/05/2019 : "Journalistes en garde à vue" - La SNJ, la SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes dénoncent les atteintes à la liberté d’informer en France, et demandent des "rendez-vous urgents" à Macron et Philippe. [1]

28/04/2019 : "Mutilés pour l’exemple" - Des Gilets jaunes blessés par les forces de l’ordre se constituent en collectif et appellent à une manifestation nationale le 26 mai. Ils espèrent combattre "l’ultra-violence de la répression" du mouvement et faire interdire "l’utilisation des lanceurs de balles de défense".

La liberté de manifester est un droit essentiel en démocratie. Ne laissons pas l’arbitraire remettre en cause la liberté d’exprimer ses opinions dans l’espace public.

Lire la Tribune de Michel Tubiana, publiée dans Médiapart le 12 avril 2019 :

"(..) on ne saurait omettre une institution judiciaire qui use de la garde à vue comme moyen d’écarter des manifestants, juge à tour de bras en même temps que les enquêtes sur les violences policières piétinent ou n’existent que grâce à des témoins courageux, alors que certains tentent de les étouffer au prix, parfois, de mensonges éhontés.

Dans un contexte où l’équilibre des pouvoirs a été lourdement déséquilibré au profit de l’exécutif et de ses représentants, ces restrictions au droit de manifester s’inscrivent dans un processus où les formes de la démocratie se substituent au fond de celle-ci." (extraits de la Tribune de Michel TUBIANA) [2]

Loi "anticasseurs" : un député centriste dénonce un retour au "régime de Vichy"

"Alors que l’Assemblée nationale a donné, mercredi soir, son feu vert à la possibilité pour les préfets de prononcer des interdictions de manifester, disposition clé de la proposition de loi "anticasseurs", le débat dans l’Hémicycle a fait des vagues. Et c’est un élu centriste, le député de la Marne Charles de Courson qui a mené la charge la plus déterminée contre le texte : "On se croit revenu sous le régime de Vichy", s’est-il indigné, suscitant de vives protestations de ses collègues. "C’est une pure folie" "Oui, oui, je dis bien le régime de Vichy. Vous êtes présumé par votre attitude être résistant, alors on vous entaule… Mais où sommes-nous, mes chers collègues ? Il faut absolument voter les amendements de suppression", a continué l’élu.

Et Charles de Courson, fils et petit-fils de résistants, de prévenir l’Assemblée nationale : "Le jour où vous aurez un autre gouvernement, vous verrez ! Quand vous serez dans l’opposition, avec une droite extrême au pouvoir, vous verrez mes chers collègues ! Alors c’est une pure folie que de voter ce texte." [3] (L’Obs 31 janvier 2019)

Liberté de manifester : abrogation de la loi

"Si la loi est votée par le Parlement au nom du peuple français, elle ne peut et elle ne doit pas porter atteinte à la libre expression du peuple. La loi adoptée par l’Assemblée nationale qui prétend encadrer le droit de manifester reste, malgré la censure partielle du Conseil constitutionnel, une atteinte grave aux libertés publiques et à l’équilibre des pouvoirs.

Les violences contre les personnes, les biens, les institutions qui ont eu lieu ne peuvent justifier qu’un exécutif s’arroge des pouvoirs exorbitants. Participer à une manifestation ne saurait signifier le risque pour chacun et chacune d’entre nous d’être poursuivi, fiché et condamné pénalement comme financièrement.

Soumettre les participants et les participantes à une manifestation à une fouille systématique, faire d’un visage en partie couvert un délit, persister dans l’usage d’armes qui mutilent, voici l’esprit et la lettre de mesures qui sont autant d’empêchements à l’exercice d’un droit essentiel en démocratie : celui de manifester publiquement, collectivement et pacifiquement son opinion.

Cette loi de circonstance porte un lourd risque d’arbitraire des gouvernements d’aujourd’hui comme de demain, nous en demandons l’abrogation. C’est pourquoi nous appelons à manifester partout en France le samedi 13 avril 2019."

Paris, le 8 avril 2019


Suivre la vie du site  RSS 2.0 | le site national de la LDH | SPIP