le droit à l’avortement n’est pas une tolérance


article appel cosigné par la LDH  de la rubrique discriminations > femmes
date de publication : lundi 27 janvier 2014
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L’Assemblée nationale a adopté, mardi 21 janvier 2014, la suppression d’un article de la loi Veil de 1975 prévoyant une notion de « détresse » pour les femmes demandant une interruption volontaire de grossesse (IVG).

De nombreuses députées ont souligné que l’IVG n’est « jamais un acte banal ». Une partie de la droite s’est opposée à cette mesure et a défendu un amendement prévoyant le déremboursement de l’acte – amendement rejeté par l’Assemblée. En citant l’Espagne comme contre-exemple, la gauche a défendu le droit des femmes à disposer librement de leur corps et dénoncé tout diktat d’« ordre moral » et toute tentation de « retour en arrière » à un temps d’« aiguilles à tricoter » et de « faiseuses d’anges ». La ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem a notamment souligné que « l’IVG est un droit à part entière et pas une simple tolérance assortie de conditions ».

Une grande manifestation est organisée à Madrid le 1er février prochain pour protester contre les décisions du gouvernement Rajoy. De nombreux rassemblements de soutien à cette manifestation sont prévus le même jour en France.

Rassemblements : samedi 1er février
- PARIS à 14 h, Place Joffre (jusqu’à l’Ambassade d’Espagne)
- MARSEILLE à 15 h, métro Vieux-Port
- NICE à 14 h, devant le consulat d’Espagne, 4 bd Jean Jaurès

[Mis en ligne le 23 janvier 2014, mis à jour le 27]



Appel cosigné par la LDH

Non à la régression des droits des femmes en Espagne et ailleurs !

La liberté face à l’obscurantisme !
2014 : pour nos droits, pour nos choix !

Manifestation le samedi 1er février, à 14 heures, à Paris, en soutien aux femmes espagnoles


20 décembre 2013, le gouvernement espagnol Rajoy veut annuler la loi autorisant l’avortement, rappelant les sombres heures du franquisme.

Il revient sur la loi obtenue en 2010 qui légalisait l’avortement jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée (22 pour raison médicale) au mépris des recommandations des textes internationaux de l’Organisation Mondiale de la Santé et de l’Organisation des Nations Unies.

Renouant avec des pratiques qui dénient la liberté de choix aux femmes, au mépris des droits humains fondamentaux, il annonce clairement son projet de société : maintenir les femmes dans un statut social étroit et de soumission.

Cette attaque du gouvernement espagnol s’inscrit dans l’offensive européenne des opposants aux droits des femmes comme l’a illustré en décembre 2013 le rejet du rapport Estrela par le parlement européen (rapport sur la santé et les droits reproductifs, traitant de l’accès aux contraceptifs et à l’avortement, de la procréation médicalement assistée, de l’éducation sexuelle et de la liberté de conscience). Ce rapport proposait que l’avortement soit de la compétence de l’Union européenne encourageant ainsi tous les états membres à l’autoriser. Ce refus d’accepter le droit des femmes à disposer de leur corps, cette persistance à les considérer comme des sous citoyennes incapables de décider par elles-mêmes désigne l’enjeu : quelle société voulons-nous ?

Le combat des femmes, des forces démocratiques et associatives espagnoles pour ce droit fondamental est le nôtre, et nous le soutiendrons ici et ailleurs, car il est le combat de celles et ceux qui veulent l’égalité entre les femmes et les hommes.

Il rejoint les luttes que nous avons menées et que nous continuons à mener dans notre pays. Car si le droit à l’avortement est bien inscrit dans la loi française, la concrétisation du droit à travers des centres d’avortement nombreux, permettant un accueil et des soins de qualité, n’est toujours pas assurée de manière satisfaisante dans toutes les régions.

C’est aussi un soutien à toutes les femmes obligées de se rendre dans une autre région ou dans un autre pays parce que là où elles vivent l’accès à l’ avortement est difficile, voire interdit.

Nous appelons à :

  • lutter pour une Europe où toutes les femmes pourraient disposer librement de leur corps sans contrainte étatique et religieuse et qui intègre ces droits à la charte européenne des droits fondamentaux
  • soutenir le combat des femmes espagnoles pour conserver l’acquis qu’elles ont gagné de haute lutte

Les féministes espagnoles organisent une manifestation à Madrid le 1er février

Mobilisons-nous pour les soutenir.
Manifestons ensemble le 1er février :
non à l’ordre moral qui veut gérer nos vies,
oui à nos droits, tous nos droits et la liberté de choix d’avoir un enfant ou non.

Femmes d’Espagne, de France et d’ailleurs, unies dans le même combat !


Premiers signataires

ANCIC, CADAC, Collectif Tenon XXe, Planning familial confédéral
40 ans de mouvement, APEL-Egalité, Association Droits des Femmes XXe, Association Nationale des Études Féministes, Association Nationale Sages-Femmes Orthogénistes, Attac, CAP 21 (citoyenneté action participation pour 21e siècle), CGT, CNAFAL, Collectif 8 mars pour touTes, Collectif Oui oui oui, Collectif National pour les Droits des Femmes, Collectif de Pratique et de Réflexion Féministe Rupture, Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes,
Coordination lesbienne en France, Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, « DEMAIN LES FEMMES » (sud77), Encore Féministes, Ensemble
Elu/es Contre les Violences faites aux Femmes, FASTI, Femm’Ecolos, Femmes pour le Dire Femmes pour Agir, Fédération Régionale d’IDF du Planning Familial, Féminisme enjeux Théâtre de l’opprimé, Féminisme et géopolitique, Féministes pour une Autre Europe, FièrEs, Fondation Copernic, Gauche unitaire, Inter LGBT, Izquierda Anticapitalista (Espagne), Jeunes écologistes,
Le Long YangClub-Paris, Les efFRONTé-e-s, Lesbiennes of color (LOCS), LGBT Formation Avignon, Ligue des droits de l’Homme, Ligue du droit international de Femmes, Maison des Femmes de Montreuil, Maison des Femmes de Paris, Marche Mondiale des Femmes France, Marea Granate Paris, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Osez le Féminisme, Parti Communiste Français, Parti de Gauche, Parti Socialiste, Regards de femmes, Réseau Féministe Rupture,
Réseau de Jeunes Féministes d’Europe (MMF), Solidarité féministe, Syndicat général des lycéens,
UFAL (Union des Famille Laïques), Union Syndicale Solidaires,



Les derniers chiffres
 [1]

Selon les données publiées le 21 juin par l’Institut national d’études démographiques (INED), 222 500 IVG ont été réalisées en France en 2011, dont 209 300 en métropole. Le nombre d’IVG a légèrement augmenté entre le milieu des années 1990 et 2006, avant de se stabiliser autour de 210 000 IVG par an. Dans les départements d’outre-mer (DOM), le nombre d’IVG, stable depuis 1996, se situe aux environs des 13 000 par an.

En 2011, on dénombre 15 IVG pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans. C’est parmi les femmes de 20 à 24 ans que les IVG sont les plus fréquentes : elles concernent 27 femmes pour 1 000 en métropole et 50 pour 1 000 dans les DOM. Après une franche augmentation du nombre d’IVG chez cette catégorie de femmes, une légère baisse observée depuis le milieu des années 2000 se confirme en 2011.

La part des IVG médicamenteuses continue d’augmenter. Elle atteint, en métropole, 55 % de l’ensemble des IVG.

Le nombre d’IVG ne s’explique pas par un défaut de méthode contraceptive, y compris chez les plus jeunes : en 2010, 91 % des Françaises sexuellement actives déclarent employer une méthode contraceptive en 2010.

Les données provisoires de l’INED indiquent que le nombre d’IVG n’a pas augmenté au cours des derniers mois de 2012.

Elvire Camus


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Les indégivrables de Xavier Gorce se sont opposés ...

Notes

[1Extrait de « L’IVG en cinq questions », Le Monde.fr 20.01.2014


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