le centre de vidéo-surveillance urbaine de Toulon sera opérationnel avant les élections


article de la rubrique Big Brother > vidéosurveillance
date de publication : jeudi 26 novembre 2009
version imprimable : imprimer


A quelques mois des élections régionales de mars prochain, Nicolas Sarkozy a effectué le 24 novembre 2009 un déplacement en Ile-de-France sur le thème de la sécurité. Sans jamais préciser aucun résultat chiffré, il a vanté sa politique en matière de sécurité, insistant sur la vidéo-surveillance rebaptisée « vidéo-protection ». Ce déplacement lui a donné l’occasion de visiter le Centre de supervision du dispositif de vidéo-protection d’Epinay-sur-Seine.

Toulon bénéficiera bientôt d’un « centre de supervision urbaine » analogue. Si l’efficacité de la vidéo-surveillance est fortement contestée en matière de sécurité publique – y compris par les Anglais qui disposent d’une longue expérience en la matière [1] –, son développement possède une efficacité électorale reconnue : il permet de rassurer l’électorat en montrant que son sentiment d’insécurité est pris en compte.


JPEG - 33.8 ko
Nicolas Sarkozy en déplacement à Epinay-sur-Seine le 24 novembre 2009 (Photo : Reuters)

Vidéo-surveillance : ce qu’il faut savoir

L’Etat y incite fortement les collectivités territoriales par une aide financière. Il prétend que son efficacité est garantie et il sait que certains maires sont tentés par un équipement immédiatement visible qui produit donc un effet d’affichage, et qui contribue à rassurer une partie des habitants.

Pourtant, force est de rappeler deux choses. Malgré l’aide de départ de l’Etat, un système réellement important de vidéo-surveillance coûte très cher à une municipalité (davantage en embauche de personnel qu’en achat et en maintenance du système technique), ce qui signifie que pour la financer, on abandonnera d’autres actions de prévention et de médiation. Et toutes les évaluations scientifiques indépendantes relativisent grandement (pour ne pas dire plus) l’impact durable de la vidéo-surveillance, tant au plan préventif que répressif. Dès lors, est-il responsable de s’y lancer à corps perdu au moment même où nos voisins anglais en reviennent avec quelque amertume ?

Laurent Mucchielli
La Gazette des communes, 16 novembre 2009 [2]


A Toulon, les emplacements des caméras et la décision de la municipalité de mettre en place un centre de vidéo-surveillance urbaine sont connus. La section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme s’en est émue [3], mais la municipalité poursuit la mise en place de ce réseau de surveillance des Toulonnais.

JPEG - 13.7 ko
Toulon : caméra à l’angle du Cours Lafayette et de la place Hubac.

Toulon : Les caméras de la ville bientôt reliées à un centre unique

par MA. D., Var Matin, 24 novembre 2009


JPEG - 19.3 ko
30 caméras de surveillance dans les rues de Toulon. A partir de décembre, leurs images pourront être visionnées 24 h/24. (Photo Richard Barsotti)

Donc déjà, a priori, les documents officiels attestent qu’on ne dit plus « vidéo-surveillance » mais « vidéo-protection »... C’est ainsi : depuis 2003 et l’apparition des premières caméras dans les rues toulonnaises, les pouvoirs publics ont tout fait pour que, progressivement, l’objet devienne un mobilier urbain comme les autres.

Lorsqu’installation de nouveau matériel il y a, les mesures ne font même plus débat en conseil municipal. Le vocabulaire s’est policé ; les opposants se sont lassés. Ou, peut-être, se sont-ils laissés convaincre malgré une efficacité de résultat toujours discutée.

Prévue pour l’été prochain, l’installation d’un « centre de surveillance urbaine » à Toulon, ou plutôt d’un « centre de supervision urbaine » (CSU), ne fait pas plus de bruit. Les travaux viennent de démarrer dans le bâtiment de la police municipale, place Pasteur. Et il n’y a guère, à Toulon, que la Ligue des droits de l’Homme pour s’en offusquer.

Video-surveillance et images de voirie réunies

Késako un CSU ? Un PC où les images des caméras de video-surveillance et celles de voirie (circulation, accès de zone piétonne) seront centralisées. « Les moyens internes de la ville seront mutualisés », explique-t-on en mairie.

Jusqu’à présent, les caméras de voirie sont reliées à l’hôtel de ville. Seules les trente caméras de surveillance - quinze dans le centre et quinze au Mourillon - sont déjà gérées à la police municipale. L’an prochain, il n’y aura donc plus qu’un seul centre névralgique de l’image : le bâtiment de la PM.

Une autre nouveauté interviendra dès la mi-décembre cette fois. La police nationale va être raccordée par fibres optiques
 [4] à la police municipale. Elle aura alors accès 24h/24 à ladite video-surveillance.

Ce que ça va changer ? Jusqu’alors les images n’étaient pas traitées en direct car il n’y avait pas de personnel, après 20 h, pour regarder l’écran. Et quand la police souhaitait vérifier une information, elle devait passer par la PM, au petit matin, pour le faire.

Désormais, plus besoin d’apporter les croissants aux collègues. Elle pourra intervenir en temps réel après avoir chargé des équipes de « scotcher devant la télé » toute la nuit. L’enregistrement, lui, se fera toujours à la police municipale. Rappelons qu’au-delà de trente jours, la loi oblige à détruire les bandes. Enfin, début 2010, seront également mises en service quatre nouvelles caméras de vidéo-surveillance. Pardon : de « video-protection ».

Notes

[1Voir cette page.

[2L’entretien dans son intégralité : http://www.laurent-mucchielli.org/p....

[3Voir l’édition varoise du journal télévisé de France 3 le 25 novembre 2009 : http://sdmc-ext1.francetv.fr/intern....

[4Conformément à la convention de partenariat quinquennale entre la ville et L’État. À Sanary, un CSU a été inauguré cet été : voir cette page.


Suivre la vie du site  RSS 2.0 | le site national de la LDH | SPIP