la prison n’effraye pas les apaches


article de la rubrique peine de mort > en France
date de publication : samedi 13 août 2005
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La prison n’effraye pas les apaches.
La guillotine les épouvante.

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Supplément illustré du Petit Journal du 19 juillet 1908.

Non, la prison n’effraye pas les apaches, surtout la prison telle que l’a faite la philanthropie saugrenue de nos humanitaires. Les condamnés, au lieu du châtiment qu’ils méritent, y trouvent l’hygiène, le bien-être, le calme et le repos que tant de braves gens, ne connaîtront jamais, même après toute une vie de travail et de probité. Aussi, la perspective d’une villégiature à Fresnes, ou même en quelque autre maison centrale, n’est-elle pas pour arrêter les jeunes malandrins sur la pente du crime. Il en est tout autrement de la peine capitale. Ses adversaires eux-même reconnaissent qu’elle est la seule que redoutent les criminels. L’un de ces abolitionnistes déclarait, il y a quelque temps encore au Parlement, que "la condamnation capitale est exemplaire en elle-même, que la crainte de l’ échafaud retient jusqu’à la dernière minute les pires malfaiteurs et que le condamné le plus farouche espère, jusqu’à la dernière seconde, qu’il lui sera fait grâce de la vie". Un autre disait : "Si la peine de mort n’est pas moralisatrice, du moins elle arrête bien des criminels à temps. Ils ont la terreur de l’échafaud. C’est une joie délirante qu’ils manifestent lorsqu’on leur apprend que leur peine est commuée. On l’a toujours constaté..." Et il ajoutait : "Tenez, je me rappelle avoir vu un assassin, à qui l’on annonçait sa grâce, danser de joie en criant : “Elle tient, ma tête !... Elle tient bien, ils ne l’ auront pas !” "

Au surplus, l’accroissement formidable de la criminalité, depuis que la peine de mort est supprimée en fait, prouve suffisamment que les assassins ne craignent que la guillotine et ne redoutent ni le bagne ni la prison. La peine capitale maintenue dans le Code, et l’usage très modéré du droit de grâce par le Président de la République, seraient donc les conditions indispensables pour réfréner dorénavant l’audace des criminels.

Le Petit Journal du 19 Juillet 1908


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