la détresse de Wafa Saafi face à l’indifférence de l’administration


article de la rubrique les étrangers > à la préfecture du Var
date de publication : mercredi 29 juin 2011
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Le Préfet du Var n’est pas revenu sur sa décision. Ce matin, mercredi 29 juin, Lassad Saafi s’est présenté vers 9 heures au groupement autoroutier de la Gendarmerie du Luc qui l’a remis à la Police aux frontières en vue de sa reconduite en Italie.

Sa femme et leurs trois enfants étaient venus l’accompagner, ainsi qu’une dizaine de personnes qui n’ont pu cacher leur tristesse mêlée de révolte devant l’inhumanité de la situation.

La famille Saafi adresse un grand merci à tous ceux qui se sont mobilisés, toutes les personnes qui ont signé des pétitions – ces signatures auront leur utilité. Wafa Saafi est décidée à se battre pour que son mari revienne en France : ses enfants sont nés en France, il a le droit d’être auprès d’eux. Le Réseau éducation sans frontières (RESF) et la Ligue des droits de l’Homme (LDH) continueront à les soutenir.

[Mis en ligne le 25 juin 2011, revu et complété le 29]



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Lassad SAAFI doit pouvoir vivre en France avec ses enfants !

Un père de famille tunisien, Lassad Saafi, âgé de 32 ans, demeurant à Draguignan, a été arrêté suite à un contrôle routier le 15 juin 2011. Placé en rétention à Marseille, puis assigné à résidence par décision de la Cour d’Appel d’Aix le 20 juin, il devait être reconduit vers l’Italie ce mercredi 29 juin.
Il est père de trois enfants nés en France : Amani (5 ans) scolarisée à l’Ecole Jean-Jaurés, Mohamed (2 ans) et Dorsaf âgée de 6 mois.

Sa femme, Wafa Saafi (née Boukhobna) vit en France depuis le 2 août 1993. Elle a une carte de séjour de 10 ans. Sa famille – père, mère et frères – vit également en France.
Lassad et Wafa se sont mariés en 2004. En novembre 2009, Lassad a rejoint sa femme, et en 2010 il a déposé une demande de titre de séjour. Cette demande a été refusée par un courrier du 26 juin 2010 accompagné d’une OQTF (Obligation de quitter le territoire français).

Ce courrier lui a été adressé à leur ancien logement qu’ils avaient dû quitter dans l’urgence, dix jours auparavant, à la suite des inondations au cours desquelles ils ont perdu une partie de leurs papiers. Ils n’ont évidemment pas pu répondre à ce courrier.
Ils ont été successivement hébergés en différents lieux sur Draguignan, avant de trouver un logement par leurs propres moyens sans l’aide des services sociaux, faute de disposer des papiers requis. Ils sont actuellement logés dans 30 m² (location chez un particulier pour 400 euros par mois).

Au cours des cérémonies d’anniversaire des inondations de Draguignan, le 15 juin dernier, Wafa Saafi avait réussi à rencontrer le préfet du Var qui lui avait promis d’étudier son dossier – elle est sans nouvelles à ce jour.

Des parents d’élèves, enseignants, citoyens et amis, ont demandé l’annulation de cette OQTF et la délivrance d’un titre de séjour « Vie privée et familiale » (VPF) pour Lassad Saafi. Le réseau RESF et la LDH sont intervenus en préfecture ...

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Chez les Saafi (photo Var-Matin)

Lassad Saafi sans doute expulsé aujourd’hui

J. J., Var-Matin (éd de Draguignan), 29 juin 2011


Malgré un recours gracieux et l’intervention commune de la Ligue des droits de l’homme et du Réseau d’éducation sans frontières effectuée lundi en préfecture, Lassad Saafi devrait être conduit, par la gendarmerie, à la frontière italienne ce matin.

Possesseur d’une carte de séjour italienne, ce Tunisien de 32 ans, domicilié à Draguignan avec sa famille, avait fait l’objet d’une procédure d’expulsion après un contrôle de la route opéré le 15 juin dernier.

Père de trois enfants nés en France

Lors des commémorations des inondations, Waafa, son épouse, accompagnée de ses trois enfants en bas âges nés en France, avait publiquement interpellé les autorités pour réclamer la libération de son mari, placé en centre de rétention à Marseille. Et solliciter l’obtention d’un logement décent pour sa famille (nos éditions des 16 et 28 juin).

Hier, l’émotion était vive au foyer Saafi. « Personne ne nous a écoutés. Le préfet ne nous a pas aidés, déplorait Waafa. La préfecture a dit qu’elle nous avait octroyé des logements que nous avons refusés. Ce n’est pas vrai. Seul le CCAS de Draguignan et Var habitat nous ont proposé des appartements.
Mon mari étant sans papiers, nos candidatures n’ont pas été retenues. Depuis nous occupons un appartement de 30 m2 dans la vieille ville. Mon mari va partir et nous allons vivre un enfer.
 »

« Mais je vais me battre pour qu’il revienne en France. Ses enfants sont nés en France, il a le droit d’être auprès d’eux. »

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A la Une de La Marseillaise : le 15 juin dernier, Ouafa Saadi interpellait le préfet du Var Paul Mourier pour le sensibiliser à sa situation. Depuis, pas de nouvelle.

Rescapé des inondations, attendu au peloton d’expulsion

par Romain Alcaraz, La Marseillaise, le 28 juin 2011


Les associations se mobilisent pour Lasaad Saafi qui doit se rendre demain au poste autoroutier de la gendarmerie du Luc, direction l’Italie.

En juin 2010, la Dracénie a été touchée de plein fouet par la catastrophe naturelle que l’on sait. Parmi les innombrables victimes se trouvait la famille Saafi, un couple tunisien avec trois enfants. Pile un an plus tard, Lasaad, le père de famille, est arrêté suite à un contrôle routier. Il ne possède pas de carte de séjour valable, et est donc placé en centre de rétention à Marseille Un peu plus tard, cette même journée, lors de la cérémonie commémorative des inondations, sa femme, Ouafa, bouleversée, bouscule le protocole en interpellant Paul Mourier, préfet du Var. Ce dernier lui promet d’étudier son cas.

Du côté de la préfecture, il est indiqué que la demande de Ouafa Saafi ne concernait alors qu’un problème de logement. Difficile à croire quand on sait que son mari a été interpellé quelques heures plus tôt seulement... En tout cas, du point de vue de l’hébergement, « nous sommes allés au bout de toutes les procédures pour aider cette famille », assure-t-on. Et en e qui concerne la procédure d’Obligation de quitter le territoire français (OQTF) dont fait l’objet Lasaad ? Pas de commentaire.

L’affaire entre les mains du préfet

Des trois enfants des Saafi, l’ainée et scolarisée à l’école Jean-Jaurès, à Draguignan. C’est de là qu’est partie la mobilisation : le directeur de l’école a lui-même organisé un comité de soutien, avant d’afficher une banderole dans l’école. L’association Réseau éducation sans frontières (RESF), ainsi que la Ligue des droits de l’Homme (LDH) se sont également saisies du dossier. Hier, des représentants de ces deux associations ont été reçus en préfecture par une responsable du service des étrangers. « Cette personne nous a reçus très courtoisement, nous a écoutés, avant de confirmer que c’était le préfet qui déciderait », indique François Nadiras (LDH).

Marc Brulé, toujours de la LDH, section dacénoise, confirme le rôle primordial du préfet dans l’affaire : « Aujourd’hui, si Paul Mourier décide d’attribuer un titre de séjour à Lassad, c’est fini, il peut rester en France. » Il poursuit : «  Si Lasaad avait répondu au courrier de la préfecture pour obtenir son titre de séjour ; il l’aurait certainement obtenu. » En effet, même si sa demande avait été rejetée, les arguments pour retourner cette décision ne manquait pas : Lasaad est père de trois enfants tous nés en France, marié en 2004 et vivant en France depuis 2009. Mais voilà, le courrier indiquant le refus de demande de titre de séjour, envoyé le 26 juin 2010, était adressé au logement sinistré, que la famille avait bien évidemment quitté.

Lasaad signe un PV, mais ne sait pas lire le français

Suite à l’intervention peu orthodoxe de Ouafa Saafi, la situation a certes évolué. Mais pas d’une manière franchement significative. Une chose est toutefois positive : Lasaad a été libéré du centre de rétention, et est aujourd’hui astreint à résidence. « C’est sans doute la seule clémence à laquelle il fallait s’attendre du préfet », note Marc Brulé. L’homme raconte la suite des événements : « Quand on est assigné à résidence, il faut “pointer” au commissariat. Et au cours d’une de ces visites, Lasaad a signé un procès-verbal dans lequel il manifeste son accord vis-à-vis de sa réadmission en Italie. » Pourquoi avoir signé ce document ? On ne peut que supposer... « Il ne lit pas le français », indique toutefois Marc Brulé. De là à penser qu’il n’était pas complètement au courant du document qu’il paraphait...

La procédure de reconduite à la frontière est prévue demain [mercredi], avec un rendez-vous au peloton autoroutier de la gendarmerie du Luc à 8h45 auquel Lasaad doit se rendre suite à la signature du PV. Alors le temps presse pour le tissu associatif Françoise Denis, de RESF a porté en compagnie de François Nadiras une demande de recours gracieux. « Il y a aussi des pétitions qui circulent, notamment à l’école, pour aider cette famille qui a tout perdu dans les inondations. » Une lettre ouverte au préfet est également proposée par la LDH. L’association espérait hier que Paul Mourier « saura privilégier l’aspect humain des choses ». Réponse demain.

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Accompagnée de ses trois enfants, Saafi Wafa a exprimé sa douleur à la fin de la remise de médaille.

Le désespoir de Saafi Wafa

[Var-matin, 16 juin 2011]


« Personne ne m’écoute, je ne sais plus comment faire pour m’en sortir ! » Saafi Wafa, jeune mère sans emploi, a laissé éclater sa douleur et son désespoir... Accompagnée par ses trois enfants âgés de 5 ans, 2 ans et 6 mois, cette jeune Tunisienne de 25 ans a interpellé publiquement les autorités qui participaient aux remises de médailles. Calmée par le préfet du Var, Paul Mourier, et la sous-préfète de l’arrondissement de Draguignan, Corinne Orzechowski, Saafi a été conduite dans les salons de la sous-préfecture. Le temps de parler, d’être écoutée et de recevoir l’assurance que le préfet s’occuperait de son cas.

« Mon mari a été arrêté aujourd’hui [hier] au péage du Muy. C’est un Tunisien, il est sans-papiers et a été conduit au centre de rétention de Marseille. J’ai demandé à ce qu’il soit libéré. J’ai aussi été victime des inondations. Il y a un an, j’habitais avec ma famille un appartement dans l’avenue des Anciens combattants d’Afrique du Nord à Draguignan. » Le 15 juin, son logement a été sinistré. Depuis, Saafa et les siens occupent un appartement de 30 m² dans la vieille ville. « C’est trop petit pour cinq personnes. Le préfet a dit qu’il me trouvera autre chose.
Je compte sur lui.
 »

J. J.



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