l’hospitalité n’a pas de frontières


article de la rubrique les étrangers > droit d’asile
date de publication : lundi 21 mai 2018
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Des citoyens et citoyennes européens de tous horizons se sont mobilisés pour apporter leur soutien aux personnes migrantes. Mais aux yeux de nos dirigeants, cette solidarité est un délit. Ce n’est pas l’Europe que nous voulons ! Migration Policy Group lance la toute première Initiative citoyenne européenne (ICE) pour une #EuropeAccueillante. La LDH rejoint la démarche !


Pour une Europe accueillante : [1]

Une ICE est un instrument de démocratie participative à l’échelle européenne. Elle permet à ses organisateurs de pouvoir présenter leur projet d’initiative devant le Parlement européen.

Ainsi, la Commission européenne n’a donc d’autre choix que de répondre à des propositions qui sont trop souvent laissées de côté. Cependant, une telle initiative doit répondre à certains critères : l’ICE doit recueillir un million de signatures provenant d’au moins sept États membres de l’Union européenne.

C’est pourquoi il est nécessaire pour les organisateurs de recueillir des informations personnelles sur les signataires afin que les signatures soient officiellement prises en compte.

*********

L’Europe n’a pas tenu ses engagements, les solidaires sont poursuivis, les identitaires "pourraient" être poursuivis ... Cherchez l’erreur.

11/05/2018 : "Les opérations des militants de Génération identitaire qui avaient bloqué fin avril un col des Hautes-Alpes pour empêcher des migrants de passer en France peuvent être poursuivies par la justice, a rappelé récemment la Chancellerie aux procureurs. (...) (Cf. article 433-12 du code pénal)." [2]

Du côté des mineurs isolés :

"À Menton, la police française est accusée de modifier les dates de naissance des mineurs - Sept associations italiennes ont alerté la Commission européenne et le ministre italien de l’Intérieur lundi 9 avril sur deux cas de mineurs dont les dates de naissance ont été modifiées sur le document de "refus d’entrée", dans le but de les renvoyer en Italie. Les ONG dénoncent une "pratique quotidienne". (...) (in le quotidien britannique The Guardian)." [3]

 [4]

Du côté des solidaires :

"Le 28 avril, une manifestation pro-migrants a réuni environ 200 personnes à Gap alors que les tensions s’exacerbent à la frontière entre la France et l’Italie où des militants d’extrême-droite tentent de bloquer la frontière aux migrants. Ainsi, depuis le 20 avril et une 1ere action au col de l’Échelle, des militants du mouvement « Defend Europe », lié au groupe Génération Identitaire, affirment « veiller à ce qu’aucun clandestin ne puisse rentrer en France  ». Aucune poursuite n’a été engagée à l’encontre de ces militants qui révisent l’espace Schengen à leur convenance."

"Je redis que nous sommes dans l’espace Schengen, que la frontière entre l’Italie et la France est déjà un non-sens et qu’on laisse faire des identitaires est déjà un problème », explique la député européenne Front de Gauche, Marie-Christine Vergiat. [5]

Communiqué du collectif Délinquants solidaires, dont la LDH est membre : "Jusqu’où iront le gouvernement, la police et la justice pour décourager la solidarité ?" [6]

Du côté de l’Europe :

En septembre 2017 (il y a donc 8 mois), la Commission européenne constatait que seuls 28 % de l’objectif de relocalisation et de réinstallation des demandeurs d’asile que l’Europe s’était fixé, étaient atteints. L’Europe s’est donc engagée sur un autre programme.

En 2015, pour faire face à la crise migratoire, la Commission européenne lançait un programme de relocalisation et de réinstallation des demandeurs d’asile, qui a pris fin le 26/09/2017.

Le plan prévoyait de répartir dans les différents Etats membres (et dans d’autres pays volontaires, comme la Suisse ou la Norvège) les demandes de 160 000 migrants en deux ans, en se concentrant sur ceux dont les demandes d’asile sont quasi sûres d’être acceptées, en particulier les Syriens, les Yéménites ou les Erythréens.

Après l’accord avec la Turquie, en mars 2016, qui a diminué très nettement le flux d’arrivées, l’objectif a été réduit à 98 255. Mais le démarrage du programme fut compliqué : en septembre 2016, à peine 5 600 demandeurs d’asile avaient été accueillis dans les divers pays de l’Union européenne.

Alors que le programme arrivait à échéance, la Commission européenne annonçait, en septembre 2017, que 27 695 personnes en avaient bénéficié, en provenance de Grèce (19 244) et d’Italie (8 451), soit à peine 28 % de l’objectif initial.

A la même date, l’envoyé spécial du HCR pour la Méditerranée centrale, Vincent Cochetel, demandait que la France « clarifie au plus tôt » son engagement sur le nombre de réfugiés qu’elle compte aller chercher au Niger et au Tchad, évaluant le nombre de « personnes vulnérables » ayant besoin d’un transfert à « 83 500 au Tchad et 10 500 au Niger ». [7] et [8]

Rendez-vous en octobre 2019 :

Constatant l’échec du programme "des quotas", "la Commission européenne a proposé de créer un nouveau programme pour accueillir 50 000 réfugiés supplémentaires d’ici octobre 2019.

Un budget d’un demi-milliard d’euros a été annoncé pour soutenir les pays européens volontaires pour accueillir ces demandeurs d’asile. Il s’agit toujours d’un programme de réinstallation concernant des personnes éligibles au statut de réfugié, mais qui ne seraient pas encore parvenus en Europe.

Les régions visées sont l’Afrique du Nord et la corne de l’Afrique ; la Commission européenne mentionne expressément la Libye, l’Egypte, le Niger, le Tchad, le Soudan et l’Ethiopie. [9]

P.-S.

(*) : Au col de l’Echelle, 6 solidaires ont été placés en garde à vue, 3 relâchés et 3 placés en détention provisoire à Marseille.
A Briançon, violences policières à l’encontre d’un solidaire attablé à la terrasse d’un bar.


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