"ils nous tuent" (Colombie)


article de la rubrique international > Hors Europe
date de publication : dimanche 6 juin 2021
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Ils manifestent contre un projet de réforme fiscale et meurent sous les tirs des forces de l’ordre. Sous la pression de la rue, le président colombien annonce la création d’une direction des droits de l’homme.


06-06-2021 : "Le président colombien Ivan Duque, sous pression de la rue et de la communauté internationale, a annoncé dimanche une réforme de la police mise en cause pour sa violente répression des manifestations sociales qui secouent le pays depuis fin avril et ont fait plus de 60 morts.

Le chef de l’Etat conservateur a déclaré avoir ordonné la rédaction d’un "décret qui modernisera la structure organisationnelle de la police nationale, avant tout pour consolider la politique (...) en matière de droits humains", lors d’une cérémonie de promotion de policiers à Bogota.

Le président a notamment annoncé la création au sein de la police d’une "direction des droits de l’homme" dirigée par un expert extérieur aux forces de l’ordre." [1]

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AFP, publié le 30 mai 2021 : "La Haute-Commissaire aux Droits de l’Homme de l’ONU a réclamé dimanche une enquête indépendante après les violentes manifestations qui ont fait au moins 13 morts depuis vendredi et entraîné le déploiement de l’armée à Cali en Colombie. "


Alors que la pandémie explose en Colombie, les Colombiens se révoltent contre un projet de réforme fiscale.

"À Bogota, Cali ou Medellín, les sons des sirènes de police se mêlent désormais à ceux des ambulances transportant les malades graves du Covid-19. Depuis la mobilisation, le 28 avril, de dizaines de milliers de Colombiens contre un projet de réforme fiscale du gouvernement, la tension sociale ne cesse de grimper, sur fond de répression accrue. (...)
Les organisations locales de défense des droits humains ont dénombré sept morts lors de cette nuit de violence, dont un enfant de 11 ans tué à Siloé d’un tir de fusil. Un bilan provisoire et non officiel faisait état mardi de plus de 31 morts dans tout le pays dont un officier de la police poignardé à Bogota, 87 manifestants disparus et plus de huit cents civils blessés en six jours de mouvement. Les autorités nationales gardent le silence sur les abus de la police, justifiant l’usage de la force par les actions de vandalisme en marge des manifestations. (...)

Le projet de réforme fiscale qui avait mis le feu aux poudres a été retiré dimanche par le gouvernement. Lundi, Alberto Carrasquilla, le contesté ministre des finances qui en était le père a démissionné. Mais la blessure est là, le malaise social profond." [2]

(Photo "Sur la pancarte « Ils nous tuent » à Bogota le 4 mai 2021. © Juan Barreto/AFP")

"La mobilisation a débuté le 28 avril 2021 contre un projet de réforme fiscale qui, selon ses critiques, affectait la classe moyenne et était inopportun en pleine pandémie de Covid-19.

Le président a retiré ledit projet, promettant un nouveau texte sans les points les plus contestés, tels que la hausse de la TVA et l’élargissement de la base de l’impôt sur le revenu. Le ministre des finances a démissionné. Mais la mobilisation s’organise sous de nouveaux mots d’ordre contre la politique de M. Duque, dont le mandat de cinq ans s’achèvera en août 2022. L’ONU, l’Union européenne, les Etats-Unis et des organisations de défense des droits humains ont dénoncé un usage disproportionné de la force par la police." [3]


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