génocide arménien, que sait-on ?


article de la rubrique démocratie > coups de gueule
date de publication : lundi 2 octobre 2017
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La pétition lancée en faveur de Pinar Selek a déjà recueilli près de 9.000 signatures​ ; il est important que le seuil des 10.000 signatures soit atteint et dépassé. Nice-Matin publie un article sur Mme SELEK : "La France a gagné une citoyenne engagée" (02/10/2017) [1]


" Que sait-on réellement du génocide arménien ? Pinar Selek, d’origine turque, se souvient de conversations d’adultes dénigrant les Arméniens, de ses camarades craintives, des discours d’état proclamant la supériorité nationale. Une grande claque !" [2]

IN MEMORIAM

Alors que Pinar Selek vient d’obtenir la nationalité française, plusieurs membres de la section de Nice souhaitent évoquer la mémoire de Nebi Yildizturan, archéologue turc, torturé dans les prisons de la dictature militaire turque, marqué définitivement par les séquelles physiques de la torture, évadé de Turquie, pris en charge par un groupe Amnesty de Seine-et-Marne à son arrivée en France en 1989, sous le statut de réfugié.

Plus tard, nous avons aidé Nebi à trouver sa place dans notre département, en dépit du lourd handicap physique dont il était affecté à la suite des tortures subies ; nous gardons un souvenir ému de la petite cérémonie "béret, camembert, litron de rouge" à l’occasion de son acquisition de la nationalité française.

En dépit de tout ce qu’il avait subi, Nebi était un homme d’une grande douceur, un esprit fin et conciliateur, un homme ouvert, un véritable européen. Trop tôt décédé à Paris en 2009, entouré de ses amis.

L’universitaire turque Pinar Selek, en exil depuis 2009, continue à être harcelée par la « justice » de son pays. Elle parle ici du système Erdogan et du prochain référendum visant à présidentialiser le régime et à remettre en cause les droits sociaux.

Comment expliquer un tel acharnement de la « justice » turque à votre égard ?

"Depuis longtemps, ceux qui, en Turquie, contestent et franchissent des lignes rouges ont été emprisonnés, ont été tués ou ont dû s’exiler. Mon enfance s’est passée devant les prisons. Mon père s’y trouvait. Quand j’étais moi-même emprisonnée après 1998, il y avait 45 000 prisonniers politiques en Turquie.

Depuis le génocide des Arméniens, depuis la construction de l’État turc basée sur la violence, la peur règne. C’est un système autoritaire depuis longtemps. De temps en temps, il y a des ouvertures mais il ne s’agit pas de transformations structurelles, donc quand on continue à lutter, on subit la même répression. Mon cas est spécifique parce que je suis seule dans cet acharnement. Je ne suis pas incluse dans des groupes comme les journalistes ou les universitaires. Je suis en plus accusée de crimes très graves qui sont faux.

On a voulu faire de moi un exemple, une terroriste. Mais il y a toujours eu une grande mobilisation autour de moi, qui continue encore aujourd’hui. En une semaine, par exemple, 200 avocats se sont occupés de mon dossier. J’ai toujours été acquittée car il n’y a rien, aucune preuve. Mais l’État ne veut pas perdre contre moi. En plus je suis une femme, une féministe. Qui parle de la sexualité, de choses horribles pour eux. Je suis aussi très ferme sur le génocide arménien et je continue à écrire. Ça ne leur plaît pas." (extraits de : [3]

P.-S.

Signez, faites signer et diffusez : [4]


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