en 1965, deux jeunes dévoyés en vacances ...


article de la rubrique Big Brother > le fichage des jeunes
date de publication : jeudi 3 décembre 2009
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Dans une contribution au débat sur l’insécurité, le site toulonnais bien connu Cuverville reprend une information parue dans l’édition du 11 novembre 1965 du Petit Varois... C’était il y a 44 ans. Deux jeunes étudiants [1], mineurs au moment des faits, en vacances sur la côte, s’étaient laissés aller à commettre des actes punis par la loi...

L’un des deux était de retour dans le Var il y a quelques jours. Membre d’un parti qui prône la tolérance zéro et la plus extrême fermeté envers les délinquants, il est aujourd’hui ministre chargé de la mise en œuvre du plan de relance. Il accompagnait le président de la République venu à la Seyne-sur-Mer faire le point sur la crise économique...

Espérons que le rappel de cette histoire – outre qu’il redonnera peut-être espoir à quelques jeunes dévoyés qui vivent dans les quartiers – tempèrera un peu le zèle de ceux qui, par des déclarations souvent outrancières, poussent à un nouveau durcissement de la politique pénale envers la jeunesse.


En correctionnelle : deux jeunes dévoyés en vacances à la Croix Valmer avaient essoufflé la police...

[Le petit Varois, le 11 novembre 1965]


Un an de prison avec sursis et trois de mise à l’épreuve pour chacun d’eux

Draguignan (C.P.). — Audience peu chargée hier au tribunal de correctionnelle, une dizaine d’émetteurs de chèques sans provisions ont comparu à la barre ainsi qu’une bonne demi-douzaine d’inculpés pour outrage à la pudeur.

[...] Deux jeunes gens ont tenu la vedette à cette audience. Il s’agit des nommés Devedjian Patrick et Madelin Alain, étudiants à la Faculté de Droit de Paris, à qui le soleil a quelque peu tourné la tête alors qu’ils se trouvaient en vacances sur notre belle Côte d’Azur.

Dans la nuit du 5 au 6 août dernier, M. Voli, maire de la Croix-Valmer, surprenait deux individus qui tentaient de lui dérober de l’essence dans son véhicule. À sa vue, les deux voleurs prenaient la fuite abandonnant un véhicule Simca 1000 immatriculé 73 QT 83. Une embuscade était tendue par la police qui avait été alertée. 45 minutes plus tard, on tombait sur les deux hommes qui tentaient de mettre un véhicule en marche.

Si Madelin parvenait à être appréhendé, Devedjian par contre échappait aux poursuites malgré une tentative désespérée de M. Voli.

Mais comme tout a une fin, il était récupéré le lendemain matin dans un état lamentable, les pieds ensanglantés, les vêtements déchirés. ll demanda aux policiers de le ramener sur son bateau ancré à Cavalaire. Ceux-ci ne se firent pas prier pour le raccompagner d’autant plus que la perquisition effectuée sur le bateau devait s’avérer des plus fructueuses. On y trouva des pièces de voitures, un pistolet 6.35 garni de 5 cartouches, et des pièces d’identité appartenant à Mlle Castells Eliane.

Devant le magistrat instructeur, Devedjian niera toute participation aux vols d’essence, Madelin lui, reconnaît les faits qui lui sont reprochés et fait entrer dans la danse, à la place de Devedjian, un dénommé Gérard.

L’enquête déterminera bien vite tous les vols commis par les deux tristes sires :

Vol d’une Simca 1000 à St-Cyr le 2 août 65, à Laréol le 19 juillet, vol d’un moteur de bateau, le 23 juillet vol à Villefranche-Laranguais de pièces d’identité, à la Croix-Valmer le 6 août d’avoir fait usage de fausses plaques d’immatriculation et enfin à Cavalaire également le 6 août de détenir illégalement un pistolet 6.35. On possède pourtant de bons renseignements sur eux. La peine de prison avec sursis et les trois ans de mise à l’épreuve leur donneront peut-être matière à réfléchir.

Notes

[1Ils étudiaient à Assas et émargeaient à Occident ...
Voyez cet autre article du site : des conneries de jeunes... militants d’Occident.


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