des maires FN augmentent leurs indemnités


article de la rubrique extrême droite > FN : le cru 2014
date de publication : mercredi 20 août 2014
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Au Luc (9 500 habitants), Philippe de la Grange a augmenté de 15% son indemnité et celle de ses adjoints. A Cogolin (11 000 habitants), Marc-Etienne Lansade s’est octroyé une enveloppe mensuelle de 1250 euros pour ses « frais de représentation ».

La préfecture de Vaucluse a refusé l’augmentation de 44 % que Joris Hébrard, maire de la commune du Pontet, s’était accordée. Cette municipalité s’était déjà fait remarquer en supprimant la gratuité de la cantine scolaire pour les familles les plus démunies.

[Mis en ligne le 25 avril 2014, mis à jour le 20 août]



Première décision du maire FN du Luc :
augmenter son salaire de 15%

par Philippe Zamari, Var Matin, le 24 avril 2014


"Les adjoints touchent quand même moins qu’un étranger venant prendre sa retraite en France sans jamais y avoir travaillé", a assuré Philippe De La Grange. La hausse du maire et de ses adjoints est légale. Sa justification est fausse...

L’histoire retiendra que la première décision politique de la municipalité "bleu Marine" fraîchement élue a été d’accorder une augmentation de 15 % des indemnités du maire et des adjoints.

"Cette augmentation est légale puisque la commune est chef-lieu de canton", précisait le maire, avant d’avancer un argument très "bleu Marine" : "Les adjoints touchent quand même moins qu’un étranger venant prendre sa retraite en France sans jamais y avoir travaillé (voir ci-dessous). Et ce n’est pas très bien payé eu égard à la somme de travail que j’attends d’eux !"

21 voix pour, 8 contre

Dans l’opposition, Dominique Lain a rappelé que "la municipalité précédente avait fait le choix, en cette période budgétaire délicate, de ne pas appliquer cette augmentation". Avec la majoration, le montant brut des indemnités atteint 2 404 € pour le maire, et 961 € pour chacun des huit adjoints.

La délibération a été adoptée par 21 voix pour, et 8 contre.

"Moins qu’un étranger prenant sa retraite en France" : une interprétation très discutable

Selon le site service-public.fr, le montant de l’ASPA, allocation de solidarité aux personnes âgées (ex-minimum vieillesse), peut atteindre 791,99€ par mois, sous condition de ressources.

Les ressortissants étrangers (en règle évidemment) peuvent en bénéficier à plusieurs conditions : soit détenir depuis au moins 10 ans un titre de séjour autorisant à travailler, soit être réfugié, apatride, bénéficier de la protection subsidiaire ou avoir combattu pour la France, soit être ressortissant d’un État membre de l’Espace économique européen ou suisse. [1]

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Marc-Etienne Lansade s’est octroyé une enveloppe mensuelle de 1250 euros pour ses « frais de représentation ».

Le Figaro, le 24 avril 2014


Ils se présentaient en chevaliers blancs de la politique, garants d’une certaine probité. Et pourtant. Les Varois Philippe de la Grange, maire du Luc-en-Provence, et Marc-Etienne Lansade, maire de Cogolin, ont eu pour première mesure de s’octroyer des indemnités plus importantes.

À Cogolin : Dans cette commune de 11.000 habitants, le nouveau maire FN, Marc-Etienne Lansade a estimé qu’il devait toucher une indemnité de frais de représentation mensuelle chiffrée à 1250 euros, en plus de son salaire. Celui-ci a aussi été revalorisé de 14.72%. Le conseil municipal a adopté cette mesure le 15 avril dernier. Lors de la campagne électorale, l’élu s’était pourtant engagé à réduire les coûts de fonctionnement alors que la dette de la ville se chiffre à 13 millions d’euros, note Var Matin. « Au total, cela va coûter 273 600 euros sur tout le mandat », regrette Michel Dallari, qui dirige l’opposition (divers droite) à Cogolin. [...]

Dans un communiqué, la conseillère régionale PS Elsa di Méo, battue aux municipales par le frontiste David Rachline à Fréjus, a dénoncé « les équipes FN [qui] s’en mettent plein les poches. Quelle honte ! ». « Derrière les démagogies de campagne, les actes sont têtus : en plein période de crise, les élus FN du Var s’accordent des privilèges sur les impôts de leurs concitoyens », a-t-elle ajouté.

Contactés, les maires des deux communes n’étaient pas joignables au moment de la publication de notre article.

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Le maire du Pontet obligé d’annuler son augmentation de 44%

[ RTL avec AFP, le 19 août 2014]


Le maire frontiste du Pontet, dans le Vaucluse, a été obligé d’annuler la hausse de 44% de ses indemnités qu’il s’était accordée.

Joris Hébrard a été désavoué par la préfecture de Vaucluse. Peu après son élection, l’élu FN du Pontet avait obtenu une augmentation de 44% de ses indemnités de maire, votée par le conseil municipal. Toutefois le préfet a refusé cette hausse, jugée contraire au code des collectivités territoriales.

Depuis avril, les indemnités du maire et de ses adjoints bénéficiaient d’une majoration allant de 181 euros pour les adjoints à 896,50 euros pour le maire.

Le maire passait de 2.470 à 3.227 euros par mois

L’indemnité du maire de cette ville de 15.000 habitants est ainsi passée de 2.470,95 euros à 3.227,45 euros, l’enveloppe mensuelle globale des indemnités des élus passant de près de 12.000 euros à environ 14.000.

Dans la nouvelle délibération votée le 24 juillet, qui invoque une "erreur matérielle commise par l’administration communale", les indemnités du maire et de ses adjoints ont donc été revues à la baisse pour s’établir à un peu plus de 1.000 euros pour les adjoints et 2.470,95 pour Joris Hebrard.

La même mairie avait supprimé la gratuité dans les cantines

Le directeur de cabinet du maire a défendu l’élu en expliquant que "le code des collectivités territoriales n’est pas très clair", ajoutant que "ce sont les fonctionnaires qui font les calculs".

La mairie d’extrême droite du Pontet avait déjà attiré l’attention de l’opinion, à la fin du mois de juin, en supprimant la gratuité totale de la cantine pour les ménages les plus démunis.

Notes

[1Un exposé détaillé : http://www.liberation.fr/politiques....


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