au Pontet, suppression de la gratuité de la cantine pour les familles les plus démunies


article de la rubrique extrême droite > FN : le cru 2014
date de publication : dimanche 29 juin 2014
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Le conseil municipal du Pontet (Vaucluse) a adopté, lors de sa réunion du 25 juin 2014, une délibération qui supprime la possibilité pour un enfant de bénéficier de la gratuité totale de la cantine scolaire — une mesure remontant à une trentaine d’années et dont bénéficiaient environ 65 enfants. La municipalité espère obtenir ainsi une économie annuelle de 30 000 euros sur un budget total de 50 millions d’euros.

Cette suppression a été proposée par le maire Joris Hébrard qui a gagné les élections municipales à la tête d’une liste FN en mars dernier. Le maire avait pris la précaution en mai d’augmenter sa propre indemnité mensuelle de 1 000 euros... [1]

Le lendemain, le conseil municipal de Villers-Cotterêts (Aisne) adoptait une décision analogue.

[Mis en ligne le 26 juin 2014, mis à jour le 29]



Vaucluse : une mairie FN vote la fin de la gratuité de la cantine

par Clara Beaudoux, France-info, le 26 juin 2014


Les économies ainsi réalisées devraient être de 30.000 euros selon le maire.

Au Pontet dans le Vaucluse, la majorité du nouveau maire FN Joris Hébrard a décidé de supprimer la gratuité totale de la cantine scolaire pour les enfants des familles les plus démunies.

La prise en charge totale du prix de la cantine pour les enfants des familles les plus démunies, par la commune du Pontet, dans le Vaucluse, existait depuis 30 ans. Mais la majorité du nouveau maire FN Joris Hébrard a décidé de la supprimer, une décision entérinée mercredi soir en conseil municipal. La municipalité continuera de financer le demi-tarif sur justificatif mais pas plus. Près d’une centaine de familles sont concernées.

Des économies, mais aussi pour "responsabiliser les parents"

La maire FN Joris Hébrard s’en explique : il souhaite économiser 30.000 euros sur un budget communal de pres de 50 millions. "C’est l’histoire des petits cours d’eau qui font les grandes rivières, on essaye de chercher les économies partout où on peut en faire", dit-il. Pour le maire FN, il s’agit aussi d’une question de principe : "Il faut en même temps responsabiliser les parents d’élèves en leur montrant que tout n’est pas gratuit".

"Ca m’étonnerait qu’il y ait des gens qui ne puissent pas payer, 1,57 euro par jour, même si ils sont démunis ça veut dire qu’ils ont des allocations ou des aides...", ajoute le maire

Les explications du maire FN du Pontet, Joris Hébrard :


Une mesure "anti-sociale"

Pour le leader de l’opposition dans la commune, l’UMP Claude Toutain, Joris Hébrad a choisi un levier scandaleux pour faire des économies. "C’est une mesure anti-sociale, on touche les familles les plus défavorisées, mono-parentales, les gens au RSA ou en fin de droits", juge-t-il, "alors qu’avec l’augmentation que s’est octroyée le maire, de 44% par mois, soit 1.000 euros, ça permettrait de financer 500 repas par mois". "Il faut bien se dire que c’est notre devoir quand on est plus aisé de venir en aide aux personnes en difficulté. Donc je trouve que c’est absolument scandaleux", poursuit-il.

L’opposition du Pontet souligne aussi que dans les familles les plus démunies, le repas de la cantine est parfois le seul repas équilibré des enfants dans la journée.

"Scandaleux" pour l’opposant de l’UMP Claude Toutain


Mercredi soir, plusieurs associations — UEJF, Le Pontet Autrement, Comité de vigilance citoyen du Pontet, le Forum Républicain, comité d’action de Fréjus contre la municipalité Front National et SOS Racisme
— ont également dénoncé "une mesure anti-sociale, visant à défavoriser les personnes les plus faibles".

P.-S.

Compléments (29 juin 2014)

Franck Briffaut, maire de Villers-Cotterêts (Aisne), augmente le tarif de la cantine pour les plus pauvres

[L’Ardennais du 27 juin 2014] — A l’issue du conseil municipal de jeudi, l’équipe aux manettes a voté un réajustement des tarifs de cantine. 71 enfant sont concernés.

"Il faut différencier la solidarité de l’assistanat", se justifie Franck Briffaut, le maire de Villers-Cotterêts, après sa décision de modifier les tarifs de cantine. Lors du dernier conseil municipal, tenu jeudi soir, la municipalité FN a décidé de supprimer les trois tarifs les plus bas de l’ancienne grille pour n’en garder qu’un à 2,50 euros le repas. "On va faire très peu d’économies avec mesure, mais les tarifs n’avaient pas changé depuis le passage à l’euro", poursuit-il. Soit en 2002.

De concert avec son adjointe à la jeunesse Evelyne Althoffer il affirme également que "une personne au RSA peut venir chercher son enfant à l’école car il ne travaille pas". Ce qui peut faire grincer des dents les ménages qui ne bénéficieront plus de ce tarif avantageux "et qui profitent des prestations sociales comme les allocations familiales", assume celui qui, il y a quelques semaines, a fait passer son salaire de 3.304 à 3.791,96 euros, soit 14,8%. "Oui, je me suis augmenté, mais par rapport à l’inflation et c’est beaucoup moins que ce que je gagnais dans le privé".
Pour les familles les moins aisées, cela signifie une augmentation de 1 euro par repas. Sur les 387 écoliers demi-pensionnaires de la communes, 71 enfants sont concernés par cette hausse. Les familles devront ainsi payer 152 euros de plus par an et par enfant. Pour rappel, une personne seule, sans aide au logement, avec enfant perçoit 749 euros par mois du RSA. [...]

Notes

[1Quelle est la mystérieuse épidémie qui frappe le conseil municipal du Pontet ? En effet, comment expliquer que, depuis les élections de mars, trois élus de la majorité frontiste du conseil municipal ont démissionné : Pascal Cavallino et Nicolas Castells, puis le 1er adjoint Gyula Kis, qui a, tout récemment, pris conscience de l’ « incompatibilité entre ses obligations professionnelles qui l’obligent, notamment, à de nombreux déplacements et son mandat d’élu. » Réf : http://www.citylocalnews.com/avigno....

Complément : hier, 25 juin, nouvelle démission en pleine séance du conseil municipal d’un jeune conseiller municipal FN : sans aucune explication, Julien Tissot se lève de son siège et déclare « Monsieur le maire, je démissionne ! »

Pour se faire une idée de l’ambiance qui a régné lors de cette réunion du conseil municipal du Pontet, voyez le compte-rendu qu’en fait un militant UMP, sous le titre « Après, le maire FN du Pontet est monté dans sa grosse Mercedes ».


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