appel du collectif “Justice pour Hakim Ajimi”


article de la rubrique justice - police > violences policières
date de publication : mardi 22 septembre 2009
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Hakim Ajimi est mort à 22 ans, vendredi 9 mai 2008, suite à son interpellation par des policiers de Grasse. Selon les expertises médicales, la mort du jeune homme est due à une asphyxie mécanique, consécutive à une compression thoracique. Les deux policiers qui l’avaient maîtrisé avec violence ont reçu en décembre 2008 le statut de témoin assisté dans le cadre d’une instruction ouverte pour « homicide involontaire », alors que la famille de Hakim Ajimi continue à réclamer leur mise en examen.

A l’occasion du recours introduit par la famille de Hakim Ajimi, le collectif appelle à un rassemblement jeudi 24 septembre 2009 à 12h devant la cour d’Appel d’Aix-en-Provence
 [1].

[Première mise en ligne le 23 mars 2009, mise jour le 22 septembre]



Que justice soit rendue à Hakim AJIMI !
Et stop aux violences policières !

Rassemblement le jeudi 24 septembre 2009 à 12h devant la cour d’Appel d’Aix-en-Provence, 20 Place de Verdun, qui examine le recours
Une conférence de presse se tiendra, sur place, à 13h30

Hakim AJIMI, 22 ans, est mort le vendredi 9 mai 2008 suite à une interpellation par des policiers de Grasse.

Mis à terre et immobilisé par compression thoracique excessive et par une clé d’étranglement condamnée par la Cour Européenne des droits de l’Homme, Hakim montrait des signes physiologiques d’une détresse respiratoire majeure qui lui a été fatale.
Des témoins de la scène (y compris des pompiers !), extrêmement inquiets, craignant le pire, sont intervenus auprès des policiers. En vain !
L’expertise légiste complémentaire a établi, en cohérence avec les témoignages, que le décès d’Hakim résultait d’un mécanisme d’asphyxie mécanique lente avec anoxie.
Le doute n’est plus permis : c’est l’utilisation d’une technique policière d’immobilisation très dangereuse, l’emploi d’une force « disproportionnée » par les policiers de la BAC et un acharnement « injustifié » de leur part qui ont tué Hakim !

En dépit de tous ces éléments accablants et concordants, les juges du tribunal de Grasse chargés de traiter cette affaire ont décidé, contre toute attente, de donner le statut de TEMOINS ASSISTES aux agents de la BAC impliqués dans l’interpellation mortelle du jeune homme. Ces policiers sont donc réputés n’avoir aucune responsabilité dans la fin tragique d’Hakim et ils sont, d’ailleurs, toujours en poste sur les mêmes lieux de travail. De surcroît, la demande de reconstitution des faits en présence des témoins, procédure souvent décisive pour l’émergence de la vérité, a été rejetée.

Jusqu’à quand l’impunité pour les auteurs de violences policières ? Jusqu’à quand des risques majeurs pèseront-t-ils sur tous ceux qui sont et seront interpellés par la police ?
Ali ZIRI, 69 ans, est mort, lui aussi, le 11 juin 2009 suite à une interpellation par la police d’Argenteuil. Son ami, Arezki KERFALI, 61 ans est aujourd’hui invalide à 60%.

Toutes ces violences ne sont pas de simples bavures qui s’accumulent ; elles sont, en fait, le résultat de la mise en pratique d’une idéologie répressive, pensée, structurée et distillée au sommet même de l’Etat, qui s’attaque aux plus pauvres quel que soit leur âge, et tout particulièrement lorsqu’ils font partie des minorités visibles.

La famille AJIMI a fait un recours devant la Cour d’Appel d’Aix ; il sera examiné le 24/09/09, à partir de 14 heures. A cette occasion, mettons un coup d’arrêt à ces graves dérives. Exigeons que :

  1. les policiers soupçonnés d’être les principaux responsables de la mort d’Hakim soient mis en examen et que justice soit rendue au défunt, à sa famille, à tous ses proches, à la société,
  2. la justice de notre pays soit « structurellement » impartiale et efficace,
  3. les fonctionnaires de police soient « professionnellement » irréprochables,
  4. soit interdite, comme dans d’autres pays européens, l’utilisation par les forces de l’ordre de méthodes d’immobilisation dangereuses qui peuvent provoquer des décès ou des blessures graves.

Les membres du collectif Justice pour HAKIM (premiers signataires) :
Comité de Soutien Justice pour Hakim Ajimi ; MRAP ; Alternatifs ; Vie & Partages ; LDH Nice ; LDH Cannes ; NPA ; UTPT ; UL-CGT ; ADN : FSU ; PC

Pétitions à signer :

Mort d’Hakim Ajimi à Grasse : cinq policiers mis en examen

par Mathilde Tranoy, Nice-Matin, le 13 mars 2009


Nouveau coup de tonnerre dans l’affaire Hakim Ajimi, le jeune homme de 22 ans décédé à Grasse le 9 mai 2008, suite à son interpellation par la brigade anticriminalité, après l’annonce de la mise en examen de cinq policiers pour non-assistance à personne en danger. Une nouvelle qui plonge la famille de la victime dans l’incompréhension et la colère. En décembre dernier, alors qu’une information judiciaire avait été ouverte pour homicide involontaire, les deux policiers de la BAC, responsables de l’interpellation d’Hakim Ajimi, n’étaient finalement pas mis en examen, mais placés sous le statut de témoin assisté. Et ce, alors que les rapports d’expertise des médecins légistes concluaient à une mort par asphyxie par compression du thorax et du cou.

Pourquoi, alors que les premiers ont bénéficié d’une non mise en examen pour homicide involontaire, les seconds le sont pour non-assistance à personne en danger ? s’interrogent la famille et leurs avocats Mes Franck De Vita et Sylvain Pont. « Comment la justice peut prendre position sur la non-assistance en danger, alors que nous venons de déposer une requête devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel pour que des experts se prononcent sur l’heure et les causes exactes du décès ? »

« C’est pas logique »

Parmi les cinq fonctionnaires mis en examen, l’un, policier municipal, avait tenu les pieds du jeune homme lors de l’interpellation et aidé un des fonctionnaires de la BAC à le placer dans la voiture de police-secours - et non pas dans le véhicule des pompiers qui étaient présents.

Les quatre autres, trois gardiens de la paix et un brigadier-chef, ont véhiculé le jeune homme jusqu’au commissariat.

« S’ils sont accusés de non-assistance à personne en danger c’est bien que quelqu’un a mis mon fils en danger. Tout ça, c’est pas logique, s’agace Boubaker Ajimi. Pour moi la cause de la mort de mon fils, c’est l’étranglement. Quand les policiers l’ont mis dans la voiture, Hakim était déjà mort ou en train de mourir. Des témoins le disent. J’ai vraiment le sentiment qu’on veut protéger les policiers de la BAC. » La gorge nouée par la douleur et la colère, le maçon grassois prévient : « Quand on perd un fils de 22 ans, ça fait très mal. Qu’ils sachent que nous allons nous battre ».

Mathilde Tranoy


Grasse n’oublie pas Hakim Ajimi

par Philippe Jérôme, L’Humanité du 10 mars 2009


Le comité de soutien à la famille du jeune homme mort en mai 2008 au commissariat de Grasse se mobilise pour que justice soit vraiment faite.

« Impunité policière, justice complice. » Ouvert par cette banderole accusatrice, le défilé de 300 personnes entourant la famille Ajimi fait halte un instant, en ce samedi ensoleillé, à l’endroit même où, le 9 mai 2008, fut interpellé par une patrouille de la BAC, appuyée par des policiers municipaux de Grasse, ce jeune homme de 22 ans. Il faisait du raffut sur la voie publique après une dispute avec son banquier. Quelques heures plus tard, il était mort. Comment cela s’est-il passé ? qui l’a tué ? qui est responsable ? s’interroge, perché sur un muret, Oualid Klai, le porte-parole du comité de soutien en s’adressant aux manifestants.

À la première question, une expertise a répondu : « Le décès résulte d’une d’asphyxie […] due à deux causes, d’une part, une compression thoracique […] et, d’autre part, un mécanisme de compression du cou par le geste de maintien de type clé de bras. » Plusieurs témoins ont détaillé la scène, qui s’est déroulée en plein jour : deux policiers au moins maintenant à plat ventre au sol pendant plusieurs dizaines de minutes le jeune menotté dont le visage bleuit, avant qu’il soit jeté, pantelant, à l’arrière d’une voiture, direction le commissariat où le décès sera constaté.

Sur la question de la responsabilité, les juges d’instruction, en accordant le statut de témoin assisté aux policiers ayant le plus activement participé à cette interpellation musclée, ont provoqué incompréhension et colère parmi ceux qui voudraient, a minima, qu’un procès ait lieu. Boubaker Ajimi, le père d’Hakim, que ni le procureur de Grasse ni les juges d’instruction n’ont daigné recevoir, a le sentiment que « les policiers sont protégés par la justice. Ça n’est pas juste » ! L’oncle de la victime, Habib Labbene, se demande, lui, dans quel cachot il croupirait aujourd’hui s’il avait participé à faire mourir un policier par asphyxie.

« Ce qui est arrivé le 9 mai 2008 est inadmissible, c’est le fait de policiers non pas racistes mais incompétents, qui ont commis une grave erreur. Pour cette erreur, ils doivent payer ! » s’emporte Oualid Klai, qui dit garder espoir que la justice finisse par triompher.

Ce mardi, elle a, en tout cas, l’occasion de se reprendre. La chambre d’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence doit statuer sur la demande de complément d’expertise formulée par maître Sylvain Pont. L’avocat niçois de la famille Ajimi juge que les premières expertises sont imprécises sur bien des points importants tels que l’intervention des secours qui aurait été refusée par les policiers. « Un non-lieu dans cette dramatique affaire est inconcevable », estime-t-il.

Philippe Jérôme

Appel du comité de soutien à Hakim Ajimi [2]

Une marche pour Hakim
samedi 7 mars 2009 à 14 heures
place du Cours Honoré Cresp à Grasse

Une marche pour Hakim Ajimi, ce jeune homme de 22 ans décédé à la suite de son interpellation par des hommes de la BAC en mai 2008, sera organisée par le comité de soutien, samedi 7 mars, à 14h, sur la place du cours Honore CRESP, à Grasse. Aujourd’hui, le comité de soutien dénonce la volonté de la part de la Justice de maintenir le corps policier en dehors de toute sanction, quand bien même ces hommes auraient commis une faute professionnelle grave, ayant coûté la vie à un jeune homme de 22 ans. D’après les conclusions de l’expertise complémentaire « le décès résulte d’un mécanisme d’asphyxie mécanique lente avec privation prolongée en oxygène ». Les médecins ayant établi cette expertise parlent d’une « mort lente et extrêmement douloureuse ». Ce que confirment les multiples témoignages (16 témoins oculaires) d’une description physique inquiétante (teint violacé, yeux exorbités etc.…) et d’une évolution de l’état de Hakim durant son "interpellation". Malgré tous les éléments scientifiques irréfutables ainsi que la présence de témoins, la décision des juges d’instruction de donner le statut de TEMOINS ASSISTES aux policiers responsables de la mort de Hakim démontre que la justice immunise la police de toute sanction, et par là même, leur octroie « le statut particulier d’agent de l’Etat au dessus de la LOI ». Ce corporatisme immuable, aveugle et démesuré fait des policiers des êtres intouchables ne commettant jamais de fautes, et leur donne, par là même une totale impunité. C’est pour cela que le comité de soutien demande la levée de fonctions de ces agents de police et leur mise en examen pour homicide dans les plus brefs délais.

MRAP, LDH Section Cannes-Grasse, Amnesty International, Un Temps pour Tous, UL CGT, FSU, Les Alternatifs, MRC, NPA, PCF, PG, Association des Musulmans du Pays Grassois, FTCR, AClefeu, Forum Social des Quartiers Populaires

Notes

[1Un bus sera affrété au départ de Grasse. Pour s’inscrire : Ul.cgt.grasse@wanadoo.fr ou 04 93 36 00 01.

[2Le Patriote, 27 février 2009.


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