affaire Benalla, nouvelles informations


article de la rubrique démocratie > coups de gueule
date de publication : mardi 7 août 2018
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"L’institution judiciaire doit aussi faire la lumière sur la violence injustifiée des forces de l’ordre lors de cette manifestation du 1er mai ..."


07/08/2018 : "Que s’est-il passé le 1er-Mai, place de la Contrescarpe à Paris ? "Le Monde" publie ce mardi 7 août de nouveaux éléments (...)

Fin juillet, quelques jours après le déclenchement de l’affaire, François Molins avait demandé au directeur de la direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP) les raisons pour lesquelles les deux jeunes gens n’avaient pas été mis en cause, alors même qu’ils avaient lancé des objets en direction des forces de l’ordre et que, dans le même temps, 109 personnes étaient placées en garde à vue ce 1er mai.

Selon le quotidien, les services de police ont répondu au procureur de la République de Paris, François Molins, que ces deux personnes n’avaient aucun antécédent judiciaire, qu’ils n’avaient pas cherché à dissimuler leur identité, et qu’ils n’avaient pas provoqué de violences "graves" et "répétées" contre les CRS. (...)

Sur la fiche d’interpellation, un "jet de projectiles (deux bouteilles de bière)" figure bel et bien, mais il est précisé que le CRS visé "ne dépose pas plainte". (...)

Ces faits, pourtant, contredisent certains propos tenus, lors de son audition devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, le 25 juillet dernier, par le préfet de police de Paris. Sous serment, Michel Delpuech (...)" [1]

(Photo Naguib Michel Sidhom)

AFFAIRE BENALLA : L’ELYSÉE NE PEUT IMPUNÉMENT CACHER UN DÉLIT
- Communiqué LDH
 :

L’intervention violente et hors de tout cadre légal d’un collaborateur du président de la République lors d’une manifestation, le refus d’en saisir la justice et la succession de révélations qui mettent en évidence la volonté de dissimuler ces faits soulèvent de graves inquiétudes.

Le traitement réservé par la présidence de la République, le gouvernement et la préfecture de police de Paris aux faits portés à leurs connaissances confirment une succession de manquements au plus haut niveau de l’Etat. Il remet en cause le rôle et le fonctionnement régulier de chaque institution par le recours à des prérogatives prétoriennes et illégales.

Il revient à la justice, désormais saisie à l’initiative du parquet de Paris, de faire toute la lumière sur une chaîne de responsabilités qui ne peut en exclure aucune, hiérarchique et politique. L’institution judiciaire doit aussi faire la lumière sur la violence injustifiée des forces de l’ordre lors de cette manifestation du 1er mai que met en évidence une très récente vidéo.

La Ligue des droits de l’Homme s’inquiète de tels dysfonctionnements des plus hautes institutions de la République qui seraient restés inconnus sans les investigations de la presse.

Au-delà de la nécessaire saisine judiciaire en cours, les responsabilités politiques doivent être dégagées. La confiance dans l’Etat et dans ses forces de l’ordre obligent à la transparence, à l’exemplarité et à la sanction. La République ne peut être « irréprochable » et « inaltérable » que si ceux qui ont la charge du fonctionnement régulier des institutions en respectent l’esprit et la lettre.

Paris, le 20 juillet 2018

P.-S.

"Le couple de jeunes qui a été frappé par Alexandre Benalla et Vincent Crase lors des manifestations du 1er-Mai à Paris "avait une attitude extrêmement pacifique", a témoigné sur franceinfo dimanche 22 juillet, Naguib Michel Sidhom, photographe et ancien journaliste qui a notamment travaillé à l’AFP et au Monde.

Témoin de la scène, Naguib Michel Sidhom a pris "141 photos qui sont maintenant à la disposition de la justice". [2]


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