Yemen, violations du droit humanitaire


article de la rubrique international > justice internationale
date de publication : mercredi 7 novembre 2018
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Deux études récentes montrent qu’il existe un risque juridiquement élevé que les ventes d’armes à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis soient illégales. Le Conseil de transition du sud du Yémen (STC) a appelé, le 3 octobre 2018, la population de cette région à se soulever contre le gouvernement


05/11/2018 : "Un processus de paix en panne : selon une source militaire progouvernementale, la coalition antirebelles a réalisé des "avancées limitées" vers Hodeida et son port, point d’entrée de 70% des importations et de l’aide humanitaire au Yémen.

Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) s’inquiète pour la vie d’enfants dans des hôpitaux de Hodeida. "Les combats intenses se sont rapprochés dangereusement de l’hôpital Al-Thawra, ce qui met en danger de mort 59 enfants, dont 25 sont en soins intensifs", a averti mardi l’Unicef.

L’organisation Médecins sans frontières (MSF) s’est pour sa part inquiétée du sort "des malades et du personnel de l’hôpital Al-Salakhana", ainsi que "des milliers d’habitants restés dans la ville". [1]

04/10/2018 : "Le Yémen est une véritable poudrière _ Le conflit a fait quelque 10.000 morts, en majorité des civils, et plus de 56.000 blessés, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), mais le bilan réel des victimes est certainement supérieur. (...) C’est dans ce contexte que le Conseil de transition du sud du Yémen (STC) a appelé hier la population de cette région à se soulever contre le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi sur fond de contestation sociale contre la hausse des prix." [2]

Amnesty International accuse les Emirats arabes unis de torturer des détenus.

02/10/2018 "Yémen : les rebelles libèrent deux fils de l’ex-président Saleh
Sanaa - Les rebelles Houthis au Yémen ont annoncé mercredi la libération de deux fils de l’ancien président Ali Abdallah Saleh qui étaient détenus depuis l’assassinat de leur père en décembre dernier.

Salah et Madyan ont été relâchés à la suite d’une mesure de grâce de Mehdi Machat, chef du Conseil politique suprême des Houthis (...) Ils ont été emmenés à l’aéroport de Sanaa, à destination de la capitale de la Jordanie, Amman." [3]

08/09/2018 : "AFP, publié le jeudi 06 septembre 2018 à 08h35

Les parties yéménites sont attendues à Genève pour des discussions de paix sous l’égide de l’ONU, les premières depuis l’échec en 2016 d’un processus de paix qui avait duré plusieurs mois au Koweït. Les parties yéménites étaient en principe attendues jeudi au Palais des Nations, siège de l’ONU à Genève, mais la délégation des Houthis étant bloquée dans la capitale yéménite de Sanaa, l’émissaire de l’ONU, le Britannique Martin Griffiths, a décidé de ne pas mener de consultations jeudi dans l’enceinte onusienne, où les discussions pourraient débuter vendredi.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a exhorté mercredi les parties yéménites à "faire un premier pas vers la fin d’un conflit"."

09/08/2018 : "Au moins 29 enfants âgés de moins de 15 ans ont péri jeudi dans des frappes contre leur bus sur un marché très fréquenté de Dahyan —zone contrôlée par les Houthis— selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Quarante-huit blessés, dont 30 enfants, ont été admis dans un hôpital géré par l’organisation. La guerre au Yémen a fait quelque 10.000 morts depuis l’intervention de la coalition et provoqué "la pire crise humanitaire" au monde, selon l’ONU." [4]

16/07/2018 - 12 ONG s’adressent aux députés : "Deux études récentes montrent qu’il existe un risque juridiquement élevé que les ventes d’armes à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis soient illégales au regard du Traité sur les armes et de la position commune du Conseil de l’Union européenne 2008/944/CFSP, en raison d’un risque important qu’elles ne soient utilisées contre des populations civiles au Yémen."(...)

Au-delà de la commission d’enquête parlementaire liée au conflit au Yémen, qui serait déjà une avancée significative, nous vous demandons également d’œuvrer à l’instauration d’un contrôle parlementaire pérenne sur les exportations d’armement, car une trop grande opacité continue d’entourer les exportations d’armement en général.

Enfin, nous vous invitons à interroger la Secrétaire générale de la défense et de la sécurité nationale afin d’éclairer la représentation nationale sur les exportations françaises à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis dans le cadre du conflit au Yémen." (extrait de : [5]

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"Paris prépare une nouvelle conférence" :

"Fin juin, une précédente visite de l’ambassadeur Testot à Sanaa avait été annulée au dernier moment. « Nous n’avons pas refusé de le rencontrer, affirme ce mercredi le chef des rebelles Abdel Malek al-Houthi dans une interview publiée dans Le Figaro. Mais nous avons demandé des éclaircissements sur le rôle de la France dans l’agression contre le Yémen, après que Le Figaro a publié un article sur la participation des forces spéciales françaises aux côtés des Émiriens », explique Abdel Malek al-Houthi.

Les Houthistes avaient également dénoncé la tenue, à Paris le 27 juin dernier, d’une conférence humanitaire à laquelle ils n’avaient pas été invités par la France, qui avait dû se plier aux exigences de l’Arabie saoudite." [6]

(Des détenus derrière la porte de la prison centrale de Sanaa - Cf. [1])

"Amnesty International accuse les Emirats arabes unis, engagés dans la coalition sunnite au Yémen, et les forces gouvernementales yéménites de torturer des détenus dans des prisons tenues secrètes dans le sud du Yémen, où est exilé le gouvernement du président Abd-Rabbou Mansour Hadi.

De telles violations du droit humanitaire international doivent faire l’objet d’une enquête et être considérées comme des crimes de guerre, ajoute l’ONG de défense des droits de l’homme dans un communiqué publié jeudi 7 juillet 2018.

Les Emirats arabes unis, alliés des Etats-Unis et qui mènent avec l’Arabie saoudite des bombardements au Yémen depuis trois ans pour aider le gouvernement à vaincre les rebelles houthis soutenus par l’Iran, déclarent n’avoir jamais dirigé de prisons ou de centres de détention secrets au Yémen.

Par le passé, les Emirats et leurs alliés yéménites ont nié les accusations selon lesquelles ils faisaient usage de la torture contre des prisonniers." Extraits de [7]

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(Photo ci-dessus et texte ci-dessous empruntés à [8])

L’ONU a annoncé le 09/07/2018, que 842 enfants soldats, dont certains à peine âgés de 11 ans, avaient été recrutés en 2017 au Yémen.

* 76 de ces enfants ont combattu ;

* les autres ont été chargés de "surveiller des postes de contrôle et les bâtiments publics, patrouiller et apporter de l’eau, de la nourriture et de l’équipement aux positions militaires", selon le texte de l’ONU.

1.316 enfants morts ou mutilés.

D’après ce même communiqué, l’ONU a également recensé en 2017 la mort ou la mutilation de 1.316 enfants, dont un peu plus de la moitié dans les raids aériens attribués à la coalition militaire antirebelles menée par l’Arabie saoudite, qui intervient au Yémen depuis 2015. [9]


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