Yemen, la mort lente


article de la rubrique international > Hors Europe
date de publication : vendredi 18 octobre 2019
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Le conflit a fait des milliers de morts, dont de nombreux civils. [1], [2] . MSF témoigne et appelle au soutien.


18/10/2019 : "Le Yémen deviendra le pays le plus pauvre du monde si le conflit dure jusqu’en 2022, selon un nouveau rapport du PNUD.

Depuis 2014, la guerre au Yémen a fait passer le taux de pauvreté de 47% en 2014 à 75% fin 2019. Si les combats se poursuivent, le Yémen sera en 2022 le pays le plus pauvre du monde, avec 79% de la population sous le seuil de pauvreté et 65% vivant dans une extrême pauvreté, indique le rapport intitulé Évaluer l’Impact de la Guerre au Yémen sur la Réalisation des Objectifs de Développement Durable (en anglais).

Publiée le 26 septembre 2019, l’étude indique qu’en l’absence de conflit, le Yémen aurait pu progresser sur la voie de la réalisation des Objectifs de développement durable (...)" [3]

23/09/2019 : "Ventes d’armes par la France "dans des pays où les victimes sont d’abord des civils" : Amnesty demande un débat au Parlement.

franceinfo : L’Etat français est-il complice de crimes de guerre ?

Cécile Coudriou : On peut dire ça dans la mesure où le Traité sur le commerce des armes (TCA) n’est pas respecté par la France qui l’a pourtant signé et ratifié."

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29/09/2019 : "Les rebelles Houthis ont libéré lundi 290 prisonniers, selon le Comité international de la Croix-Rouge(CICR), en vertu d’un accord négocié sous l’égide de l’ONU en décembre 2018 pour une désescalade au Yémen, ravagé par la guerre depuis des années. (...) L’émissaire de l’ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, a salué cette initiative des rebelles, qui entre dans le cadre d’un accord conclu en Suède fin 2018, et a appelé "toutes les parties à assurer le retour en toute sécurité des détenus libérés dans leur foyer". (AFP - 30 sept 2019)

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16/09/2019 : Après la mise en cause de la France par des experts de l’ONU sur le Yemen, 17 ONG demandent l’arrêt immédiat des ventes d’armes françaises à l’Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes unis. [4]

"Au-delà des parties au conflit, les experts de l’ONU pointent directement la responsabilité de la France, de l’Iran, du Royaume-Uni et des Etats-Unis qui, en fournissant du renseignement, un soutien logistique ou des armes aux parties au conflit, pourraient se rendre complices de crimes de guerre."

10/08/2019 : "Pays pauvre de la péninsule Arabique, le Yémen est déchiré depuis près de cinq ans par une guerre opposant les rebelles Houthis, originaires du Nord, à des forces progouvernementales soutenues par une coalition militaire menée par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis." (...)

"La prise de la ville yéménite d’Aden par des séparatistes soutenus par les Emirats arabes unis au détriment du gouvernement appuyé par l’Arabie saoudite témoigne des failles dans la relation entre alliés saoudiens et émiratis, selon des experts. (...)

Les Emirats considèrent depuis longtemps le sud comme une base vitale pour étendre leur influence en mer Rouge et dans la Corne de l’Afrique. Ils ont financé et formé divers groupes qui leur sont aujourd’hui favorables.

Leur grand voisin saoudien considère de leur côté les Houthis comme une menace existentielle à sa frontière sud, comparant ces rebelles yéménites au Hezbollah libanais.

Le Yémen est devenu, au fil des ans, le champ de bataille par procuration entre Ryad et Téhéran ..." [5]

" Au nom de l’embargo, la coalition menée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis a imposé des mesures de plus en plus restrictives sur les importations dans le nord-ouest du pays, entraînant des pénuries extrêmes sur les biens de première nécessité. Le sud-ouest du pays n’a pas été épargné par les combats, comme lors de la bataille d’Aden en 2015, pendant laquelle la rébellion houthiste a bombardé des zones résidentielles densément peuplées, ou dans des villes comme Taïz, située sur la ligne de front, dans laquelle la population qui n’a pas pu fuir est piégée.

Déjà défaillant avant le début du conflit, le système de santé du Yémen s’est effondré

Selon le groupe de surveillance indépendant Yemen Data Project, 17 729 civils ont été blessés ou tués au Yémen lors des raids aériens de la coalition menée par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, entre 2015 et 2019. Le gouvernorat de Saada, situé dans le nord, reste le gouvernorat le plus ciblé par ces frappes, avec 23% des raids recensés depuis mars 2015. Les bombardements touchent toutes les infrastructures, notamment civiles." [6]

Le 12 mai, "les rebelles Houthis ont commencé à se retirer de trois ports de l’ouest du Yémen au centre d’un bras de fer depuis 2018 avec la coalition progouvernementale, a prudemment confirmé l’ONU, une version aussitôt mise en doute par un responsable gouvernemental yéménite.

Ce redéploiement avait été l’objet d’un accord lors de pourparlers tenus en décembre sous l’égide de l’ONU en Suède. Farhan Haq, un porte-parole de l’ONU interrogé par l’AFP, a confirmé samedi que l’opération avait "débuté", sans donner plus de détails.

Un chef rebelle, Mohammed Ali al-Houthi, a déclaré l’intention des insurgés de se désengager à partir de samedi des ports de Hodeida, Salif et Ras Issa, sur la mer Rouge, mais un leader loyaliste a qualifié l’annonce de "nouvelle ruse" des Houthis." [7]

 [8]

Le 8 juillet, "les Emirats arabes unis ont annoncé une réduction de leurs troupes au Yémen, affirmant que cela doit leur permettre de passer d’une "stratégie" prioritairement "militaire" à une logique de "paix" dans ce pays dévasté par la guerre.

Abou Dhabi et Ryad sont les piliers d’une coalition militaire qui soutient depuis mars 2015 les forces gouvernementales dans la guerre contre les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran.

Plus de quatre ans après cette intervention étrangère, les Houthis contrôlent toujours de vastes zones de l’ouest et du nord du pays, dont la capitale Sanaa, aucun des deux camps ne prenant le dessus sur l’autre.

Ce conflit a fait des dizaines de milliers de morts, dont de nombreux civils, selon diverses ONG, et provoqué la pire catastrophe humanitaire au monde, d’après l’ONU. Les images d’enfants morts ou malnutris ont fini par faire réagir en Europe mais aussi aux Etats-Unis, où l’idée que les armes vendues à la coalition soient utilisées contre les civils a choqué les esprits." [9]


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