Yémen, le désastre


article de la rubrique international > justice internationale
date de publication : samedi 12 mai 2018
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L’ONU a annoncé le 3 avril, avoir obtenu "plus de 2 milliards de dollars" de promesses d’aides pour le Yémen. Les pays africains envoient des "mercenaires", d’autres africains, poussés par la misère, tentent de rejoindre les pays prospères du Golfe.


12/05/2018 : "Au Yémen, plus de 10.000 Yéménites ont été tués en trois ans de conflit qui oppose les forces yéménites (soutenues par l’Arabie Saoudite) et les rebelles houthis (soutenus par l’Iran) qui contrôlent la capitale Sanaa.

Fuyant la violence et la pauvreté dans la Corne de l’Afrique, notamment en Erythrée, en Somalie et en Ethiopie, quelque 7.000 migrants entrent au Yémen chaque mois. Le nombre total des arrivées pour 2017 a atteint près de 100.000 (...).

Par ailleurs, plusieurs opposants africains ont fait état, à maintes reprises depuis 2015, de l’envoi au Yémen de « mercenaires » du Niger, du Mali, du Sénégal, de Somalie et d’Erythrée. Le Tchad et l’Ouganda y ont également envoyé des hommes ces derniers mois." [1]

05/05/2018 : Alors que "L’Arabie saoudite pousse les réfugiés à regagner le Yémen en guerre" (politique de «  saoudisation  » du marché du travail), l’épidémie de choléra risque de repartir de plus belle avec la saison des pluies, ont averti des chercheurs.

L’épidémie, la plus vaste de l’époque contemporaine avec une estimation à plus de 1,1 million de cas, a commencé en avril 2017. Près de 2.400 personnes sont mortes de septembre 2016 à mars 2018. [2]

04/04/2018 : Questions à Alexandre Faite [3], de retour du Yemen :

- "Vous êtes rentré lundi, vous avez passé deux ans à aider les habitants. Est-ce que l’aide humanitaire peut sauver le Yémen et ses habitants ?"

- "Elle peut bien entendu contribuer à améliorer la situation des plus vulnérables, mais non, l’aide humanitaire ne peut pas sauver le Yémen, le Yémen doit atteindre une solution plus durable de paix, il doit également y avoir une résomption des activités commerciales parce qu’on ne peut pas faire tourner un pays sur la seule assistance humanitaire".

03/04/2018 : "L’ONU a annoncé avoir obtenu "plus de 2 milliards de dollars" de promesses d’aides pour le Yémen sur le total de trois souhaité, lors d’une conférence d’appel aux dons organisée mardi à Genève.

Ce pays est ravagé par la guerre opposant depuis 2015 une coalition dirigée par l’Arabie saoudite face aux rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, qui contrôlent notamment la capitale.

Selon l’ONU, 8,4 millions de personnes sont au bord de la famine au Yémen, dont la population dépend en grande partie de la nourriture importée."

2 mars 2018 : L’Arabie saoudite, "bourreau" du Yémen en guerre, annonce un plan d’aide humanitaire pour les civils alors que Riyad mène des frappes aériennes dans le pays et impose des blocus sur les zones rebelles. (...)

Le port de Hodeïda se devait d’accueillir les bateaux de cette aide humanitaire. Or, depuis le début de la guerre, l’Arabie saoudite a décrété un embargo sur ce port qui, aujourd’hui, ne reçoit plus aucune marchandise. Le plan d’aide humanitaire ne les a pas fait dévier d’un pouce. Les denrées alimentaires et médicales seront livrées par camion, au sud du pays, à environ 500 kilomètres.(...)

Pour un député britannique, "La proposition saoudienne ressemble à celle d’un bourreau qui, entre deux séances de torture, servirait un café à sa victime". [4]

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4 décembre 2017 : "Les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, ont renforcé leur emprise mardi sur la capitale yéménite Sanaa au lendemain de l’élimination de leur ancien allié, devenu leur adversaire, l’ex-président Ali Abdallah Saleh. Selon des sources sécuritaires, les Houthis ont pris le contrôle de tous les sites qui étaient tenus par des partisans de Saleh quelques heures après sa mort lundi.

L’Iran a déclaré, par la voix de son président Hassan Rohani, que les Yéménites allaient faire regretter leurs actions aux "agresseurs", dans une allusion à l’Arabie saoudite, le grand rival régional de la République islamique.

De son côté, le gouvernement saoudien a dit espérer voir le Yémen débarrassé "des milices terroristes soutenues par l’Iran". La disparition à 75 ans d’Ali Abdallah Saleh, l’ancien homme fort du Yémen, tué lundi par des rebelles Houthis au sud de Sanaa, a ouvert un boulevard aux insurgés qui partageaient jusqu’ici le contrôle de la capitale avec lui, estiment des experts" (AFP 05/12/2017)

16 novembre : "Les responsables de trois agences de l’ONU ont affirmé jeudi que " des milliers de victimes innocentes" allaient "mourir " au Yémen si le blocus imposé par la coalition menée par l’Arabie Saoudite se poursuivait." (..) (AFP, jeudi 16/11/2017)


13 novembre 2017, "des milliers de Yéménites manifestent contre un blocus oppressant  :

Dans un hôpital gouvernemental, un médecin, Mohammed al-Ayzari, explique que son département chargé des cas de malnutrition est débordé. "Il y a pénurie de fournitures médicales et de matériels de laboratoire"(....)

Le siège, imposé par une coalition militaire arabe sous commandement saoudien " est oppressant et le monde entier dort ", ont scandé des manifestants qui se sont rassemblés devant le bureau des Nations unies. A travers la capitale yéménite, des habitants se révoltent face à l’aggravation de la situation, alors que les prix des carburants ont augmenté de 60% et ceux de l’eau en citerne de 133%, selon l’ONU."

28 octobre 2017 : Selon l’ONU, le Yémen, pays pauvre de la péninsule arabique, connaît "la pire crise humanitaire au monde". (AFP, 28/10/2017)

Le 30 juillet, deux journalistes du journal Le Monde reviennent du Yemen avec des reportages saisissants sur une guerre qui semble n’émouvoir personne malgré la mort qui frappe des innocents par milliers [5]

AFP, 22 juillet 2017 : "Le chef de l’ONG Care International a estimé que la crise humanitaire au Yémen, un pays pauvre déchiré par la guerre et frappé par une épidémie de choléra, est "une honte pour l’humanité".

D’abord la guerre :
Le Yémen a été ravagé par plus de deux ans de guerre entre les forces progouvernementales soutenues par une coalition arabe conduite par l’Arabie saoudite, et les rebelles chiites houthistes soutenus par l’Iran.

Depuis l’intervention en mars 2015 de la coalition militaire arabe contre les rebelles, le conflit au Yémen a fait plus de 7 700 morts, majoritairement des civils, et 42 500 blessés, selon l’Onu.

Puis un blocus terrible :
« Les restrictions sans fondement imposées à la livraison de biens et services commerciaux et humanitaires au Yémen et l’entrave à leur distribution dans le pays, paralysent la nation, qui a été victime de la guerre trop longtemps » [6]

Maintenant, le choléra et la famine :
"Le patron des opérations humanitaires de l’ONU, M. O’Brien, a accusé mercredi 11 juillet 2017, les belligérants au Yémen et leurs soutiens étrangers d’être responsables de l’épidémie de choléra. Ce scandale du choléra est entièrement fabriqué par l’homme par les parties en conflit et ceux qui, hors des frontières du Yémen dirigent, approvisionnent, combattent et perpétuent la crainte et les combats", a déclaré Stephen O’Brien devant le Conseil de sécurité des Nations Unies (...).

Plus de 320.000 cas présumés de choléra ont été signalés, 1.740 personnes en sont décédées.

Ismail Ould Cheikh Ahmed, envoyé onusien au Yémen, a qualifié la crise humanitaire d’"horrifique" (...). Plus de 7 millions de personnes sont menacées de famine, y compris 2,3 millions d’enfants mal nourris âgés de moins de cinq ans. Le Yémen est l’un des plus pauvres pays arabes."

Un appel à la solidarité internationale :
"M. O’Brien, avait lancé un appel pour récolter 250 millions de dollars pour faire face à la crise du choléra. A ce stade, seuls 47 millions de dollars sont parvenus.

Il a aussi pressé les membres du Conseil à prendre les mesures nécessaires pour que les fonctionnaires soient payés afin que les établissements de santé rouvrent leurs portes.

Par ailleurs, a-t-il indiqué, deux voies cruciales d’approvisionnement doivent être assurées : l’aéroport de Sanaa, fermé l’an dernier, doit rouvrir et le port de Hodeida doit être protégé de toute attaque." [7]

P.-S.

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