Wissam El-Yamni n’a succombé ni à la drogue ni à l’alcool


article de la rubrique justice - police > violences policières
date de publication : mardi 24 janvier 2012
version imprimable : imprimer


Wissam El-Yamni a été arrêté dans le quartier de La Gauthière durant la nuit de la Saint-Sylvestre. Il est décédé après neuf jours de coma.
Une information judiciaire pour coups mortels a été ouverte. Les deux policiers l’ayant interpellé sont actuellement en congés. (Voir cette page)

Le prérapport d’autopsie, qui a été connnu au soir du 23 janvier, ne donne pas la cause précise du décès de ce Clermontois de 30 ans, mais élimine deux hypothèses qui avaient été avancées : il n’est pas mort des suites d’une overdose ou d’une intoxication alcoolique. Des analyses médicales complémentaires ont été ordonnées pour explorer les pistes d’éventuelles violences policières et d’un possible problème cardiaque. Les investigations porteraient notamment sur les conditions du transport de Wissam en voiture jusqu’au commissariat. Ce qui coïncide avec le moment supposé de sa perte de connaissance et le point de départ de son coma.


JPEG - 21.1 ko
(Photo Rémi Dugne/La Montagne)

L’autopsie exclut l’overdose ou l’intoxication alcoolique sans tirer de conclusion définitive

par Bertrand Yvernault, La Montagne, le 24 janvier 2012


Wissam EI-Yamni, plongé dans le coma à la suite de son interpellation, durant la nuit du Nouvel an, à La Gauthière, n’est pas mort des suites d’une overdose ou d’une intoxication alcoolique, selon plusieurs sources proches du dossier. Si le prérapport d’autopsie ne donne pas de cause exacte au décès de ce Clermontois de 30 ans, il évacue ces deux hypothèses.

Il n’exclut pas, en revanche, la possibilité de gestes violents aux conséquences fatales. Ni celle d’un malaise cardiaque. Ces deux axes de recherches seront au cœur des analyses médicales complémentaires, qui ont été ordonnées et qui pourraient prendre de quelques jours à quelques semaines. Les investigations porteraient notamment sur les conditions du transport de Wissam El-Yamni en voiture jusqu’au commissariat. Ce qui coïncide avec le moment supposé de sa perte de connaissance et le point de départ de son coma.

Le parquet s’est refusé, hier soir, à tout commentaire. Selon nos informations, les juges d’instruction en charge du dossier envisagent de recevoir la famille de Wissam El-Yamni très rapidement. Ensuite, en lien avec le procureur de la République, la justice communiquera sur les résultats de l’autopsie. Me Xavier Herman, avocat avec Me Mathieu Sigaud des deux policiers mis en
cause dans cette affaire, n’a pas souhaité réagir à ce stade de l’enquête.

« Je ne sais pas qui a communiqué sur ces résultats. Mais il est trop tôt pour se prononcer en attente des examens complémentaires », a déclaré Me Jean-François Canis, avocat de la famille de Wissam El-Yamni. « Même si le prérapport a donné une piste qui permettrait d’expliquer éventuellement l’arrêt cardiaque ». Me Jean-Louis Borie, avocat de l’épouse, ajoute : « Il faut vérifier la réalité de la scène, croiser toutes les informations pour bien contrôler la véracité des déclarations des uns et des autres ».

Chérif Bouzid, porte-parole à la fois du comité Justice et vérité pour Wissam (composé d’amis du jeune homme) et du collectif Justice et égalité pour tous (une mobilisation plus large afin de « renouer des liens avec les institutions et travailler sur le vivre ensemble »), s’est également exprimé.

Les conditions de transport passées au crible

«  Ce que nous pensons depuis le début, c’est qu’il y a eu faute des policiers », soutient-il. « Il y a une manière d’interpeller les gens. Et, là, la manière employée était très violente. Les policiers incarnent la loi. Ils ont une mission de service public. Ils sont au service de la sécurité. Oui, mais il y a aussi la santé des gens. Et ce n’est pas normal que ce jeune homme, qui n’avait pas de problème physique connu, se soit retrouvé ainsi dans le coma ».

JPEG - 21.1 ko
La mère de Wissam en pleurs, le 14 janvier 2012 à Clermont-Ferrand, lors d’une manifestation de près de 2.000 personnes pour réclamer "justice" et "vérité" (AFP Photo Thierry Zoccolan)

Wissam El-Yamni n’a pas succombé à la drogue ni à l’alcool

[La Montagne, le 23 janvier 2012, 20h45]


L’autopsie de Wissam El-Yamni, mort à la suite de son interpellation à Clermont-Ferrand la nuit de la Saint-Sylvestre, n’a pas permis à ce stade de déterminer les causes de sa mort, qui a pu résulter de possibles gestes violents de policiers, a-t-on appris lundi de source proche du dossier. Le pré-rapport d’autopsie ne livre aucune conclusion définitive mais envisage une cause possible, celle de gestes violents qu’aurait subis l’homme de 30 ans lors de son transport au commissariat, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, a précisé la même source.

Wissam El-Yamni n’a pas succombé à une surdose ou du fait de son imprégnation d’alcool. Des analyses complémentaires sont en cours, qui prendront plusieurs semaines, sur les gestes des policiers ou encore sur un éventuel problème cardiaque. Interrogé, l’avocat de l’épouse de M. El-Yamni, Me Jean-Louis Borie, a estimé que des investigations complémentaires étaient nécessaires "pour établir si les policiers ont effectué les gestes techniques professionnels d’intervention habituels, ou s’ils ont eu recours à des violences illégitimes". "Nous devons vérifier la véracité du déroulement des faits tel que relaté par les policiers dans leurs dépositions", a-t-il ajouté. Le chauffeur routier est mort neuf jours après être tombé dans le coma à la suite d’un malaise cardiaque lors de son interpellation. L’affaire a provoqué plusieurs nuits de tension à Clermont-Ferrand et une forte colère contre la police.

Une information judiciaire pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique" a été ouverte. Deux policiers, actuellement en congés, sont visés dans cette affaire. Le parquet de Clermont-Ferrand n’a pas souhaité faire de déclaration dans l’immédiat. [AFP]


Suivre la vie du site  RSS 2.0 | le site national de la LDH | SPIP