Var : où sont donc les aires d’accueil et de passage pour gens du voyage ?


article de la rubrique roms et gens du voyage > gens du voyage dans le Var
date de publication : jeudi 7 juin 2012
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Le schéma des gens du voyage pour le Var, approuvé en 2003, avait préconisé 18 aires d’accueil et 8 aires de grand passage. Six années plus tard, le département n’avait homologué [1] que 3 aires d’accueil, à Brignoles, au Luc et à La Farlède, et une seule aire de grand passage à Fréjus – mais celle-ci est refusée par les intéressés.

La révision du schéma, lancée conjointement par l’Etat et le Conseil général lors de la réunion de la commission départementale consultative le 21 janvier 2010, a revu ces préconisations à la baisse ne retenant que 10 aires d’accueil et 5 aires de grand passage. Dans la réalité, une seule nouvelle aire est aujourd’hui sur le point d’ouvrir, celle de La Millonne à Six-Fours [2], et une autre est en projet à La Chaberte.

Selon la loi du 5 juillet 2000, la réalisation des aires d’accueil et de grand passage pour les gens du voyage est une obligation qui incombe aux communes de plus de 5 000 habitants. Dans l’agglomération de Toulon, cette compétence a été transférée à la communauté d’agglomération TPM qui est chargée d’organiser l’accueil des gens du voyage sur son territoire.

La multiplication des incidents – Sanary, Fréjus, Hyères, après La Garde, Le Pradet, La Seyne ... – traduit, en particulier dans TPM, l’insuffisance dramatique de structures permettant d’accueillir des gens du voyage. Comment s’étonner des occupations sauvages de terrains publics ou privés et des conflits avec les riverains et avec les autorités ? Ce sont les élus qui, par leur non-respect de la loi, sont responsables de cette situation.

Ci-dessous, quelques extraits de la presse locale ...


FRÉJUS : Les gens du voyage s’installent

par Prisca Thivaud, Var Matin, le 6 juin 2012


Les gens du voyage sont de retour dans l’Est-Var. Après leur installation, forcée, du côté de Puget-sur-Argens, en février dernier, ce sont quelque quatre-vingt-deux caravanes qui se sont établies, ce week-end, sur un terrain privé situé à proximité du groupe scolaire Aurélien à Fréjus. Idem un peu plus loin, route des Vernèdes.

De quoi inquiéter bon nombre de riverains : « Ce n’est pas normal qu’ils puissent venir comme ça, occuper un terrain privé, se servir en eau et électricité et tout laisser dans un état pitoyable en partant. En toute impunité », déplorait, scandalisée, Marie.

Interrogé, l’adjoint à la sécurité de Fréjus, Bernard Tardif dit qu’il est conscient du problème. Même si la marge de manœuvre de la ville est mince, pour ne pas dire inexistante. « Deux cent trente-six locataires se sont installés vers le groupe Aurélien. À peu près autant aux Vernèdes, sur un terrain qu’ils ont déjà occupé par le passé. Nous n’avons pas été informés de plaintes des propriétaires. Pour autant, nos policiers municipaux sont allés recenser la population, relever les immatriculations des véhicules ». Et pour régler les problèmes d’hygiène, la municipalité a mis des bennes à disposition.« Quant à l’eau et l’électricité, ils ont des tours de magie que je ne maîtrise pas ! »

L’aire de grand passage désertée

La communauté serait apparemment venue « en voisine », du Golfe de Saint-Tropez. Mais pas question, une fois encore, de l’orienter vers l’aire de grand passage. Un site que peu d’entre eux semble apprécier. « L’aire de grand passage est disponible, il y a de la place. Mais ils n’en veulent pas, au prétexte qu’ils sont trop nombreux et veulent rester ensemble. Ils font ce qu’ils veulent. D’ailleurs, comme je le faisais remarquer récemment en préfecture, au cours des quatre dernières années, les gens du voyage ne l’ont fréquentée qu’une semaine ! » [...]

HYÈRES : Cent caravanes bloquent le quartier du Golf-Hôtel

par G. K.-D., Var Matin, le 4 juin 2012


Plusieurs familles de la communauté évangéliste « vie et lumière » se sont présentées hier devant le lycée professionnel pour s’y installer. Le secteur était encore paralysé à 22 heures.

Situation bloquée hier soir dans le quartier du Golf-Hôtel à Hyères, où une centaine de caravanes s’est présentée en fin d’après-midi. La cornmunauté évangélique pensait s’installer sur un parking attenant au lycée proprofessionnel ou sur le stade dont la pelouse synthétique vient d’être installée. Mais, pour les représentants de la municipalité hyéroise, les autorisations n’avaient pas été données dans ce sens.

Les véhicules ont donc bloqué durant plusieurs heures la seule et unique voie menant au quartier (la route du Plan-du-Pont). Plusieurs résidents et militaires n’ont pu rejoindre leur domicile ou en partir.

La ville reste ferme

Dépêchée sur place comme à chaque situation similaire, Christine Pilon, adjointe à la sécurité, était accompagnée de Fabrice Werber, chef de la police municipale, et de François Espinas, référent départemental de la préfecture pour l’accueil des gens du voyage.
Arguments contre arguments, les deux parties n’étaient toujours pas parvenues à s’entendre à 22 heures.

L’adjointe, Christine Pilon, déclarait : « Je suis d’accord pour que tout le monde respecte la loi, mais cela n’exempte pas les gens du voyage de respecter les
biens et les personnes. Il n’est pas question qu’ils s’installent ni sur le stade dont la pelouse a coûté 300 000 euros, ni sur le parking car les épreuves du bac ont lieu demain. L’établissement doit être accessible
 ».

La loi de 2000

Pour M. Lemiére, pasteur de la communauté : « Il y a eu des courriers et des fax envoyés à la commune et à la préfecture pour prévenir de notre arrivée ». «  Nous souhaitions un terrain pour une centaine de caravanes et pour une durée de 15 jours. La loi de 2000 oblige les collectivités à avoir des aires de grand passage, mais les communes ne nous accueillent pas bien, prétextant qu’elles n’ont pas de places, pas de sites. Que fait-on alors ? Où installons-nous nos familles, nos enfants ? Nous sommes au XXIe siècle et les gens nous considèrent encore comme des voleurs. C’est détestable. »

Plusieurs solutions ont été envisagées : l’ancien Leclerc, terrain privé, les Salins, l’Almanarre, mais aucun n’est assez grand pour contenlr autant de caravanes. L’aire de grand passage louée l’an dernier – au magasin Caslno n’a pas été relouée cette année par la municipallté.

Des riverains en colère

Côté rlverains, la situation était difficilement soutenable. Christlan Bernezet, président du CIL du Golf-Hôtel précise : «  Les gens d’ici n’y sont pour rien. ils veulent juste vivre normalement, aller et venir à leur guise. Mais là, c’est tout un quartier qui est pris en otage, c’est inadmissible. Il faut trouver une solution ». Côté préfecture, ses représentants ont exigé de la ville d’Hyères qu’elle trouve une solution. Un terraln se trouvait bien à proximité, mais labouré, il ne peut être occupé par les véhicules car impraticable.

Une vingtaine de policiers municipaux étaient sur place, rejoints plus tard par plusieurs éléments de la police nationale.
De leur côté, les gens de la communauté du voyage envoyaient un groupe en repérage dans le secteur pour tenter de trouver une autre solution. Mais hier, à 22 heures, le quartier était toujours bloqué.

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(Photo Patrick Beaudet)

Les gens du voyage investissent l’ancien centre Leclerc à Hyères

par D. Z., Var Matin, le 5 juin 2012


Les quelque 80 caravanes des gens du voyage qui avaient investi le quartier du Golf-Hôtel, à Hyères, dans la soirée de dimanche à lundi, ont investi dans la nuit le parking de l’ancien centre commercial Leclerc. Pour le plus grand confort des membres de la communauté évangélique, et au grand dam des autorités et du propriétaire de ce site privé. M. Lemière, pasteur évangélique, était très satisfait hier matin : « Nous nous sommes branchés sur les sources d’eau sur place, mais, comme partout où nous allons, nous prévenons les services d’EDF qui nous ouvrent des lignes et nous réglons nos factures. » Installée pour trois semaines, la vingtaine d’enfants du groupe sera scolarisée dans divers établissements. « Tout se passera très bien. A Gardanne, ils étaient tellement contents de nous, que le maire voulait que l’on reste une semaine de plus », se félicite M. Lemière.

Pas sûr que le bilan soit le même dans la cité des palmiers. Christine Pilon, adjointe à la sécurité, ne décolérait pas hier matin : « Il était impératif qu’ils quittent le secteur du Golf Hôtel. Mais ils se sont installés sur le parking de l’ancien Leclerc, en cassant le portail et en déplaçant les blocs de béton. Ils savent pertinemment qu’il n’y a pas de place sur Hyères en ce moment. D’autant qu’ils ne sont même pas inscrits sur la liste déposée en préfecture des groupes qui demandent à venir. La police nationale a relevé l’identification des véhicules et le propriétaire des lieux doit déposer un référé. »Il lui en coûtera 5 000 euros et la procédure pourrait durer une quinzaine de jours.

SANARY : Les gens du voyage occupent trois sites

par D.D, Six-Fours.net, le 27 mai 2012


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Dimanche soir au stade de la Guicharde.

Dans la nuit de jeudi à vendredi une vingtaine de caravanes se sont installées sur le terrain d’une propriété privée du côté du chemin de la Tourelle. Même si le début a été mouvementé, finalement une convention a été signée entre le propriétaire, les gens du voyage et la préfecture ; visiblement cela se passe bien et ils devraient partir en début de semaine.

Par contre, cela a été plus délicat samedi soir où près de 140 caravanes se sont installées à l’ancien camping de Péchiney. L’élue Arielle Sarazin était d’astreinte, et n’a pu empêcher leur venue. Des dégâts matériels ont été constatés, avec le mur de la clôture détruit. Police municipale et nationale étaient sur les lieux.
Re-belotte dimanche vers 10 heures du matin, où le portail de l’entrée du stade de la Guicharde a été fracturé afin que les caravanes s’y installent. Le gardien Antonio a essayé de les en empêcher, rejoint par l’autre gardien William, l’élue Ariel Sarrazin et Jean-Luc Granet ainsi que les policiers municipaux ; il n’y avait pas la police nationale dans la matinée. L’installation s’est effectuée par petits groupes, il n’y avait qu’une quinzaine de caravanes dans la matinée, et le soir il devait y en avoir près de cinquante.

A la Guicharde il s’agit de l’association "la vie du voyage", et à Péchiney, de "vie et lumière". Le représentant de la Vie du voyage nous disait : "on a silloné plusieurs villes, et on n’a trouvé aucun site pour s’installer. Au départ on avait décidé d’aller du côté du stade du Léry, mais tout a été bétonné. On a trouvé juste ce stade. Le problème est tout simple : on n’a aucun lieu, on n’a pas d’autre choix, mais on s’engage à laisser les lieux propres et on devrait partir le 8 juin".

Les élus et agents présents n’ont eu d’autres alternative que de constater leur installation. Mis devant le fait accompli, un dialogue a pu être instauré. Mais l’association a l’habitude de ces bras de fer, et s’attend aux procédures qu’engagera la commune, qui en mènera deux en simultané pour Péchiney et la Guicharde dès mardi. Le hic c’est que le stade de la Guicharde devrait accueillir un tournoi de football national les 9 et 10 juin, et pas sûr que cela soit possible, dans la mesure où la pelouse risque de souffrir. [...]

Gens du voyage : où en sont les aires d’accueil et de passage ?

par Ambre Mingaz, Var Matin, le 3 février 2012


Au Pradet comme à La Garde, les intrusions répétées des caravanes des gens du voyage mettent les habitants à cran mais l’agglo n’a toujours pas réalisé son aire de grand passage.

Des caravanes par grappes entières, des vêtements étendus sur les fils à linge et des branchements électriques sur les lampadaires municipaux... Au Pradet comme à La Garde, l’intrusion répétée des gens du voyage provoque toujours l’exaspération du voisinage. Et cela depuis des années.

Soixante caravanes au Pradet

Depuis plusieurs semaines, une soixantaine de caravanes a ainsi trouvé refuge face aux terrains de La Bâtie, au Pradet, près du rond-point en travaux. Les riverains ont interrogé la municipalité récemment (notre édition du 30 janvier). Bernard Pézery, le premier adjoint au maire, a répondu que « dans l’attente du schéma départemental des aires de passage défini par l’agglomération Toulon Provence Méditerranée, il était très difficile pour le préfet de procéder à des expulsions. »

Une réponse que les Gardéens et l’association de défense du Plan de La Garde connaissent bien. Pour Christiane Grandchamp, présidente de l’association : « Chacun se renvoie la balle entre les communes, le préfet et TPM. Ça dure depuis des années. Tant qu’il n’y aura pas de schéma départemental pour les aires de grand passage et les aires d’accueil, il y aura des intrusions. »

La gestion du schéma revenant à l’agglomération, Valérie Paecht-Luccioni, directrice générale adjointe à TPM, reconnaît : « Concernant l’aire de grand passage, le bât blesse. Nous sommes toujours en quête d’un terrain pour une aire définitive. Nous avons étudié des tas de terrains, mais à chaque fois, on nous oppose qu’il s’agit de zones protégées. »

L’année dernière, la ville d’Hyères est ainsi venue à leur secours, mettant provisoirement l’un de ses terrains à disposition. Mais qu’en sera-t-il en juin prochain, où 150 caravanes sont attendues sur le secteur ? Les communes tendent le dos. [...]

LA SEYNE : 150 caravanes ont investi le stade Léry

par Jérôme Poillot, Var Matin, le 3 août 2011


Toujours pas d’aire d’accueil pour les gens du voyage. Alors dimanche, ils ont investi la belle pelouse du terrain de rugby.

Lundi vers 14 h, au lendemain de leur arrivée, l’ambiance qui règne semble pourtant idyllique. Une pelouse moelleuse comme un tapis, un ciel bleu et sans nuages, des enfants jouent, les femmes rangent, débarrassent, certains partent à la plage.

La veille, environ 150 familles de la communauté évangélique des gens du voyage se sont installées, avec voitures et caravanes, sur le stade Léry.

Seulement, comme d’habitude, les choses ne se sont pas faites dans la sérénité. Comme d’habitude, les « voyageurs » ont dû forcer le passage pour y entrer. Sans autorisation. Toujours le même problème : il n’y a pas d’endroit alentour prévu pour accueillir une telle concentration.

Malgré la loi qui impose aux préfectures de prévoir une aire dite de grand passage : c’est-à-dire une superficie de 3 hectares minimum, permettant d’accueillir jusqu’à 300 caravanes, avec approvisionnement en eau, sanitaires et enlèvement des ordures.
Une sorte de latence juridique, au même titre que les aires d’accueil d’une cinquantaine d’emplacements qui incombent aussi aux communes de plus de 5 000 habitants…

La ville veut négocier leur déplacement

Le seul dénouement se trouve entre les mains du préfet. Celui-ci, après que la municipalité l’a sollicité, peut ordonner l’expulsion, avec, dans le pire des cas, le recours à la force publique.

Les Gitans ont alors généralement une quinzaine de jours pour lever le camp. Et dépendent, en attendant, du bon vouloir de la municipalité pour ce qui a trait à l’accès à l’eau, à l’enlèvement des ordures, etc.

Pour le délai de quinze jours, les gens du voyage ici concernés doivent de toute façon se rendre dans le Loiret, le 18 août, pour un grand rassemblement de leur communauté, où se rassemblent généralement 6 000 à 7 000 caravanes.

Ce qui préoccupe surtout les élus Seynois, c’est l’état du terrain après leur départ : « Avec les allées et venues des véhicules, ça coûtera au moins 30 000 euros de tout remettre en état », s’inquiète l’adjoint aux sports, Toussaint Coddaccioni. « Sans compter que l’USS (le club de rugby de La Seyne) devait reprendre les entraînements ce lundi…  » Ils iront en attendant s’entrainer au stade Marquet. Quant au référé transmis au préfet, « il doit partir dans les heures qui viennent », précisait lundi Raphaëlle Leguen, première adjointe au maire. [...]

La Seyne vise TPM au porte-monnaie

par Marielle Valmalette, Var Matin, le 3 octobre 2011


La facture est assez salée après le passage des gens du voyage, cet été au stade Léry. La ville a calculé que les travaux de remise en état de la pelouse et de mise en sécurité du site (blocs de pierre, buses en béton) s’élèvent à près de 30 000 euros.

Une note qui reste en travers de la gorge de la première adjointe, Raphaële Le Guen, alors que le terrain du stade venait d’être refait.
La dégradation de la pelouse a, en plus, eu pour conséquence de retarder la reprise des entraînements des clubs sportifs.

« Les Seynois en ont marre de payer »

Vendredi dernier, lors du conseil municipal, le maire a demandé à Toulon-Provence-Méditerranée de prendre en charge la moitié de la facture. « C’est une première », a souligné Raphaële Le Guen. Cette fois, la commune estime que « ce serait trop demandé aux Seynois de payer les pots cassés ». [...]

Cette délibération est surtout une manière de mettre la pression sur TPM, qui « ne remplit pas son rôle en matière d’accueil des gens du voyage », selon Raphaële Le Guen. [...]

Notes

[1Le schéma départemental du Var sur le site officiel consacré aux gens du voyage.

[2Située dans la zone d’entreprise du même nom, sur la commune de Six-Fours, L’aire d’accueil de La Millonne comportera quatorze emplacements de 150 mètres carrés, chacun pouvant accueillir deux caravanes. D’une surface totale de 6 874 mètres carrés, l’aire sera pourvue « de six blocs sanitaires doubles, de deux blocs individuels, d’un emplacement pour la collecte des déchets et d’un local de gestion », précise-t-on à TPM (La Marseillaise du 17-11-2010).


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