Toulon, par Maurice Agulhon


article de la rubrique Toulon, le Var > histoire
date de publication : mercredi 16 juin 2004
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" Le passé n’est jamais mort. Il n’est même jamais le passé."

William Faulkner - Requiem pour une nonne


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Toulon avant la construction des fortifications de Vauban - dessin du chevalier de Clerville (1610-1677)

L’écolier qui apprend son histoire de France élémentaire rencontre au moins deux fois Toulon :

- en 1793, lorsque la ville, livrée aux Anglais par la Contre-Révolution, est rendue à la France par le génie militaire du capitaine Bonaparte, et devient du coup le premier foyer de la gloire napoléonienne ;

- en 1942, lorsque, près d’être atteinte par l’envahisseur hitlérien, la flotte prend le parti héroïquement neutre de se saborder.

Ces contributions de Toulon à la grande histoire spectaculaire sont l’une et l’autre militaires. On pouvait s’y attendre ! Qui ne sait de Toulon qu’une seule chose sait au moins celle-ci : c’est le port de guerre de la France sur la Méditerranée. Peu de villes, peu d’images de villes s’identifient autant à un rôle que celle de Toulon à la Marine, royale puis nationale. L’histoire de Toulon, idéalement, c’est la convergence ou le recoupement de deux histoires, celle d’une ville et celle d’un port de guerre.

Maurice Agulhon - préface à Histoire de Toulon - Privat éditeur - 1980


"La conquête de l’Algérie, poursuivie au-delà de 1830, avec tous ses prolongements, notamment marocains, est de loin l’affaire la plus importante [de l’époque 1815-1851]. Quelque jugement que l’on puisse aujourd’hui porter sur cette page d’histoire de la France, l’historien de Toulon ne saurait la sous-estimer. C’est en ces murs et dans cette rade que l’expédition s’est préparée, portant l’activité de la ville à un degré inouï, c’est de ce port que sont partis (le 25 mai 1830) et c’est là que sont revenus les navires de guerre, mais aussi de courrier, et de ravitaillement. Pendant la vingtaine d’années où les relations de la France avec l’Afrique du Nord ont été principalement militaires (et très secondairement économiques) , Toulon en a été la plaque tournante ; la tête de la France africaine a été Toulon avant que d’être Marseille ; la presse toulonnaise, qui copiait selon l’usage dans celle de Paris ses informations politiques, était en revanche la source des nouvelles d’Afrique pour la métropole. C’est au Fort Lamalgue qu’Abd el Kader sera détenu quatre mois (décembre 47- avril 48), avant son transfert à Pau."

Maurice Agulhon - in Histoire de Toulon - chapitre VI - éd Privat - 1980

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caserne Grignan

[ La caserne Grignan a été construite de 1902 à 1908 sur les contreforts du mont Faron à l’emplacement de l’ancien camp retranché de Sainte Anne. Ses imposants bâtiments dominaient Toulon et offraient une vue superbe sur le port et la rade.
Elle accueille tout d’abord les 111ème et 112ème Régiments d’Infanterie puis, dès 1914 devient spécifiquement coloniale et reçoit pour de longues années le 8ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais appelé alors 8ème Régiment d’Infanterie Coloniale puis le 10ème Régiment du même nom.
Le 16 mai 1945, le Centre d’Administration des troupes coloniales n°6 (CATC6) s’y installe suivi en juillet 1948 par le 4ème Bataillon de Tirailleurs Sénégalais. Le 4ème RIC qui deviendra 4ème RIMa (Régiment d’infanterie de marine) au 1er janvier 1958, occupe les lieux jusqu’en 1979.
L’école des infirmiers de la Marine qui se trouvait sur le site de l’HIA Ste Anne depuis 1953 , y est alors transférée.
La caserne Grignan a été rasée en 2003 en vue de la construction du nouvel hôpital d’instruction des armées. ]

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