Toulon : « migrants-réfugiés »


article de la rubrique les étrangers > à Toulon
date de publication : dimanche 8 novembre 2015
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Le “collectif migrants-réfugiés” a écrit le 29 octobre à Hubert Falco, maire de Toulon et président de la communauté d’agglomérations TPM, pour s’informer des dispositions que ce dernier envisage de prendre pour venir en aide aux migrants (notre lettre).

Devant l’absence de réaction du président Falco, certains membres du collectif ont été assister à la séance du conseil communautaire qui s’est tenue mardi matin 5 novembre. A l’issue de la réunion, ils sont parvenus à échanger quelques bribes avec H. Falco.
Ci-dessous : les brèves publiées dans la presse du 6 novembre, suivies de la lettre que ce dernier a finalement adressée au collectif, le 6 novembre.

Pour le collectif, tous les migrants doivent être accueillis dignement, quel que soit leur pays d’origine : Roumanie, Syrie , Erythrée, Afghanistan etc ...
Mobilisons-nous pour un accueil inconditionnel de tous les migrants et affirmons notre solidarité !


Lu dans la presse du 6 novembre

  • Ils n’en ont pas parlé... [Var matin]

Un collectif composé d’associations et de partis politiques (plutôt de gauche) s’est formé dans l’agglomération autour de l’accueil des migrants. Ses représentants espéraient qu’une motion soit lue et discutée durant le conseil communautaire. Ce ne fut pas le cas.
À l’issue de la séance, quelques représentants du collectif ont attendu le président de TPM pour lui demander ses intentions quant à l’accueil des réfugiés. « J’attends les instructions du préfet », a lâché Hubert Falco avant de quitter les lieux.

  • Et les réfugiés ? [La Marseillaise]

Ils étaient une petite dizaine, dans le public. Le collectif "réfugiés", qui rassemble plusieurs associations humanitaires (RESF, Cimade, LDH...), partis politiques (PCF, PS, PG...) ou encore syndicats (CGT, FSU...), avait décidé d’interpeller l’assemblée sur l’accueil des réfugiés dans l’agglo’. C’est à la sortie que les militants attendaient le président de TPM. « J’attends les instructions du préfet  », soufflera le maire de Toulon avant de filer. Pas suffisant pour les membres du collectif « Nous n’avons pas de réponse, il existe des endroits où les collectivités prennent les devants. Là : silence total. C’est comme si rien ne se passait... »

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Photo Var matin

Lettre de Hubert Falco adressée au président du collectif

Toulon, le 6 novembre 2015

Monsieur,

J’ai bien pris acte de la démarche de votre collectif qui souhaite une rencontre afin d’organiser l’accueil de migrants sur la commune.

J’ai bien pris acte également de votre mobilisation et de votre volonté de participer à ce grand élan de solidarité à l’égard de ces populations que les guerres, les révolutions, et autres crises ont chassé de chez eux.

Je suis tout comme vous particulièrement ému par cette situation alarmante et inédite que l’Europe doit affronter avec humanité et responsabilité, dans le respect de ses fondements.

Mais c’est à l’État et non aux collectivités de déterminer les conditions de prise en charge de ces réfugiés politiques, qui quittent leurs terres pour sauver leurs vies et celles de leurs enfants et qui aspirent à y
retourner, lorsque la paix y sera rétablie.

Ainsi, lorsque l’État aura fixé des règles, défini une méthode, affirmé des objectifs, consacré les moyens nécessaires à la prise en charge de cet accueil d’urgence, nous pourrons dès lors nous assoir autour d’une table pour organiser l’accueil de réfugiés politiques, sans pour autant inciter une émigration économique massive que nous ne pouvons plus assumer.

Dans ces conditions, je saurai prendre mes responsabilités d’élu local et je serai un partenaire attentif, sans me substituer pour autant au Préfet qui doit coordonner les actions de chacun, pour en garantir l’efficacité et l’adéquation avec les objectifs du gouvernement et les valeurs de la République.

Certain que vous saurez comprendre mon positionnement,

Je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.


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