Toulon au 19ème siècle : les expéditions coloniales


article de la rubrique Toulon, le Var > histoire
date de publication : août 2003
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"La conquête de l’Algérie, poursuivie au-delà de 1830, avec tous ses prolongements, notamment marocains, est de loin l’affaire la plus importante [de l’époque 1815-1851]. Quelque jugement que l’on puisse aujourd’hui porter sur cette page d’histoire de la France, l’historien de Toulon ne saurait la sous-estimer. C’est en ces murs et dans cette rade que l’expédition s’est préparée, portant l’activité de la ville à un degré inouï, c’est de ce port que sont partis (le 25 mai 1830) et c’est là que sont revenus les navires de guerre, mais aussi de courrier, et de ravitaillement. Pendant la vingtaine d’années où les relations de la France avec l’Afrique du Nord ont été principalement militaires (et très secondairement économiques), Toulon en a été la plaque tournante ; la tête de la France africaine a été Toulon avant que d’être Marseille ; la presse toulonnaise, qui copiait selon l’usage dans celle de Paris ses informations politiques, était en revanche la source des nouvelles d’Afrique pour la métropole. C’est au Fort Lamalgue qu’Abd el Kader sera détenu quatre mois (décembre 47- avril 48), avant son transfert à Pau."

Maurice Agulhon - in Histoire de Toulon - chapitre VI - éd Privat - 1980

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Une plaque commémorative sur une digue fermant les plages du Mourillon

Les troupes envoyées par Charles X débarquèrent à Sidi-Ferruch le 14 juin et s’emparèrent d’Alger le 5 juillet 1830. Mais c’est sous le règne de Louis-Philippe que s’accomplit la conquête de l’Algérie et que débuta la colonisation. Les troupes et le matériel transitaient exclusivement par Toulon qui devint la base logistique de l’entreprise algérienne et qui prit alors un essor considérable. Les bâtiments de la Marine nationale garderont pendant une dizaine d’années le monopole des communications avec l’Algérie.

Toulon a été la base de départ de nombreuses expéditions militaires et coloniales

Dès le dix-huitième siècle : une division navale en provenance de Toulon apporta son soutien à la conquête de la Corse (1768-1769). En 1778, une escadre partie de Toulon, sous les ordres de l’amiral d’Estaing, participa à la guerre d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique.

Expédition d’Irlande en 1796, d’Egypte en 1798, de Saint Domingue en 1802-1803.

En 1823, intervention en Espagne pour venir au secours de Ferdinand VII renversé par une révolution libérale ; expédition de Morée (Grèce) en 1828 ; en 1831, une expédition est menée contre le Portugal et, en 1832, contre l’Italie.

L’escadre française qui bombarda les ports marocains de Tanger et de Mogador (Essaouira) en août 1844 était partie de Toulon.

Le 27 mars 1854, la France déclara la guerre à la Russie. Jusqu’en 1856, 310 000 hommes furent acheminés dans les deux sens entre Toulon et la Crimée ; la marine prit part au siège de Sébastopol. Des corps expéditionnaires partirent de Toulon pour des campagnes lointaines en Chine (bombardement de Canton le 27 décembre 1858, le conflit durera jusqu’en 1863) et en Cochinchine (1862-67), pour des interventions en Syrie et au Liban (1860-1861), et pour soutenir notre expédition au Mexique (1861-1863).

La politique d’expansion coloniale de Jules Ferry à partir des années 1880 permet à Toulon de jouer le rôle de base logistique dans la préparation des expéditions, l’embarquement des troupes et leur transport outre-mer. En mai 1881, la Tunisie devient un protectorat français ; des détachements débarqués de l’escadre réprimèrent le soulèvement du sud tunisien, en prenant Sfax, Gabès et Djerba (juillet 1881). Expédition au Congo en 1882-1883 et au Dahomey en 1890-1894. La conquête du Tonkin (1882-83) s’organise à partir de Toulon, qui contribue également à celle de Madagascar à la fin du 19ème siècle.


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