Toulon, années 90 : la gestion financière du FN


article de la rubrique extrême droite > le FN, hier et aujourd’hui
date de publication : mercredi 12 mars 2014
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Au milieu des années 1990, le Front National l’a emporté dans quatre grandes villes du Sud-Est dont Toulon. Vingt ans plus tard, un constat s’impose : à l’exception de Jacques Bompard, à Orange, qui n’est plus au FN mais qui en est resté proche, les trois autres élus ont disparu du champ politique, leurs mandats ayant été marqués par une série d’“affaires”. L’expérience FN s’est soldée par un échec !

Pour se limiter à un seul exemple, à Toulon, le couple Le Chevallier a créé Jeunesse toulonnaise, une structure pro-FN qui sera liquidée en 1999, laissant une ardoise de 3 M€ à la municipalité d’Hubert Falco, qui lui a succédé en 2001.

« J’ai trouvé la ville dans un état lamentable, avec une épargne nette négative, une véritable cavalerie ! Les dépenses de personnel avaient augmenté de 60% en six ans et celles d’investissements étaient en chute libre ; le préfet menaçait même de fermeture les cantines scolaires, plus aux normes », affirme aujourd’hui le maire sortant, Hubert Falco (UMP) [1].

Mais ce rappel est insupportable aux candidats FN d’aujourd’hui : ils dénoncent avec force ce qu’ils qualifient de « désinformation », visant à « faire croire à la “gestion calamiteuse” ou au “bilan catastrophique” du Front National de 1995 à 2001 ». Et pourtant les faits sont là !


Un audit financier

Dès son élection en mars 2001, le nouveau maire, Hubert Falco, a commandé un audit financier au cabinet Michel Klopfer. Ses conclusions, rendues publiques en septembre 2001, ont confirmé les craintes : Toulon était une des villes les plus imposées de France, avec une dette de 1,4 milliard de francs (213,43 millions d’euros), pour un budget de 1,5 milliard. Voici un extrait de ses conclusions :

L’audit financier révèle d’importants dysfonctionnements budgétaires

[Les Echos n° 18499 du 01 Octobre 2001] [2]


Une situation financière tendue, un manque de procédure et des risques financiers importants, telles sont les principales conclusions de l’audit financier réalisé par le cabinet Klopfer à la demande du nouveau maire de Toulon. L’étude montre ainsi que la dette de la ville a diminué de 11 % pour atteindre 210 millions d’euros en 2000, mais « ceci est le fruit de la faiblesse des investissements alors qu’il aurait dû résulter d’une amélioration de l’autofinancement ». Entre 1997 et 2000, l’investissement s’est élevé à 105 euros par habitant et par an au lieu de 228 euros en moyenne pour les villes de plus de 100.000 habitants. Toulon est en outre confronté à une progression des recettes réelles de fonctionnement limitée à 1,9 % par an alors que celles des dépenses réelles de fonctionnement était en moyenne de 2,7 % avec un sommet en 2000 où elles ont progressé de près de 6 %. Un effet de ciseaux qui fait diminuer l’épargne passée de 15,8 à 13,8 % des recettes de fonctionnement.

Un rapport de la CRC

La Cour régionale des comptes a publié en 2007 un rapport sur la gestion de la commune de Toulon au cours de la période 1995-2005. Un rapport intéressant car, si le FN a gagné les élections municipales le 18 juin 1995, il a été chassé de la mairie en 2001 par Hubert Falco (DL puis UMP).
Ce rapport de la CRC permet donc de comparer, dans une certaine mesure, la gestion de l’extrême droite et celle d’une droite traditionnelle – d’autant que la Cour prend soin de distinguer les deux périodes 1995-2001 et 2001-2005.

Quelques résultats chiffrés extraits du rapport de la Chambre régionale des comptes [3] concernant Toulon pour la période 1995-2005 :

Avant/après 2001

- Les charges de personnel représentent une part très importante – 66 % – des charges de gestion pour la commune de Toulon.
Mais les dépenses de personnel ont plus augmenté sous le Front National que sous Hubert Falco : augmentation moyenne de 3,62 % par an sur la période 1997-2001, et de 2,89% de 2001 à 2005.

- L’endettement : l’encours de la dette par habitant est passé de 1 491 € en 1995 à 1 288 € en 2001 et à 998 € en 2005

- Les dépenses d’équipement ont progressé de 9,52 % de 1997 à 2000, et de 17,67 % pour la période 2001 – 2004.

La seule et unique “amélioration” que l’on peut porter au crédit du FN est la diminution de la dette, mais elle est liée à une absence de réalisations et d’investissements.
Jean-Yves Waquet, tête de la liste soutenue par le Front National, répète [4] que Jean-Marie Le Chevallier a certes commis des erreurs au cours de son mandat, mais que « la politique rigoureuse mise en oeuvre par l’adjoint aux finances de la municipalité FN a permis de sauver la situation ». Le candidat Bleu marine refuse de qualifier la gestion de Le Chevallier de « calamiteuse » et parle à ce propos de « désinformation ».

Le qualificatif de calamiteux est peut-être un peu fort, mais on peut affirmer sans exagération que le Front National a laissé les finances de la ville de Toulon dans un piètre état. Il ne faudra pas l’oublier au moment du vote !

Notes

[4Et il l’a écrit dès le 23 mars 2013 dans une lettre adressée à la direction de Var Matin pour protester contre un article paru dans ce quotidien – référence : http://fn83.fr/?p=2377


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