TPM et les réfugiés


article de la rubrique les étrangers > à Toulon
date de publication : lundi 2 novembre 2015
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A Toulon comme ailleurs, depuis des années, des associations se sont impliquées dans le soutien et l’aide aux “migrants” : le Réseau éducation sans frontière (RESF) plus particulièrement concerné par les mineurs, la Ligue des droits de l’Homme qui apporte une aide personnalisée à ceux qui s’adressent à elle, la Cimade, le CCFD-Terre solidaire ... Depuis sept ans, une fois par mois, ces associations organisent un "Cercle de silence" pour faire connaître leurs actions et sensibiliser les Toulonnais à la situation de ceux que l’on désignait naguère par l’expression “sans papiers”...

Depuis début avril 2015, ce collectif informel tente d’élargir son action à d’autres associations et à des organisations syndicales ou politiques. C’est ainsi qu’a été organisé un rassemblement, le 27 juin, et que Toulon a relayé une manifestation nationale, le 8 septembre pour exiger « un accueil conforme aux droits élémentaires des êtres humains ».

Aujourd’hui, le collectif se félicite de la mise en place par la préfecture d’un “Plan réfugiés”, tout en souhaitant être mieux informé à son sujet. D’autre part, il souhaite vivement que les collectivités locales prennent leur part dans l’accueil des "migrants" ; à ce titre il demande à être reçu par Hubert Falco, président de la communauté d’agglomérations Toulon, Provence, Méditerranée — TPM — (voir ci-dessous la lettre qui lui a été adressée).


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Le carré du port de Toulon le 8 septembre 2015 (photo La Marseillaise)

Plan réfugiés : le Var prend le temps « d’imaginer des solutions durables »

par Laurence Artaud, La Marseillaise, le 30 octobre 2015


Le Plan réfugiés, dispositif piloté par l’État, et qui s’inscrit dans le cadre de la politique européenne, se met en place plus ou moins discrètement dans les départements. Le point dans le Var.

« C’est un peu long à mettre en place », reconnaît Sabry Hani, sous-préfet du Var en charge de la coordination du Plan réfugiés dans le département. Mais il s’agit bien « d’imaginer des solutions durables dès maintenant ».

Il rappelle tout d’abord que le Plan réfugiés, qui s’inscrit dans le cadre de la politique de solidarité à l’échelle de l’Europe, répond à « un besoin manifeste de protection » de certains de « nos concitoyens mondiaux en vertu d’une situation instable dans leur pays ». Le dispositif s’adresse donc aux demandeurs d’asile politique venus de Syrie, d’Irak et d’Erythrée qui, compte-tenu de la situation dans leur pays, l’obtiendront probablement.
C’est ainsi un processus de « relocalisation » qui est programmé en corrélation avec les différents organismes et services de l’État (Ofpra, Cada, Ofii, DDCS, DDTN...).

« On sait qu’il faut insérer ces populations durablement », ajoute Sabry Hani. Aussi est-il impératif « de ne pas reproduire les erreurs du passé », et par conséquent de privilégier « une logique de diffus plutôt que de concentrer les populations ».

Il est surtout question, en plus d’apporter une solution de logement pérenne (notamment par le biais de réhabilitations avec une exigence de salubrité) de considérer l’intégration dans sa globalité : scolarisation des enfants, accompagnement social, accès aux droits, aux soins, à l’emploi...

Dans le Var, le plan qui, certes est encore dans « une phase d’outillage », semble néanmoins plutôt bien engagé en dépit de réticences manifestes de maires - majoritairement de droite (lire ci-contre). Et ce quand bien même « la Région Paca est considérée comme une zone tendue », en témoigne son taux de logements sociaux parmi les plus bas de France. Or justement, souligne le représentant de l’État, l’accueil des familles ne se fera pas au détriments des ménages éligibles au logement social, tout comme « les différentes solidarités ne seront pas mises en concurrence ». En clair, les dispositifs d’hébergement des SDF ne seront pas affectés.

Depuis sa mise en place, mi-septembre, le comité de suivi du Plan réfugiés se réunit chaque semaine. Dernièrement une quarantaine d’associations susceptibles d’apporter « leur expertise » étaient invitées à se manifester. Vingt-neuf, ont répondu à l’appel. « L’idée est de qualifier l’offre afin de calibrer la demande », résume Sabry Hani, l’objectif étant de « mailler l’ensemble du territoire ».

Laurence Artaud

Lettre adressée au président Falco, par le collectif “migrants”

Toulon, le 29 octobre 2015

A Monsieur Hubert Falco,
Président de la Communauté d’Agglomération Toulon Provence Méditerranée


Objet : Demande d’entrevue

Monsieur le Président,

Nous sommes préoccupés par la situation des personnes réfugiées et migrantes. Elles ont bien souvent vécu des drames et des épisodes traumatisants avant leur arrivée sur le territoire français. Elles doivent pouvoir bénéficier de notre aide et de notre solidarité.

L’Etat s’est engagé à leur apporter un soutien exceptionnel. La région PACA met à disposition une aide de trois millions d’Euros pour faciliter leur accueil dans les communes.

Nous souhaitons connaître les dispositions que la communauté d’agglomération TPM envisage de prendre pour accompagner les communes dans la prise en charge de ces personnes vulnérables.

C’est pourquoi nous nous permettons par la présente de vous solliciter pour une audience.
Nous serions par exemple disponibles pour vous rencontrer à l’issue du conseil communautaire, le jeudi 5 novembre 2015.

Nous vous remercions de votre attention.

Pour le collectif « migrants » :
RESF 83, CIMADE, LDH, FSU, SOLIDAIRES, CGT éduc’action, PS, EELV, PCF, PG, Ensemble83 !,RUSF,VPJM,NouvelleDonne pour l’aire toulonnaise …


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